La Cène ou le repas de Pessah ?

Aujourd’hui nous allons clarifier un débat qui revient tous les ans parmi les croyants en Yeshoua, le fameux débat qui concerne le dernier repas de Yeshoua et de ses disciples. Les uns pensent que ce dernier souper était le repas de la Pâque juive et les autres pensent que la Sainte Cène avait lieu la veille de Pessah.

Si nous lisons le récit de la Torah concernant la Pâque, il est expliqué que ce repas a lieu le 14 du premier mois de l’année, ce repas se déroule le soir. Le 15 du premier mois par contre, c’est le premier jour des pains sans levain. Donc certains pensent que le dernier souper de Yeshoua a eu lieu le 14 et d’autres pensent que Yeshoua était sacrifié sur la croix ce jour-là.

Ce débat provient du fait que les évangiles ne semblent pas d’accord entre eux sur la chronologie de la fête et du sacrifice du Messie. Vous avez d’un côté les évangiles synoptiques que sont Matthieu, Marc et Luc et puis de l’autre côté vous avez l’évangile de Jean ou Yohanan en hébreux.

Les évangiles synoptiques semblent dire que le dernier souper de Yeshoua était le repas de Pessah et placerait donc son sacrifice le lendemain de Pessah. L’évangile de Yohanan, par contre, dit que Pessah a été célébré le lendemain, le jour du sacrifice de Yeshoua.

Nous lisons dans l’évangile de Luc que la préparation de la Pâque se passe au moment du repas de Yeshoua et ses apôtres.

Luc 22:13-14
13 Ils partirent, et trouvèrent les choses comme il le leur avait dit; et ils préparèrent la Pâque.
14 L’heure étant venue, il se mit à table, et les apôtres avec lui.

Au contraire, l’évangile de Yohanan place la préparation de la Pâque le jour de la crucifixion.

Yohanan (Jean) 13:1-2
1 Avant la fête de Pâque, Yeshoua, sachant que son heure était venue de passer de ce monde au Père, et ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, mit le comble à son amour pour eux. 2 Pendant le souper, lorsque le diable avait déjà inspiré au cœur de Judas Iscariot […]

L’évangile de Yohanan place clairement le dernier souper avant la fête de Pâque, car les juifs n’avaient pas encore mangé la Pâque.

Yohanan (Jean) 18:28
Ils conduisirent Yeshoua de chez Caïphe au prétoire : c’était le matin. Ils n’entrèrent point eux-mêmes dans le prétoire, afin de ne pas se souiller, et de pouvoir manger la Pâque.

Yohanan (Jean) 19:14
C’était la préparation de la Pâque, et environ la sixième heure. Pilate dit aux Juifs: Voici votre roi.

Donc on a une vraie dissonance entre les évangiles synoptiques et celui de Yohanan. Cette division entre Matityahu et Yohanan engendre tous les ans des questionnements, des débats et des divisions.

Ce débat dont nous allons parler dans cette étude, est très ancien, car dans la Bible annotée de 1899, on parlait déjà de ce débat dans le commentaire du chapitre 13 de l’évangile de Yohanan.

Ce débat divise les savants les plus compétents. Olshausen, Tholuck, Wieseler, Ebrard, Hengstenberg, Riggenbach, Lange, MM. Luthardt, Keil, Zahn se prononcent pour le 14-15 Nisan et estiment généralement pouvoir accorder avec cette date les données du quatrième évangile. La date du 13-14 Nisan est adoptée par de Wette, Lücke, Bleek, Néander, Meyer, MM. Weiss, Beyschlag, Godet, Chastand.

La plupart des chrétiens et des catholiques pensent que le dernier souper était le repas de la Pâque. 

Pour beaucoup de personnes, ce débat n’est pas très important, et ils pensent que chacun doit pouvoir décider librement de ce qui l’arrange. Au contraire, nous allons voir que l’issue de ce débat a des implications considérables.

C’est pourquoi nous allons maintenant expliquer pourquoi nous célébrons Pessah non pas la veille du sacrifice de Yeshoua, mais bien le jour où Yeshoua a été mis à mort.

Nous savons que le dernier souper de Yeshoua n’était pas le repas de la Pâque, car Yohanan explique que le lendemain, lors du jugement de Yeshoua, les juifs n’avaient pas encore manger la Pâque.

Yohanan (Jean) 18:28
Ils conduisirent Yeshoua de chez Caïphe au prétoire : c’était le matin. Ils n’entrèrent point eux-mêmes dans le prétoire, afin de ne pas se souiller, et de pouvoir manger la Pâque.

Les juifs ne sont pas entrés dans le prétoire, car il ne voulait pas se souiller, sinon ils n’auraient pas pu manger le seder de Pessah. Et si vous lisez le chapitre 13 de Yohanan, vous voyez clairement que le repas n’était pas la Pâque.

Yohanan (Jean) 13:1
Avant la fête de Pâque, Yeshoua, sachant que son heure était venue de passer de ce monde au Père, et ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, mit le comble à son amour pour eux.

Quand vous lisez la chapitre 13 de Yohanan sur le dernier repas de Yeshoua, il n’y a aucune mention d’un repas avec de l’agneau ou du fait de manger des pains sans levain. Ce chapitre parle principalement du lavage des pieds et de la trahison de Juda.

D’ailleurs les disciples n’ont pas compris ce que Yeshoua disait sur Juda et pensaient qu’il devait acheter des choses pour la fête.

Yohanan (Jean) 13:28-29
28 Mais aucun de ceux qui étaient à table ne comprit pourquoi il lui disait cela;
29 car quelques-uns pensaient que, comme Judas avait la bourse, Yeshoua voulait lui dire: Achète ce dont nous avons besoin pour la fête, ou qu’il lui commandait de donner quelque chose aux pauvres.
30 Judas, ayant pris le morceau, se hâta de sortir. Il était nuit.

Donc, les disciples avaient conscience que la fête de Pessah devait avoir lieu le lendemain, car ils ont compris que Juda devait aller faire les derniers achats avant le 15. Dans la Torah nous pouvons faire des achats le 13 ou le 14, mais si le dernier souper était le 14 au coucher du soleil, alors le 15 était un jour chômé, et personne ne pouvait aller faire des achats.

Dans la tête des disciples, si Juda allait faire des achats, c’était bien qu’ils n’étaient pas au repas de la Pâque, car la nuit étant venue, personne n’aurait pu acheter ou vendre. Donc dire que la sainte cène était le repas de Pâque n’a pas vraiment de sens. C’était néanmoins un repas très important, car c’était le dernier repas entre Yeshoua et ses disciples. 

Maintenant, nous allons aborder un grand nombre de questions par rapport au timing. Nous croyons en ce qu’on appelle une inspiration sémitique pour l’Alliance renouvelée, ce qui signifie que nous croyons que l’Alliance renouvelée (Nouveau Testament) a été écrite à l’origine en hébreu ou en araméen, ou peut-être dans une combinaison des deux. Certains pères de l’Église en témoignent. Mais nous n’avons plus les manuscrits originaux, donc forcément les traductions en grec sont sûrement moins riches et précise que ne l’étaient les manuscrits originaux. Sur cette traduction en grec s’ajoute la traduction française qui incorpore encore plus d’erreurs potentielles, d’autant plus que les traducteurs français sont quasiment tous des chrétiens. Et comme vous le savez la célébration de la « pâques » chrétienne n’a pas grand chose à voir avec la Pâque biblique. Donc il est normal que les traductions des chrétiens français ne soient pas très fiables.

Il y a un dicton qui dit que « beaucoup de choses se perdent dans la traduction ». Ou alors le fameux dicton italien, « Traduttore, traditore », qui signifie « traduire, c’est trahir ». Nous allons voir qu’il y a certaines questions de timing qui posent vraiment problème, du moins dans les textes en français. Je vais les mentionner. Le dernier souper n’était pas Pessah, et cela ne pouvait pas être Pessah, parce que Yeshoua était sur la croix et il était sacrifié le jour de Pessah, c’est-à-dire l’après-midi du 14. 

1 Corinthiens 5:7
Car Mashiah, notre Pâque, a été immolé.

Le problème est qu’il existe un certain nombre de problèmes de traduction. Et particulièrement en ce qui concerne les évangiles synoptiques de Matthieu, Marc et Luc qui sont tous calqués les uns sur les autres. Or, les évangiles synoptiques peuvent être mal interprétés et certains dirons que la Dernière Cène était le repas de Pâque. 

Il est faux de dire que la Dernière Cène a eu lieu dans l’après-midi du 14. Ce n’était pas le cas. C’est un concept assez simple. La Cène n’aurait pas pu avoir lieu dans l’après-midi du 14, car c’est à ce moment-là que la pâque était sacrifiée. Ainsi, Yeshoua étant sacrifié dans l’après-midi du 14, la Dernière Cène ne pouvait donc avoir lieu que la veille. C’est quelque chose d’assez intuitif et de très évident pour quelqu’un qui n’a pas d’idées préconçues.

Nous allons aussi voir que les Évangiles et la lettre aux Corinthiens, nous disent que la Dernière Cène a été mangée avec du pain au levain. Or, cela est impossible, si la Cène était la Pâque. Parce que selon les Écritures, tout pain au levain doit être détruit avant Pessah. 

Shemot (Exode) 12:15
Dès le premier jour, il n’y aura plus de levain dans vos maisons; car toute personne qui mangera du pain levé, du premier jour au septième jour, sera retranchée d’Israël.

On imagine mal Yeshoua transgresser la Torah et être retranché d’Israël. Par contre, nous savons que les chrétiens mangent la pâques chrétiennes avec des pains levés. Par exemple, en Alsace les chrétiens font des gâteaux levés en forme d’agneau appelé le Lamelle.

Dans d’autres régions françaises, le repas de paques se fait avec des pains levés et également un pain spécial appelé caccavelli où l’on met un œuf entier. Dans la recette, il y a bien sûr du levain et certains y mettent du saindoux, donc de la graisse de porc. C’est sûrement pour cette raison que les chrétiens ne sont pas choqués de dire que Yeshoua a mangé son dernier repas avec du pain levé et que ce serait la célébration de la pâque. 

Mais pour un juif qui obéissait à la Torah, manger du pain levé pour célébrer la Pâque aurait été un grand péché et une aberration totale, chose que Yeshoua n’aurait évidemment jamais faite.

La Pâque commence à être offerte vers 14h30 ou 15h00 de l’après-midi, lorsque le soleil commence à redescendre sur terre. L’expression entre les deux soirs fait référence aux deux soirs d’une journée. Le premier soir correspond au moment où le soleil commence à descendre vers l’horizon, ce qui correspond à peu près à 14h30-15h et le deuxième soir fait référence à l’heure qui suit le coucher du soleil.

Le commentateur protestant Frédéric Godet dit d’ailleurs la même chose.

Probablement, le premier soir désigne les heures qui précèdent le coucher du soleil et le second celles qui le suivent (ainsi : de 3 heures à 7 heures). D’après d’autres, les deux soirs désigneraient l’un le moment du coucher du soleil, l’autre celui de la nuit close. La pratique des Samaritains et des Karaïtes est conforme à cette seconde interprétation. La première est soutenue par plusieurs célèbres rabbins juifs. Elle paraît préférable, parce que, selon l’autre, il n’y aurait pas eu le temps nécessaire pour préparer l’agneau et manger le repas, qui devait être terminé à minuit.

La tradition telle qu’elle a été partagée avec moi et avec beaucoup d’autres personnes est que le levain doit être détruit avant le midi du 14. Ainsi, vous détruisez le levain, puis au moment où le soleil commence à se coucher, c’est à ce moment-là que vous commencez la préparation de l’agneau. Et c’est aussi à ce moment-là que Yeshoua fut offert sur la croix.

Mattiyahu (Matthieu) 27:46
Vers trois heures de l’après-midi (9ème heure), Yeshoua s’écria d’une voix forte : Éli, Éli, lama sabachthani ? 

Jetons maintenant un coup d’œil aux preuves dans les Écritures concernant le pain levé de la sainte cène.

Mattityahu (Matthieu) 26:26
Et pendant qu’ils mangeaient, Yeshoua prit du pain (au levain) [artos], le bénit et le rompit, et le donna aux disciples et dit : Prenez, mangez ; C’est mon corps.

Nous voyons que Yeshoua a pris de l’artos, signifiant pain au levain. Ce n’est pas du pain sans levain, ce n’est pas de la matsa. C’est du pain au levain (artos). Si ça avait été des matsot (pluriel de matsa), le traducteur grec aurait utilisé le mot “azumos”, car c’est un mot qui est utilisé dans d’autres passages : 

1 Corinthiens 5:8
Célébrons donc la fête, non avec du vieux levain, non avec un levain de malice et de méchanceté, mais avec les pains sans levain (azumos) de la pureté et de la vérité.

Encore une fois, cela prouve que la sainte cène ne s’est pas déroulée le jour de Pessah. Il fallait que ce soit la veille. Il y a d’autres problèmes de traduction. Continuons avec Matthieu 26 verset 17

Mattityahu (Matthieu) 26:17
Le premier (πρώτῃ protos) jour de la fête des pains sans levain, les disciples s’adressèrent à Yeshoua, pour lui dire : Où veux-tu que nous te préparions le repas de la Pâque ?

Nous voyons ici une erreur de traduction du mot grec protos. Dans 80% des cas le mot grec protos ( πρώτῃ ) est traduit par « premier ». Mais dans quelques versets il sera traduit par « avant ». 

2 Timothée 2:6
Il faut que le laboureur travaille avant (protos) de recueillir les fruits.

Le problème est que l’utilisation du mot protos ici ne peut pas signifier « premier » dans un contexte compréhensible. En général, on ne prépare pas la fête le premier jour de la fête des pains sans levain, à savoir le 15. On prépare quelques jours avant. Donc ce verset 17 de Matityahu 26 n’a pas de sens, aucun juif censé ne préparerait la fête le 15, c’est-à-dire le lendemain du début de la fête, c’est complètement ridicule. 

La traduction du verset 1 de Matityahu 26 est complètement ridicule pour quelqu’un qui a déjà lu la Torah et qui comprend le timing des fêtes de Yahweh, ce qui n’était pas le cas des traducteurs chrétiens. Même si l’évangile de Matityahu a été rédigé par un apôtre, cela ne veut pas dire que la traduction française sera correcte. Il est important de comprendre la nuance entre la parole de l’apôtre et le sens d’une traduction d’un traducteur qui n’a jamais pratiqué une fête de la Torah.

Donc la traduction “le premier jour des pains sans levain” est erronée, protos ici doit être traduit par « avant ».

Mattityahu (Matthieu) 26:17 (Corrigé)
Or avant [protos] le premier jour de la Fête des Pains sans Levain, les disciples vinrent à Yeshoua, lui disant : Où veux-tu que nous te préparions le repas de la Pâque ?

En lisant les traductions, on comprend rapidement que les traducteurs n’ont probablement jamais fêté la Pâque juive, car comme nous l’avons vu, la célébration du repas de la pâques chrétienne se fait traditionnellement avec du pain au levain, chose que les hébreux comme Matityahu ne feraient jamais. Donc si nous retrouvons des erreurs de traduction pour le timing et les détails de la fête, finalement c’est assez logique, car la pâques chrétienne et la pâque juive sont des célébrations très différentes.

Ce qu’il faut ajouter par rapport au passage de Matityahu 26:17, c’est que nous voyons que les disciples pensaient qu’ils allaient avoir un repas de Pâque avec leur maître. Il est vrai qu’à ce moment-là du récit, les disciples n’avaient toujours pas compris qu’il n’y aurait pas de repas de la Pâque avec leur maître, ils n’avaient toujours pas compris que Yeshoua serait l’agneau offert en sacrifice.

Marc 9:31-32
31 Car il enseignait ses disciples, et il leur dit : Le Fils de l’homme sera livré entre les mains des hommes ; ils le feront mourir, et, trois jours après qu’il aura été mis à mort, il ressuscitera.
32 Mais les disciples ne comprenaient pas cette parole, et ils craignaient de l’interroger.

Même dans l’évangile de Yohanan, les disciples n’avaient pas compris qu’ils ne mangeraient plus avec Yeshoua, ils ne comprenaient pas où il devait aller.

Yohanan (Jean) 13:36-38
36 Shimon Kepha lui dit: Maître, où vas-tu ? Yeshoua répondit: Tu ne peux pas maintenant me suivre où je vais, mais tu me suivras plus tard.
37 Maître, lui dit Kepha, pourquoi ne puis-je pas te suivre maintenant ? Je donnerai ma vie pour toi.
38 Yeshoua répondit: Tu donneras ta vie pour moi! En vérité, en vérité, je te le dis, le coq ne chantera pas que tu ne m’aies renié trois fois.

Finalement, le seul disciple qui savait que Yeshoua allait être absent, c’était Juda Iscariot, mais les autres ne se doutaient de rien et ils ont été heureux de manger le dernier souper de Yeshoua sans même savoir que c’était la dernière fois qu’ils mangeraient avec lui avant sa mort.

La Cène a eu lieu avant Pessah, parce que Yeshoua allait être sur la croix le jour de Pessah. Yeshoua ne pouvait donc pas participer au repas de la Pâque, car il n’était pas un simple convive, il était le plat de résistance en personne. 

C’était ça la mission principale de Yeshoua, sauver l’humanité de l’esclavage du péché. Donc dire que Yeshoua a tranquillement célébré Pessah avec ses disciples revient à dire que Yeshoua n’était pas l’agneau divin. Finalement, c’est très grave de célébrer Pessah le 13 et de dire que Yeshoua a célébré la Pâque avec ses disciples, car cela revient à dire qu’il n’est pas l’agneau divin. 

Quand nous comprenons les erreurs de traduction dans les évangiles synoptiques, alors de cette façon tout se réconcilie avec l’évangile de Yohanan (Jean). C’est très important car les récits synoptiques de Matthieu, Marc et Luc doivent obligatoirement se réconcilier avec Yohanan. En effet, comme nous l’avons vu, l’évangile de Yohanan place le dernier souper le 13 et pas le 14.

Yohanan (Jean) 13:1
Avant la fête de Pâque [avant le 14 aviv], Yeshoua, sachant que son heure était venue de passer de ce monde au Père, et ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, mit le comble à son amour pour eux.

Nous ne devons surtout pas voir le dernier repas de Yeshoua et ses disciples comme une nouvelle ordonnance, une nouvelle façon de faire Pessah. Mais c’était simplement un repas très solennel pour Yeshoua, car il voulait profiter d’un dernier moment agréable avec eux et surtout leur montrer tout l’amour qu’il avait pour eux. Comme j’en avais déjà parlé, le chapitre 13 de Yohanan est un moment où l’on voit particulièrement l’amour fraternel de Yeshoua pour ses disciples.

La traduction Amiot et Tamisier traduit de cette façon :

Yohanan (Jean) 13:1 (A&T)
Avant la fête de Pâque, sachant que l’heure était venue pour lui de passer de ce monde à son Père, Yeshoua (Jésus), qui avait aimé ceux qui étaient siens en ce monde, leur donna une marque suprême d’amour.

Nous voyons une réconciliation entre l’évangile de Yohanan et des trois autres. Mais maintenant, les gens vont me dire : qu’en est-il du chapitre vingt-deux de Luc ?

Luc 22:7-8
7 Le jour des pains sans levain, où l’on devait immoler la Pâque, arriva,
8 et Yeshoua envoya Kepha (Pierre) et Yohanan (Jean), en disant : Allez nous préparer la Pâque, afin que nous la mangions.

Le problème c’est que la majorité des traducteurs français n’avaient pas compris que Yeshoua n’allait pas violer la Torah de son Père. L’une des toutes premières choses que Yeshoua a dit très clairement dans les béatitudes, c’était que nous ne devrions pas penser qu’Il ​​était venu pour abolir la Torah et les Prophètes. Mais ce n’était pas la compréhension des traducteurs originaux, ni celle de la plupart des traducteurs chrétiens. Donc, il y a ces questions qui traînent à cause de ces traductions qui ont été mal faites. On avait déjà parlé du travail exécrable des traducteurs français dans l’étude “Jésus est-il le véritable nom du Messie”. Et encore une fois, beaucoup de choses ont été perdues dans les mauvaises traductions. Il est donc normal de trouver des problèmes de timing liés à la fête de Pessah, car les traducteurs sont des chrétiens qui n’ont jamais fêté la Pâque en suivant le protocole de la Torah. D’ailleurs, si vous voulez comprendre la différence entre la pâques chrétienne et la pâque des apôtres, vous devriez aller voir l’enseignement sur le changement de calendrier.

https://xn--enseignementsnazarens-s5b.fr/changement-de-calendrier/

Mais revenons-en à Luc 22.

Luc 22:7-8
7 Le jour des pains sans levain, où l’on devait immoler la Pâque, arriva,
8 et Yeshoua envoya Kepha (Pierre) et Yohanan (Jean), en disant : Allez nous préparer la Pâque, afin que nous la mangions.

Les gens se posent des questions à ce sujet. Parce qu’il est écrit : « Le jour des pains sans levain arriva » et ils pensent que cela signifie que c’était le premier jour des pains sans levain. Mais ce n’est pas ce qui est dit. 

Vous pouvez aussi légitimement le traduire par « alors le jour des pains sans levain approcha » ou « alors approcha le jour des pains sans levain ». Et si nous le comprenons de cette façon, alors nous avons la Dernière Cène qui se produit lors de la conjonction du soir du 13 et du 14 du mois de l’Aviv, et non lors de la conjonction du 14 et du 15. Et comprendre cela de cette façon signifie que Yeshoua ne violait pas la Torah. C’est très important. Si nous comprenons simplement que le mot « protos » signifie « avant », alors les récits synoptiques de Mattityahu, Marqus et Luqa se réconcilient tous avec Yohanan, comme ils le devraient. Et cela place la Cène la veille de Pessa’h.

Vous savez il y a parfois de petites erreurs de traduction dans les évangiles, et c’est normal, car ce ne sont pas les textes originaux, comme je l’ai dit tantôt, nous croyons que l’Alliance renouvelée (Nouveau Testament) a été écrite à l’origine en hébreu ou en araméen, ou peut-être dans une combinaison des deux. Certains pères de l’Église en témoignent. Enfin bref, il existe un certain nombre d’erreurs de traduction, on a fait pas mal d’études sur ce sujet sur la chaîne, si cela vous intéresse.

Il ne faut pas s’en formaliser, mais il faut comprendre les évangiles à la lumière de la Torah et de cette façon on comprend mieux s’il y a ici ou là une erreur de traduction. Si on voit Yeshoua manger du pain levé et que c’est le 14 au soir, alors nous savons qu’il y a une erreur quelque part.

Jetons un coup d’œil à quelques autres questions que les gens se posent fréquemment concernant le pain. Nous allons voir que l’apôtre Shaoul (Paul) a compris que Pessah et la Cène se déroulaient à des jours différents. Et encore une fois, nous regardons le type de pain qui a été consommé et cela est très clair. Enfin c’est limpide pour quelqu’un qui a l’habitude d’obéir aux commandements de la Torah. Shaoul parle du pain que nous devons manger durant le soir de la pâque.

1 Corinthiens 5:7-8
7 Faites disparaître le vieux levain, afin que vous soyez une pâte nouvelle, puisque vous êtes sans levain (azumos), car Mashiah, notre Pâque, a été immolé.
8 Célébrons donc la fête, non avec du vieux levain, non avec un levain de malice et de méchanceté, mais avec les pains sans levain (azumos) de la pureté et de la vérité.

Dans ce passage de la lettre aux Corinthiens, Shaoul parle de la célébration de la fête de Pessah et il utilise le terme azumos “ἄζυμος” (pains sans levain) dans le même contexte que Pessah. C’est théologiquement correct.

Nous voyons que cela signifie simplement du pain sans levain, ou ce que nous appelons en hébreu matsa ou matzot au pluriel. Par contraste, si nous regardons plus loin au chapitre 11, nous voyons un autre type de pain.

1 Corinthiens 11:23-24
23 Car j’ai reçu du Maître ce que je vous ai enseigné ; c’est que le Maître Yeshoua, dans la nuit [la Cène] où il fut livré, prit du pain (Artos),
24 et, après avoir rendu grâces, le rompit, et dit : Ceci est mon corps, qui est rompu pour vous ; faites ceci en mémoire de moi.

Nous voyons ici que Shaoul parle du dernier repas de Yeshoua et il n’utilise plus le mot “azumos” mais il utilise le mot artos (pain au levain). Shaoul ne parle plus des azumos comme dans le chapitre 5, car on est pas dans le contexte de Pessah, simplement parce que c’était la veille de Pessah. 

Donc le fait que Shaoul utilise deux mots différents pour parler du pain démontre que le dernier souper de Yeshoua n’était pas la célébration de la Pâque. 

Par contre, il y a un autre point intéressant au verset vingt-quatre. Les gens essayent toujours d’en faire une nouvelle observance rituelle. Ils essaient toujours de dire que Yeshoua instituait une nouvelle fête ou une nouvelle tradition. Par exemple, l’Église catholique essaie de transformer cela en eucharistie. Rappelez vous, on en avait déjà parlé en expliquant ce que les catholiques font avec le saint sacrement. C’est une forme d’idolâtrie en utilisant un morceau de pain.

Ce que nous devons comprendre, encore une fois, c’est le contexte juif des Evangiles. Si vous passez du temps avec des juifs religieux ou des juifs traditionnels, ils rompent le pain et boivent du vin à chaque fois qu’ils se réunissent. Chaque fois qu’ils se rassemblent, que ce soit le jour de la nouvelle lune, le jour du shabbat ou la plupart des fêtes. Évidemment, ils ne prennent pas de pain au levain à Pessah ou durant les jours des pains sans levain. Parce que vous n’êtes pas censé avoir quoi que ce soit de levé pendant cette période. 

Mais la fraction du pain par Yeshoua, ce n’était pas quelque chose de nouveau, c’est quelque chose que, hypothétiquement, les juifs traditionnels ont fait depuis l’époque d’Avraham, lorsque Melchisédek apportait du pain et du vin. Ainsi, chaque fois que les juifs religieux se réunissent, ils célèbrent les jours d’Avraham et de Melchisédech en apportant du pain et du vin. 

Et c’est tout ce que Yeshoua disait ici. Il dit simplement que chaque fois que nous nous réunissons, que ce soit un jour de nouvelle lune, un shabbat ou un jour de fête, et que vous rompez le pain et prenez du vin, nous devons le faire en souvenir de Lui. 

Encore une fois, il n’instaure pas un nouveau rituel avec une hostie de communion, ni une nouvelle coupe de communion. Et c’est comme si les gens ne comprenaient tout simplement pas le contexte hébreu de ce dont ils parlaient. Mais c’est tout ce que disait Yeshoua. Yeshoua est le pain de vie. 

Yohanan (Jean) 6:35
Yeshoua leur dit: Je suis le pain de vie. Celui qui vient à moi n’aura jamais faim, et celui qui croit en moi n’aura jamais soif.

Et quand Il dit « Car chaque fois que vous mangerez ceci » dans ce contexte, Il utilise du pain au levain. Parce que c’est la Cène, c’est la veille de Pessah. 

En tout cas, ce que nous devons comprendre c’est que l’apôtre Shaoul comprend parfaitement le contexte de la sainte cène, c’est-à-dire qu’il ne parle pas de pain azyme de la fête, non, Shaoul utilise le mot artos, désignant un pain levé.

D’ailleurs, quand les catholiques réalisent la fabrication de leurs hosties pour le saint sacrement, ils utilisent du pain sans levain, car ils pensent que le dernier repas de Yeshoua était la célébration de Pessah. Par contre, si vous allez dans une église protestante, en général, pour leur sainte cène, ils utilisent du pain levé, Artos en grec, ce qui est plus correct d’un point de vue scriptural.

Les chrétiens orthodoxes utilisent également du pain levé pour faire leur sainte cène. Donc en observant la fraction du pain dans les différents mouvements du christianisme, on retrouve encore les traces de ce débat concernant le dernier souper de Yeshoua, les chrétiens ne sont pas d’accord entre eux. Mais si on se fit à ce que disent les évangiles et ce que dit l’apôtre Shaoul, alors le dernier souper s’est bien fait avec du pain au levain.

Ce que nous devons comprendre, c’est que la Dernière Cène n’instaure pas un nouveau rituel et ne modifie pas Pessah. Les gens tentent d’utiliser la Dernière Cène pour ajouter des choses à Pessah et pour modifier la fête de Pessah. Certains instaurent le lavage des pieds, certains utilisent la dernière Cène pour dire qu’il faut faire Pâque allongé sur le côté, car les disciples étaient allongé avec Yeshoua. Mais ce n’était pas Pessah. Nous considérons cela comme un dernier repas entre le maître et ses disciples, entre un enseignant et ses élèves.

Yeshoua n’aurait rien fait pour changer la Torah de son Père. Dans Matthieu 5, Il est très clair qu’Il ​​n’était pas venu pour faire cela. Et tandis que les gens essaient toujours de faire de la Dernière Cène un jour d’observation supplémentaire la veille de Pessah, nous ne devrions pas faire cela. Yeshoua n’ajoutait rien au calendrier de Son Père. Nous ne devons pas faire de Yeshoua un transgresseur de la Torah.

Yeshoua n’établissait pas de nouvelle cérémonie rituelle à l’occasion de la conjonction du 13-14 Aviv. Encore une fois, passez du temps avec des juifs religieux. Chaque fois qu’ils trouvent une excuse, ils rompent le pain et boivent du vin. Ainsi, le shabbat, les jours de nouvelle lune et la plupart des jours de fête, ils rompent le pain et prennent du vin. C’est ce qu’ils faisaient, c’est ce que faisait Yeshoua ici. Il n’ajoute rien au calendrier.

Et c’est la même chose avec le rituel du lavage des pieds. Encore une fois, beaucoup de gens enseignent à tort que Yeshoua tente d’instituer un nouveau rituel de lavage des pieds la veille de Pessah, au moment de la Dernière Cène. Et ils fondent cela incorrectement sur le chapitre treize de Yohanan. Certaines églises proposent même « Une soirée spéciale» et toutes sortes d’ajouts. Non ! Yeshoua n’a pas changé la Torah de son Père. Il aurait été un Fils désobéissant. Il n’était pas un Fils désobéissant. Il n’a pas enfreint la Torah. Nous savons que Yeshoua était l’agneau sans péché et sans tache qui gardait parfaitement la Torah. Comment aurait-il pu transgresser la Torah et garder la Torah parfaitement ? Cela n’a aucun sens.

Bon maintenant jetons un coup d’œil à ce passage sur le lavage des pieds.

Yohanan (Jean) 13:3-5, 14-15
3 Yeshoua, sachant que le Père avait remis toutes choses entre ses mains, et qu’il était venu d’Elohim et qu’il allait vers Elohim ;
4 se leva du souper et déposa ses vêtements ; et il prit une serviette et se ceignit.
5 Après cela, il versa de l’eau dans un bassin, et commença à laver les pieds de ses disciples et à les essuyer avec le linge dont il était ceint.
14 Si donc moi, votre Adon et Maître, je vous ai lavé les pieds, vous devez aussi vous laver les pieds les uns aux autres.
15 Car je vous ai donné un exemple , afin que vous fassiez comme je vous ai fait.

Avec ce passage les gens essaient d’en faire une nouvelle observance rituelle, mais cela ne fonctionne tout simplement pas. Vous ne pouvez pas dire que Yeshoua a observé parfaitement la Torah, s’il a brisé la Torah en ajoutant de nouveaux rituels, de nouveaux jours d’adoration et ce genre de choses. Tout ce que Yeshoua faisait, c’était dire : “Regardez, je suis votre Roi. Je suis celui pour qui vous faites tout ça. Je vous sers. C’est ainsi que vous devez faire grandir Mon royaume. Vous devez servir les autres par l’humilité et par l’Esprit. C’est ainsi que Mon royaume va grandir. C’est ainsi que je veux que vous me serviez.”

Et les gens aujourd’hui se disent : “Oh, non, je n’ai pas le temps de faire grandir son royaume. Par contre, nous allons simplement nous laver les pieds une fois par an.”

C’est d’ailleurs pareil pour le fait de manger du pain et boire du vin pour nous souvenir de lui. Certains groupes le font une seule fois par an. Mais nous pouvons le faire de façon beaucoup plus régulière, quand il y a une fête, ou alors aux nouvelle lunes ou même pour l’entrer dans le shabbat ou même quand nous partageons un repas entre frères.

Je voulais maintenant ouvrir une parenthèse pour parler de ce qu’ont dû vivre les disciples de Yeshoua le soir du 14, le soir de la Pâque. D’après ce qu’on peut lire, ils devaient sûrement se cacher par crainte des juifs, il est possible qu’ils aient vécu la Pâque un peu à la manière d’Exode 12, un peu dans le stress d’être retrouvés ou pourchassé, ils étaient peut être en cavale pour ainsi dire.

Yohanan (Jean) 19:38
Après cela, Yosef d’Arimathée, qui était disciple de Yeshoua, mais en secret par crainte des juifs, demanda à Pilate la permission de prendre le corps de Yeshoua. Et Pilate le permit. Il vint donc, et prit le corps de Yeshoua.

Comme on l’avait déjà expliqué, le contact avec un mort nous interdit de faire Pessah. Nombres chapitre neuf nous explique cela et dit qu’on peut faire la fête le mois suivant. C’est bien le cas de Yosef d’Arimathée, car le soir du 14, alors que tous les juifs célébraient Pessah, lui n’a pas pu fêter. En effet, par amour il a choisi de mettre Yeshoua dans le tombeau, il n’était donc pas pur pour pouvoir participer à la fête. 

Et on voit le parallèle entre les juifs qui ne sont pas entrés dans le prétoire pour ne pas se souiller et qui voulait condamner Yeshoua.

Yohanan (Jean) 18:28
Ils conduisirent Yeshoua de chez Caïphe au prétoire : c’était le matin. Ils n’entrèrent point eux-mêmes dans le prétoire, afin de ne pas se souiller, et de pouvoir manger la Pâque.

On voit la différence avec Yosef, ce disciple qui s’est souillé volontairement pour s’occuper de la dépouille de Yeshoua et qui n’a pas pu manger la Pâque. On sait aussi que les femmes comme Myriam de Magdala et l’autre Myriam ont accompagné Yosef dans ces démarches, mais on ne sait pas si elles ont pu faire Pessah. Mais en tous les cas, les apôtres devaient sûrement se cacher par crainte des juifs, et il est fort possible qu’ils n’aient pas pu faire la fête comme à leur habitude. Mais quelque part, ils ont assisté à un autre Pessah. Un Pessah d’un niveau beaucoup plus ultime avec le sacrifice de l’Agneau Divin. Voilà, c’est la fin de la parenthèse concernant le Pessah qu’ont dû vivre les disciples de Yeshoua.

Pour conclure, nous avons vu dans cette étude que le dernier souper n’était pas le repas de la Pâque, d’une part car l’évangile de Yohanan dit que c’était le 13 au soir. D’autre part, ils mangeaient du pain levé, ce qui aurait été une transgression et Yeshoua n’aurait jamais transgressé la Torah de son Père. Et puis nous avons vu qu’on ne devrait pas essayer d’inventer de nouvelles ordonnances, comme de faire le lavage des pieds ou alors de faire une cérémonie du partage du pain et du vin uniquement à ce moment-là de l’année. 

J’espère que cette étude vous aidera a y voir plus clair entre les évangiles synoptiques et l’évangile de Yohanan qui semblent parfois contradictoires. Je me suis inspiré de l’étude appelée “The Last Supper” de Nazarene Israel.

 

 

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