Yom Kippour
Aujourd’hui nous allons parler du jeûne de Yom Kippour. Yom Kippour ne fait pas partie des fêtes chrétiennes, cependant, les chrétiens font un autre jeûne : celui du Carême.
Il faut comprendre que Yom Kippour fait partie de l’inventaire des rendez-vous que nous demande notre créateur et que l’on retrouve dans le chapitre 23 du Lévitique. Les chrétiens font certaines fêtes de Lévitique 23 et d’autres pas. Ils en acceptent certaines et en rejettent d’autres. On va voir pourquoi dans cette étude.
Enumération des rendez-vous
Quand on regarde la liste des rendez-vous, on remarque que certains traducteurs français n’appellent pas ça “des rendez-vous”, mais ils appellent ça “des fêtes”. Cependant, le jour de Yom Kippour consiste à jeûner et à s’affliger. Bizarre pour une fête, ne trouvez-vous pas ?
Dans la langue hébraïque, on ne parle pas forcément de fête, mais plutôt de « moed ». Moed c’est au singulier et moedim c’est au pluriel. Un moed, des moedim. Moed est un mot qu’on ne comprend pas toujours, car on peut aussi le traduire par rendez-vous ou par une rencontre. D’ailleurs, le mot moed est utilisé pour parler de la tente du rendez-vous, c’est-à-dire pour parler du tabernacle de Yahweh.
Shemot (Exode) 29:4
Alors tu amèneras Aaron et ses fils à l’entrée de la tente (Ohel) du rendez-vous (Moed).
En hébreux, on dit “Ohel moed” pour la tente du rendez-vous qu’on appelle aussi le Tabernacle. Donc Moed n’a pas 100% le sens d’une fête en hébreu, mais plutôt celui d’un rendez-vous ou d’une rencontre. La question qu’on se pose très souvent, c’est pourquoi les chrétiens ne pratiquent pas ce rendez-vous de Yom Kippour ?
Les chrétiens font parfois certaines fêtes inscrites dans Lévitique 23, comme la Pentecôte, ou alors ils font la Pâques. Cependant, ils choisissent de faire ces fêtes d’une façon mondaine et pas de façon biblique. Par contre, vous ne verrez jamais un chrétien faire le jeûne de Yom Kippour, le seul jeune qu’on trouve dans le christianisme, ça s’appelle le carême.
Le Carême
Ce jeûne démarre le mercredi des cendres où les chrétiens ne doivent pas manger et ils reçoivent une marque en forme de croix. Le carême est un jeûne que les catholiques font 40 jours avant leur fête de Pâques. Ils se font une croix en cendre sur leur front pour montrer leur piété à tous sur les réseaux sociaux. Certains acteurs montrent fièrement leur croix comme Mark Wahlberg et Jonathan Roumie.

Jonathan est un acteur qui joue Yeshoua dans une série. C’est assez ironique que ce soit la représentation de Yeshoua qui fasse la promotion du carême sur les réseaux sociaux, car c’est l’exact opposé de ce que demande Yeshoua.
Matityahu (Matthieu) 6:17-18
17 Mais toi, quand tu jeûnes, parfume ta tête et lave ton visage
18 afin de ne pas montrer que tu jeûnes aux hommes, mais à ton Père qui est là dans le lieu secret ; et ton Père, qui voit dans le secret, te le rendra.
Aujourd’hui, à cause des réseaux sociaux, et à cause de cet effet de mode lancé par des acteurs célèbres, les gens ne jeûnent plus de manière discrète, ils veulent au contraire faire une trend. Avec cette trend, ils affichent publiquement leur piété. Pour la charité, c’est très similaire, ils sont charitables uniquement s’ils peuvent se filmer et montrer à tout le monde leur générosité. C’est une attitude qu’on retrouve énormément sur les réseaux sociaux, nous savons que Yeshoua la désapprouve ouvertement.
Matityahu (Matthieu) 6:2
Lors donc que tu fais l’aumône, ne sonne pas de la trompette devant toi, comme font les hypocrites dans les synagogues et dans les rues, afin d’être glorifiés par les hommes. Je vous le dis en vérité, ils reçoivent leur récompense.
Si les catholiques se mettent une croix sur le front, c’est aussi dans un but culturel plutôt que spirituel. Montrer leur croix est parfois simplement pour affirmer la culture occidentale et lutter contre d’autres cultures étrangères qu’ils n’aiment pas voir dans leur pays. Montrer qu’on est chrétien est parfois une démarche politique plutôt que spirituelle.
Chez les protestants, ils ne font pas de carême, car ils estiment que le sacrifice de Yeshoua lors de la Pâques ne requiert aucun effort pour être atteint.
Le jeûne du carême n’est pas une interdiction en soi, mais le seul problème c’est que Yahweh ne nous demande pas de faire cela avant Pessah. D’ailleurs, ce jeûne avant la célébration de la mort et la résurrection de Yeshoua est contre productif, car les catholiques font des efforts pour mériter Yeshoua, alors que justement le salut à la croix ne dépend pas de nos efforts, car c’est une grâce immérité.
Carême : un commandement d’homme ?
Le carême est quelque chose qu’on ajoute à la foi chrétienne, mais qui est une tradition des hommes. Je suis allé voir une vidéo d’un catholique connu sur les réseaux sociaux.
Ce prêtre enseigne dix nouveaux commandements d’hommes sur le carême avec une attitude très légère. Dans la Bible, les dix commandements proviennent du créateur, alors que les commandements d’hommes sont à proscrire.
Matityahu (Matthieu) 15:9
C’est en vain qu’ils m’honorent, en enseignant des préceptes qui sont des commandements d’hommes.
Dans cette vidéo, il enseigne un grand nombre de choses complètement lunaires. Il ose dire que le poisson est immangeable, alors que Yeshoua et ses disciples aimaient cela. Sous prétexte qu’il n’aime pas le poisson, il crée un nouveau commandement qui dit de manger du riz. Un autre commandement ajouté par l’église catholique et qu’il dit d’enterrer l’Alléluia, car prononcé cette louange est interdite lors du carême. Il ajoute un commandement humain appelé “l’Alleluia est mort”.
On a vu que Yeshoua désapprouve les commandements instaurés par les hommes. Pour moi le carême ce serait comme d’imposer un rendez-vous annuel au créateur, alors que c’est le créateur qui nous convoque pour ces rendez-vous, pas l’inverse.
Peut-on convoquer Yahweh ?
Pour mieux comprendre, ce serait comme d’imposer un rendez-vous à votre dentiste sans qu’il soit informé et de venir le voir à l’improviste, parce que vous l’avez décidé. Si nous imposions un rdv à notre dentiste sans l’en avoir informé, il nous reverrait chez nous et nous donnerait son rendez-vous à lui. C’est la même chose avec Yahweh, c’est lui qui fixe les dates des fêtes, ce n’est pas les religieux qui convoquent Yahweh. Personne n’aurait l’audace de convoquer un Roi, c’est le Roi qui nous convoque. Pourtant c’est ce que font de très nombreux chrétiens.
Mais dans la Torah, on voit que c’est Yahweh qui nous convoque pour ces rendez-vous, selon son calendrier qu’il a fixé avec la nouvelle lune et l’orge aviv.
Les apôtres faisaient Yom Kippour
Nous les nazaréens, nous ne faisons pas de carême, nous préférons suivre ce que faisaient les disciples de Yeshoua. Les nazaréens peuvent évidemment jeûner spontanément durant toute l’année selon les besoins. Mais concernant le jeûne de Yom Kippour, c’est différent, car c’est un rendez-vous auquel nous sommes convoqués par le Roi des rois. D’ailleurs, il y a un témoin de cela dans le livre des Actes qui montre que Shaoul pratiquait le jeûne de Yom Kippour.
Actes 27:9
Comme il s’était écoulé bien du temps et que la navigation était déjà dangereuse, car l’époque même du Jeûne (Yom Kippour) était déjà passée, C’est pourquoi Shaoul (Paul) a donné cet avertissement.
Dans ce passage, le jeûne de Yom Kippour sert de repère temporel, car ce rendez-vous a lieu au 7ème mois biblique. Cette période représente la fin de la saison estivale, la fin des récoltes. Ce passage veut dire qu’après les fêtes du 7ème mois, la météo en mer devient beaucoup plus chaotique et c’est assez dangereux de sortir en bateau. Cela montre que les apôtres pratiquaient encore ce rendez-vous de Yom Kippour, car ils étaient soumis à cette convocation de leur créateur. Par contre, aujourd’hui, aucun chrétien ne pourrait vous dire à quelle période tombe ce rendez-vous, car les fêtes chrétiennes utilisent le calendrier grégorien, alors que les disciples de Yeshoua utilisent le calendrier de la Bible qui fonctionne en suivant le moment des récoltes agricoles notamment.
Pourquoi les chrétiens rejettent Yom Kippour ?
Nous n’avons toujours pas répondu à notre question initiale : pourquoi les chrétiens ne pratiquent pas le jeûne de Yom Kippour ? Et bien, ils considèrent que les commandements des fêtes de Yahweh font partie de l’ancienne alliance, donc que ces rituels seraient abolis par l’alliance renouvelée.
L’autre argument c’est que les chrétiens pensent que Yom Kippour concerne le peuple élu, ils pensent que ces commandements concernent uniquement les juifs. Beaucoup de chrétiens ne réalisent pas leur identité en tant qu’Éphraïmites, c’est-à-dire qu’ils font partie de la deuxième maison d’Israël. C’est pour cela qu’ils ne se rendent pas compte que ces commandements les concernent aussi, malgré qu’il n’y ai plus de temple pour offrir des sacrifices et que nous soyons sous un autre sacerdoce que le sacerdoce lévitique. En effet, le sacerdoce de Melchisédek de Yeshoua n’a pas aboli la Torah.
Si vous êtes chrétiens et que vous vous demandez quelle est votre place dans le peuple d’Elohim, je vous conseille l’étude sur les deux maisons d’Israël. Quand on comprend quelle est notre place au sein du peuple de Yahweh, on accepte le fait que les fêtes bibliques sont pour nous. Lisons un autre passage sur Yom Kippour.
Vayiqra (Lévitique) 16:29
[Yahweh dit] C’est ici pour vous une loi perpétuelle : au septième mois, le dixième jour du mois, vous humilierez vos âmes, vous ne ferez aucun ouvrage, ni l’indigène, ni l’étranger qui séjourne au milieu de vous.
Ce passage signifie que peu importe que vous soyez un Juif né dans le pays, né en terre d’Israël jusqu’à la dixième génération, ou peu importe que vous soyez un étranger, ce précepte nous concerne tous. Si vous avez été greffé dans la Maison de Juda, cela vous concerne et si vous êtes un Éphraïmite, cela vous concerne également. Que vous connaissiez votre identité depuis le moment de votre naissance ou que vous soyez récemment greffé à l’alliance par le sang de Yeshoua, cela vous concerne, car c’est un statut pour toujours, pour l’israëlite ou pour l’étranger qui est greffé à Israël.
Le calendrier hébreu est une série de dates établies entre Yahweh le Père, Son Fils (l’Époux) et Sa future épouse, c’est-à-dire nous son peuple. Donc, les rendez-vous sont une série de dates où nous avons besoin d’être présents, nous avons besoin d’être au bon endroit au bon moment, et nous devons faire ce que Yahweh nous demande.
Il y a quelques jours nous avons célébré Yom Terouah qui est la première des fêtes du 7ème mois. Puis 10 jours après Yom Terouah vient Yom Kippour (le Jour des Expiations). Cela arrive dix jours après que la nouvelle lune du septième mois soit aperçue. Examinons maintenant les commandements concernant Yom Kippour et voyons ce que nous sommes censés faire. Jetons un coup d’œil au chapitre 23 du Vayikra.
Vayiqra (Lévitique) 23:26-28
26 Yahweh parla à Mosheh, et dit :
27 Le dixième jour de ce septième mois, ce sera le jour des expiations : vous aurez une sainte convocation, vous humilierez vos âmes, et vous offrirez à Yahweh des sacrifices consumés par le feu.
28 Vous ne ferez aucun ouvrage ce jour-là, car c’est le jour des expiations, où doit être faite pour vous l’expiation devant Yahweh, votre Elohim.
Donc, c’est le Jour des Expiations (au pluriel) en hébreu, c’est Yom HaKippourim. Mais parce que le concept est celui d’une expiation générale et globale, il est généralement traduit par Yom Kippour (le jour de l’expiation). C’est une Sainte Répétition, car nous faisons Yom Kippour d’année en année. Mais alors que répétons-nous au juste ? Yahweh dit : « tu ne feras aucun ouvrage ». Rien, pas de travail du tout !
Vayiqra (Lévitique) 23:31-32
31 Vous ne ferez aucun ouvrage. C’est une loi perpétuelle pour vos descendants dans tous les lieux où vous habiterez.
32 Ce sera pour vous un shabbat, un jour de repos, et vous humilierez vos âmes ; dès le soir du neuvième jour jusqu’au soir suivant, vous chômerez votre shabbat.
Quand Il dit « Ce sera pour vous un shabbat, un jour de repos, et vous humilierez vos âmes », nous montrons fondamentalement à Yahweh que nous L’apprécions ainsi que les choses de Son Royaume, et non les choses de ce monde. Nous lui montrons qu’il vaut plus pour nous que n’importe quoi dans ce monde.
Yom Kippour : une fête ?
En général, les moedim que nous retrouvons dans Vayikra chapitre 23 sont souvent des jours de joie et de réjouissance, donc ce qu’on appelle des fêtes, mais dans le cas de Yom Kippour, ce n’est pas le cas. Comme certains d’entre vous le savez déjà, je base une grande partie de mes enseignements sur ceux d’une organisation de nazaréens américains qui s’appelle Nazarene Israel (NI), je m’appuie souvent sur leur travaux.
Les années précédentes j’avais suivi l’enseignement de NI qui dit que Yom Kippour est une fête et que nous devrions nous réjouir malgré l’affliction commandée. En fait, c’était une erreur de reprendre cette information, car elle est fausse. Je vous demande pardon, car j’aurais dû vérifier si ce qu’ils disaient était vrai. J’ai ce défaut de faire trop confiance aux frères nazaréens.
https://nazareneisrael.org/book/yom-kippur-the-day-of-atonements/
Quand j’ai fait mon enseignement il y a trois ans, je m’étais appuyé de cet article de Nazarene Israel il est écrit ceci :
“D’accord, nous sommes donc appelés à souffrir, et pourtant nous devons célébrer le sabbat.”
L’erreur dans cet enseignement provient d’une mauvaise traduction d’un verset. L’enseignant de NI a utilisé une version où il est expliqué qu’on doit célébrer Yom Kippour :
Vayikra (Lévitique) 23:32 (Segond)
Ce sera pour vous un shabbat, un jour de repos, et vous humilierez vos âmes; dès le soir du neuvième jour jusqu’au soir suivant, vous célébrerez votre shabbat.
Aux Etats-Unis ils utilisent la King James qui fait la même erreur que Louis Segond :
“you shall celebrate your sabbath.”
Donc les responsables de NI ont cru à tort qu’il fallait faire une célébration, dans le sens d’un moment de fête. L’année dernière, l’Esprit m’a montré que quelque chose n’allait pas dans cet enseignement. J’ai vraiment eu la conviction que Yom Kippour devait rester une affliction et certainement pas une fête. l’Esprit m’a convaincu que quelque chose clochait. J’ai donc retiré ma vidéo pour faire des vérifications ultérieures.
Au moment de rectifier mon enseignement de Yom Kippour, je suis donc allé voir ce fameux verset de Louis Segond qui dit de faire une célébration lors du repos de Kippour. Ce ne serait pas la première fois que les traducteurs feraient un travail exécrable. Je suis allé voir la version Strong et quand j’ai cliqué sur le mot “célébrerez” j’ai vu apparaître le verbe shabbat (se reposer).
Et là je me suis dit, mais pourquoi ces traducteurs écrivent “vous célébrerez” alors que c’est écrit de se reposer. Après avoir vu cette bizarrerie, j’ai lu le manuscrit hébreu et en effet, cela ne parle pas du tout d’une célébration.
En hébreu j’ai lu : תשבתו שבתכם (tishbethou shabatthekhèm). En français, on pourrait traduire cela par : vous shabbaterez votre shabbat.
Donc la bonne traduction n’est pas “célébrer”, mais “se reposer” de son repos. Les seules traductions que j’ai pu trouver et qui ont correctement traduit c’est Chouraqui et Perret-Gentil et Rilliet.
Vayikra (Lévitique) 23:32
[…] vous chômerez votre shabbat d’un soir à l’autre soir.
Donc non, la Torah ne demande pas de célébrer Yom Kippour, si on s’en tient au texte hébreu, on voit qu’il n’en est rien. On voit à nouveau, qu’il est important de maîtriser les traductions et de connaître un peu la langue hébraïque pour ne pas ajouter ou retrancher des écritures saintes.
Devarim (Deutéronome) 12:32
Vous observerez et vous mettrez en pratique toutes les choses que je vous ordonne; vous n’y ajouterez rien, et vous n’en retrancherez rien.
L’autre erreur qui a poussé les responsables de NI à enseigner cette chose, c’est leur volonté de vouloir absolument faire correspondre les fêtes bibliques aux étapes de l’ancien mariage hébraïque. Alors il est vrai qu’il y a une symbolique des moedim et de notre relation avec Yeshoua, nous sommes l’épouse et il est l’époux. La symbolique du mariage est importante dans les écritures, je ne contesterais jamais cela. Cependant, cela reste une symbolique et cela ne doit pas modifier les commandements de la Torah. Dans l’enseignement de NI, ils utilisent un passage des évangiles pour expliquer que Yom Kippour est une fête.
Ainsi, le retour du marié a traditionnellement lieu aux alentours de minuit à Yom Kippour, soit 10 jours après Yom Terouah, lorsque le shofar retentit (peut-être sept fois).
Matthieu 25:6-7
6 « Au milieu de la nuit, on entendit un cri : « Voici l’époux ; sortez à sa rencontre ! »
7 Alors toutes ces jeunes filles se levèrent et préparèrent leurs lampes. »Voilà pourquoi c’est une fête. Voilà pourquoi nous sommes appelés à célébrer Yom Kippour. Même si c’est un jour de jeûne, même si c’est un jour d’épreuve, c’est une fête.
La volonté de faire coller chaque moedim a une étape du mariage ancien, a fait chuter les nazaréens américains, car ils ont ajouté des choses à la Torah. Cependant, une symbolique ou une parabole doit rester à sa place. Cela doit rester une symbolique et pas un nouveau commandement de se réjouir à Yom Kippour.
Je vous demande pardon d’avoir fait trop confiance dans les enseignements de NI. J’essayerais d’être moins influencé pour les prochaines vidéos. J’espère que cette erreur vous montrera qu’on peut facilement se faire séduire par de mauvaises traductions, ou par une symbolique qui semble si proche des fêtes.
Ne pas travailler durant Yom Kippour
Maintenant faisons un zoom sur le verset 31. Yahweh dit “vous ne ferez aucun travail.”
Vayiqra (Lévitique) 23:31
Vous ne ferez aucun ouvrage. C’est une loi perpétuelle pour vos descendants dans tous les lieux où vous habiterez.
La question classique est que faites-vous des services essentiels, tels que les médecins, les pompiers, les soins infirmiers et ce genre de choses ? Et puis la question se pose de savoir que faites-vous de l’élevage laitier ? Parce que les vaches laitières doivent être traites tous les jours, si vous ne le faites pas, vous blesserez cette vache. Vous endommagerez médicalement la vache. Les vaches laitières doivent donc être traites tous les jours. La réponse classique traditionnelle est que nous ne devrions rien faire de plus que nécessaire. Tout ce qui peut être fait avant ou après le jour de Yom Kippour, nous devons complètement mettre ces choses de côté et ne pas les faire en ce jour très spécial.
Le sens profond de Kippour
Alors, maintenant jetons un coup d’œil au mot Kippour.
Concordance Strong n°3725 ( כִּפֻּר ) kippur (kip-poor’); Vient de la racine n°3722 ; expiation, expiatoire, rachat.
En d’autres termes, cela signifie l’expiation. Nous faisons l’expiation pour quelque chose que nous avons mal fait, nous essayons de faire amende honorable ou essayons de réparer quelque chose que nous avons laissé de côté.
Et puis nous recherchons la racine n°3722.
Concordance Strong n°3722 ( כָּפַר ) kaphar (kaw-far’); couvrir, purger, faire une expiation, réconciliation, recouvrir de poix, pacifier, rendre propice, recouvrir, expier pour le péché
Donc, kaphar cela signifie recouvrir, spécifiquement avec du bitume. L’arche de Noé était recouverte de bitume, mais au sens figuré il s’agit d’expier, ou de cautionner, d’annuler une dette. Nous essayons de réparer les choses que nous avons mal faites durant l’année qui vient de s’écouler.
La prière du Kol Nidrei
D’accord. Maintenant, nous devons parler (avec respect) de nos frères rabbiniques, les juifs orthodoxes. Ils ont une prière spéciale appelée Kol Nidrei. Mais voyons ce qu’on en dit dans Wikipedia.
Wikipédia : Kol Nidre
Kol Nidre / ˈ k ɔː l n ɪ ˈ d r eɪ / (également connu sous le nom de Kol Nidrey ou Kol Nidrei ; [1] Araméen : כָּל נִדְרֵי kāl niḏrē ) est une déclaration hébraïque et araméenne qui est récitée dans la synagogue avant le début du service du soir de chaque Yom Kippour (« Jour des Expiations »). À proprement parler, ce n’est pas une prière, même si on en parle communément comme si c’était une prière.
Maintenant, il y a beaucoup de controverses à propos de Kol Nidre. Il semble y avoir un grand nombre de commentaires de Juifs se plaignant du contenu du Kol Nidre. Kol Nidre signifie chaque vœu. En d’autres termes, cela parle de chaque vœu que nous avons fait et que nous avons rompu. Ou alors des choses que nous avons mal fait, ou toutes sortes de péchés que nous avons commis etc. Tant que nous disons le Kol Nidre, nous en sommes absous. Donc, c’est une déclaration plutôt qu’une prière. En effet, c’est dire à Yahweh que nous n’avons rien fait. Nous faisons cette déclaration que nous sommes absous de toute culpabilité. Normalement la Torah nous interdit d’annuler un voeux.
Devarim (Deutéronome) 23:21
Si tu fais un vœu à Yahweh, ton Elohim, tu ne tarderas point à l’accomplir: car Yahweh, ton Elohim, t’en demanderait compte, et tu te chargerais d’un péché.Ecclésiaste 5:3-4
3 Lorsque tu as fait un vœu à Elohim, ne tarde pas à l’accomplir, car il n’aime pas les insensés: accomplis le vœu que tu as fait.
4 Mieux vaut pour toi ne point faire de vœu, que d’en faire un et de ne pas l’accomplir.
C’est pourquoi en tant qu’Israëlites nazaréens nous ne disons pas le Kol Nidre, car cela nous semble contradictoire avec la Torah.
Par contre, Yeshoua tenait beaucoup à garder la Torah de Yahweh. Il a parfaitement observé la loi de son Père et il est notre exemple. L’apôtre Shaoul dit « Imitez-moi comme j’imite le Messie ». L’apôtre Shaoul (Paul) a également fait le jeûne de Kippour. Nous voyons cela dans des endroits comme Actes chapitre 27.
Actes 27:9-10
9 Un temps assez long s’était écoulé, et la navigation devenait dangereuse, car l’époque même du jeûne était déjà passée.
10 C’est pourquoi Shaoul avertit les autres, en disant : Ô hommes, je vois que la navigation ne se fera pas sans péril et sans beaucoup de dommage, non seulement pour la cargaison et pour le navire, mais encore pour nos personnes.
La raison pour laquelle on l’appelle le jeûne est que nous observons le jour des expiations en jeûnant. L’habitude des apôtres était qu’ils s’abstiennent de nourriture et d’eau pendant 24 heures afin d’affliger leur âme.
Et si je ne peux pas jeûner ?
Bien que le jeûne puisse apporter des bienfaits spirituels souhaitables, reconnaissons qu’il n’est pas toujours médicalement approprié pour les diabétiques, les patients en soins intensifs et/ou les mères allaitantes de jeûner. Si l’état de santé d’une personne exclut le jeûne, alors d’autres formes d’auto-affliction existent telles que le port d’un sac contre notre peau, ainsi nous pouvons quand même accomplir le commandement de Yahweh d’affliger nos âmes.
Psaumes 35:13
Et moi, quand ils étaient malades, je revêtais un sac, j’humiliais mon âme par le jeûne, je priais, la tête penchée sur mon sein.
Même le roi David se revêtait d’un sac lorsqu’il s’humiliait. Ce qui est marrant c’est que sac en hébreux se prononce aussi saq (שַׂק).
La racine du mot saq est shaqaq (שָׁקַק) qui signifie être affamé ou avoir l’âme altérée, ce qui colle bien avec l’idée de jeûner.
Donc voilà pourquoi nous pouvons nous revêtir d’un sac, lorsqu’on ne peut pas jeûner pour des raisons de santé, c’est un deuxième moyen biblique d’humilier notre âme. (Les sacs en toile de jute font très bien l’affaire)
Connexion entre Kippour et Yeshoua
Nous allons maintenant parler de tout le chapitre de Lévitique 16, car c’est le bouc émissaire, et le bouc émissaire était un rituel spécial qui a eu lieu le jour de Yom Kippour.
Vayiqra (Lévitique) 16:2-3
2 Yahweh dit à Mosheh : Parle à ton frère Aaron, afin qu’il n’entre pas en tout temps dans le sanctuaire, au dedans du voile, devant le propitiatoire qui est sur l’arche, de peur qu’il ne meure ; car j’apparaîtrai dans la nuée sur le propitiatoire.
3 Voici de quelle manière Aaron entrera dans le sanctuaire. Il prendra un jeune taureau pour le sacrifice d’expiation et un bélier pour l’holocauste.
Le jour de Kippour est spécial, car c’était le seul jour où le grand sacrificateur entrait dans la partie la plus sainte du Tabernacle, le saint des saints, le qodèsh haqqadashiym ( קדש הקדשים ). Nous savons que le sacrifice de Yeshoua a déchiré le voile protégeant le qodèsh haqqadashiym.
Matityahu (Matthieu) 27:50-51
50 Yeshoua poussa de nouveau un grand cri, et rendit l’esprit.
51 Et voici, le voile du temple se déchira en deux, depuis le haut jusqu’en bas […]
Donc les évangiles sont en lien avec Yom Kippour, notamment quand le sang de Yeshoua a été versé pour nos péchés. Continuons la lecture du Vayikra chapitre 16.
Vayiqra (Lévitique) 16:6-10
6 Aaron offrira son taureau expiatoire, et il fera l’expiation pour lui et pour sa maison.
7 Il prendra les deux boucs, et il les placera devant Yahweh, à l’entrée de la tente d’assignation.
8 Aaron jettera le sort sur les deux boucs, un sort pour Yahweh et un sort pour Azazel.
9 Aaron fera approcher le bouc sur lequel est tombé le sort pour Yahweh, et il l’offrira en sacrifice d’expiation.
10 Et le bouc sur lequel est tombé le sort pour Azazel sera placé vivant devant Yahweh, afin qu’il serve à faire l’expiation et qu’il soit lâché dans le désert pour Azazel.
Le bouc qui a été choisi par Yahweh a été offert, tout comme Yeshoua a été offert sur la croix. Le bouc émissaire quant à lui est choisi pour aller dans le désert, ce bouc représente l’Egypte, c’est-à-dire Edom.
Le prophète Yowel nous parle du jugement de la fin des temps, au moment de la grande moisson, donc on est en plein dans le thème de Kippour.
Yowel (Joël) 3:13-14
13 Saisissez la faucille, car la moisson est mûre ! Venez, foulez, car le pressoir est plein, les cuves regorgent ! Car grande est leur méchanceté,
14 C’est une multitude, une multitude, dans la vallée du jugement ; Car le jour de Yahweh est proche, dans la vallée du jugement.
Yowel nous parle également du traitement de l’Egypte et d’Edom à la fin des temps.
Yowel (Joël) 3:19
L’Égypte deviendra une désolation, Édom sera réduit en désert, À cause des violences contre les enfants de Juda, dont ils ont répandu le sang innocent dans leur pays.
Nous voyons dans ce verset qu’Edom sera réduit dans le désert. Il est probable que le bouc émissaire symbolise l’Egypte et Edom. Continuons à lire plus loin dans le Lévitique.
Vayiqra (Lévitique) 16:21-22
21 Aaron posera ses deux mains sur la tête du bouc vivant, et il confessera sur lui toutes les iniquités des enfants d’Israël et toutes les transgressions par lesquelles ils ont péché ; il les mettra sur la tête du bouc, puis il le chassera dans le désert, à l’aide d’un homme qui aura cette charge.
22 Le bouc emportera sur lui toutes leurs iniquités dans une terre désolée ; il sera chassé dans le désert.
Il est possible que ce bouc échappé représente Edom, c’est-à-dire ceux qui vont mourir dans le désert et ne pas revenir en terre d’Israël comme le dit Yowel. Donc le rituel des deux boucs de Kippour, symbolise la distinction entre ceux qui choisissent l’expiation par le bouc de Yahweh, c’est-à-dire Yeshoua Mashiah et l’autre bouc sera ceux qui choisissent de rester en Egypte, de rester dans le désert, de rester dans leurs péchés.
Dérives messianiques
Certains messianiques disent qu’il faut faire un festin la veille de kippour comme sur ce site internet :
Étant un jour de prière et de jeûne de 25-26 heures, il est conseillé de faire un grand repas la veille. Traditionnellement, on mange du poulet, symbole de l’expiation, sous toutes ses formes (potage, couscous, poule-au-pot, tajine, etc). Il est possible de cuisiner tout ce qu’on veut ce jour-là, tant que c’est à base de poulet. Cette célébration est aussi une grande fête de partage en famille et entre amis.
Alors vous le savez je ne suis pas messianique car ils ajoutent des traditions rabbiniques à leur doctrine. En effet, je ne veux pas suivre les traditions rabbiniques qui sont parfois des ajouts à la Torah. Le premier ajout que je vois chez les messianiques, c’est qu’ils considèrent la veille de Kippour comme une célébration et une grande fête. Je le rappelle, mais Yom Kippour n’est pas une fête, et je ne vois rien dans la Torah qui ordonne de faire une fiesta la veille. Je sais que certains nazaréens américains enseignent à tort que Kippour est une fête, mais nous avons vu que c’était faux.
La deuxième chose qu’enseigne les messianiques, c’est qu’il faut manger un grand repas à base de poulet. Alors cette tradition vient du judaïsme où ils font un rituel avec un poulet vivant. Il s’agit d’un rituel d’expiation pratiqué par certains juifs la veille de Yom Kippour. Cette pratique consiste à faire tournoyer un poulet vivant au-dessus de la tête d’une personne. Le poulet est ensuite abattu conformément aux règles halakhiques. Cette tradition permet d’expier ses péchés en envoyant le poulet en enfer, à la place du pécheur.
Donc c’est pour cela que les messianiques disent de faire un repas à base de poulet, car le poulet abattu ne doit pas être gaspillé, mais c’est surtout pour coller avec les lois du judaïsme. Mais je rappelle que nous expions nos péchés avec le sacrifice de Yeshoua. Donc non, je ne conseille pas de suivre les traditions rabbiniques, même si vous êtes messianiques. D’ailleurs, je vous conseille plutôt un repas léger avant de faire un jeûne, car il est préférable de ne pas surcharger votre système digestif.
D’une manière générale, on a vu dans cet enseignement que beaucoup de religions tentent de nous détourner de ce rendez-vous de Yom Kippour. Les catholiques avec le carême, les messianiques avec leur repas de fête la veille et les judaïsants avec leur rituel du poulet. Attention donc à toutes ces déviances et ces ajouts à la parole de Yahweh.
Conclusion
Pour résumer Yom Kippour, on a vu que ce n’était pas une fête. On a vu qu’on ne doit pas travailler ce jour-là et il faut jeûner et/ou porter le sac (en jute). Un autre conseil pour Yom Kippour, ce serait de faire quelques lectures ce jour-là.
Il y a évidemment Vayikra (Lévitique) 16 et 23 et Bamidbar (Nombres) 29 pour la partie Torah.
Vayikra (Lévitique)16:29-31
Vayikra (Lévitique) 23:27-32
Bamidbar (Nombres) 29:7
Ensuite dans les prophètes vous avez aussi Yeshayahou (Esaïe) 58, Yowel (Joël) 2, qui sont des passages sur l’action de jeûner correctement.
Yeshayahou (Esaïe) 58:1-12
Yowel (Joël) 2:12-14
Pour les évangiles, il y a le sacrifice de Yeshoua et la déchirure du voile dans le temple, car Yeshoua est notre bouc expiatoire. Vous pouvez lire Matityahu 27 et 28.
Matityahu (Matthieu) 27:1-28:20
L’expiation dans le judaïsme ne passe pas par Yeshoua, car ils rejettent, pour beaucoup, la bonne nouvelle. Parfois nos frères de Juda font un rituel utilisant un poulet, appeler la coutume des kapparot pour expier leurs fautes. On avait déjà parlé de ce rituel dans l’enseignement sur la pensée magique, c’est une vidéo intéressante, je vous met le lien ici :