Comment pardonner ?

La foi nazaréenne repose sur la bonne nouvelle du salut en Yeshoua. Et quand nous réfléchissons à la bonne nouvelle, nous savons que notre salut dépend du pardon de Yahweh. Pour obtenir le pardon du Père, il faut se repentir et accepter que son fils meurt pour nos fautes. Le plus troublant, c’est que cela ne suffit pas, en effet, il y a une dernière condition : celle de réussir à pardonner à ceux qui ont fauté contre nous.

Matityahu (Matthieu) 6:14-15
14 Si vous pardonnez aux hommes leurs offenses, votre Père céleste vous pardonnera aussi;
15 mais si vous ne pardonnez pas aux hommes, votre Père ne vous pardonnera pas non plus vos offenses.

Ce dernier verset de Yeshoua est vraiment percutant, Yahweh ne peut pas nous pardonner si nous ne pardonnons pas aux autres. Le pardon est donc une question de vie ou de mort. Le pardon est une clef pour notre salut à tous. 

Quand je regarde un film, il y a une chose qui me fait pleurer à tous les coups. Si le film contient une scène où quelqu’un vient demander pardon, alors je me mets à pleurer. 

Il n’y a rien d’autre qui me touche plus qu’une scène sur ce sujet. Dans la Bible également, l’histoire de Yosef qui pardonne à ses frères pour l’avoir vendu en esclave est sans doute le passage des écritures qui me touche le plus.

Le pardon est sans doute le sujet central de la Bible et de notre vie de croyant.

Malgré que le pardon soit sans doute une des conditions de notre salut, c’est paradoxalement la chose la plus difficile à accomplir pour nous les êtres humains. Il y a parfois des circonstances qui font qu’on n’arrive pas à pardonner, notamment dans le cas de graves péchés. 

Pouvons nous réellement tout pardonner ? Par exemple, dans le cas d’affaire sordide de viol, d’abus ou de meurtre avec préméditation. Il y a aussi les cas de crime contre l’humanité. Il est vrai que parfois, humainement parlant, c’est impossible de pardonner sans l’aide de Yahweh.

Luc 18:27
Yeshoua répondit: Ce qui est impossible aux hommes est possible à Elohim.

Mais avant de parler du pardon, il faut bien évidemment parler de ce qui arrive avant. En effet, pour qu’on soit dans une démarche de pardon, il faut qu’une offense ou un péché soit commis contre nous.

Quand nous sommes blessés par quelqu’un, il y a des mécanismes biologiques naturels qui se mettent en place dans notre cerveau. Les scientifiques ont montré que les zones qui s’activent quand on est blessé par autrui sont les mêmes que quand nous nous faisons une blessure physique.

Notre cerveau animal est conçu pour éviter les menaces et les dangers. Lorsque quelqu’un nous fait du mal de façon profonde et significative, une partie de notre cerveau primitif s’active et enregistre cette menace pour nous permettre de survivre.

Quand nous sommes attaqués, cette alarme dans notre cerveau va produire des émotions comme la peur, la colère ou la honte. Ce mécanisme de défense permet de nous avertir que la personne est dangereuse et pourrait recommencer.

Le problème avec ce mécanisme, c’est que notre cerveau s’efforce de renforcer ce mauvais souvenir et de préserver l’événement qui nous a traumatisés. C’est pourquoi, quand quelqu’un nous blesse, notre cerveau n’arrête pas de repasser le film du traumatisme, encore et encore dans le but de ne jamais oublier pour éviter toutes futures attaques. De plus, si la blessure est très profonde, nous pouvons même construire notre identité autour de ce traumatisme. 

C’est pour cette raison que le pardon est difficile, car cela revient à déverrouiller ce mécanisme de protection qui s’est mis en place de manière à nous protéger. Le pardon est en quelque sorte une remise à zéro de notre système de protection, nous devons appuyer sur le bouton reset. 

Plus nous sommes animal, c’est-à-dire charnel et plus ce mécanisme va être difficile à désactiver, mais plus nous sommes spirituels et plus ce mécanisme va être facile à déboguer. 

Lorsque nous devons pardonner, il y a plusieurs zones de notre cerveau qui s’affrontent et qui sont en contradiction. Il y a une alarme qui dit attention, cette personne est une menace. Et de l’autre côté, il y a des zones du cerveau qui veulent pardonner et retourner dans un état de paix pour retrouver une vie normale. Pardonner, c’est désactiver cette alarme de menace, ce qui peut nous donner un sentiment d’insécurité.

Pour faire de débogage de notre cerveau, quand celui-ci se met en alarme, il faut suivre certaines procédures, notamment celle que Yeshoua nous enseigne.

Matthieu 18 : Débogage du cerveau

Matthieu 18 est en quelque sorte un cheat code pour déboguer notre cerveau animal. Dans cette procédure, Yeshoua nous dit d’aller voir notre frère et de lui expliquer son offense. S’il ne nous écoute pas, nous devons prendre plusieurs témoins et s’il ne nous écoute toujours pas nous pouvons le dire à l’assemblée.

Ce processus de Matthieu 18 est incontournable, si on veut pouvoir pardonner. C’est la meilleure façon pour déboguer notre cerveau qui peut parfois rester en mode alarme trop longtemps.

Le processus de Matityahu 18 est évidemment issu de la Torah, qui nous demande de ne pas garder de rancune envers notre prochain

Vayikra (Lévitique) 19:17-18
17 Tu ne haïras point ton frère dans ton cœur; tu auras soin de reprendre ton prochain, mais tu ne te chargeras point d’un péché à cause de lui.
18 Tu ne te vengeras point, et tu ne garderas point de rancune contre les enfants de ton peuple. Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Je suis Yahweh.

Ce passage de Vayikra 19 est la fondation de Matityahu 18. Ce passage dit que si nous gardons la rancune envers un frère, le péché de ce frère nous est transféré à nous même. Cela peut paraître étrange et même injuste, mais si nous n’allons pas voir notre prochain pour lui expliquer sa faute, alors son péché devient le nôtre, aussi étrange que cela puisse paraître. D’ailleurs, il y a une citation que l’on entend parfois qui dit ceci : 

“La colère est une punition que l’on s’inflige pour une faute commise par quelqu’un d’autre.”

Donc effectivement, quand nous n’allons pas reprendre notre prochain, c’est comme si sa faute à lui s’installait en nous avec la colère et la rancune. Je vous laisse quelques instants pour méditer cela, car c’est une vérité difficile à accepter. Ca veut dire que quand nous gardons le silence par rapport à une faute qu’on nous a fait, alors nous sommes gravement puni en devant porter la colère et cela peut nous ronger durant plusieurs années, voire toute une vie alors qu’à la base nous n’y sommes pour rien.

Donc un des premiers blocages que nous pouvons rencontrer pour pardonner, c’est quand nous n’avons pas suivi le processus de Matthieu 18. Si on reste dans le silence par rapport à une offense, alors nous aurons de grandes difficultés pour pardonner.

Blocage de la vengeance

Vayikra 19, nous demande aussi de ne pas nous venger. 

Vayikra (Lévitique) 19:18
18 Tu ne te vengeras point, et tu ne garderas point de rancune contre les enfants de ton peuple. 

Pour pardonner, nous devons donc renoncer à notre vengeance personnelle. C’est aussi ce que confirme Shaoul.

Romains 12:19
Ne vous vengez point vous-mêmes, bien-aimés, mais laissez agir la colère; car il est écrit: A moi la vengeance, à moi la rétribution, dit Yahweh.

Donc le désir de vengeance est un blocage puissant qui nous empêche de pardonner. 

Il y a quelque temps j’ai demandé pardon à quelqu’un à qui j’avais commis une faute. Cette personne m’a dit qu’elle me pardonnait. Je me suis senti vraiment bien, j’étais vraiment soulagé et heureux. Puis quelques mois plus tard, cette personne m’a rappelé ma faute, comme si je ne lui avais jamais demandé pardon et comme si elle ne m’avait jamais pardonné. Son désir de vengeance s’était simplement dissimulé en lui et puis il a décidé de m’accuser à nouveau pour mon ancienne erreur. C’est un exemple qui montre que parfois certaines personnes disent avoir pardonné, mais dans le fond de leur cœur, il n’en est rien.

La vérité à retenir, c’est qu’on ne doit pas se mentir à soi-même, car finalement on va mentir aux autres et notre pardon sera un faux pardon. La leçon à retenir, c’est qu’on ne peut pas se forcer à pardonner si nous ne sommes pas prêts. Je crois que parfois, nous obéissons à Yahweh, car il nous demande de pardonner, mais on agit selon la loi et pas selon notre cœur. 

Ca veut dire qu’on peut dire à notre prochain, je te pardonne, mais en réalité dans notre coeur, nous ne pardonnons pas. Dans les évangiles nous avons une description de l’Esprit légaliste ou pharisien : C’est quand nous suivons des lois dans le but de gagner le salut ou l’approbation divine, plutôt que par amour. 

Cela transforme une relation de confiance en une liste de tâches mécaniques, la fameuse check list. Un légaliste quand il pardonne, il dit : ok je te pardonne, check, je coche la case, c’est bon, je l’ai dit, c’est acté, c’est fini. 

Par contre, dans son cœur, rien n’a été accompli et il aura encore du ressentiment et une volonté de se venger. Malheureusement pour les légalistes, Yahweh voit à l’intérieur de son cœur, donc cela ne sert à rien de cocher des actes sans les avoir validés dans son cœur par amour. C’est le genre de personnes qui vous disent très souvent : Oh je t’aime mon frère, mais qui ont des actes qui prouvent tout l’inverse. Donc affirmer qu’on pardonne quelqu’un ce n’est pas forcément un véritable pardon, c’est parfois simplement des personnes qui se mentent à elles-même en refoulant leur émotions.

Un bon exemple de comportement légaliste c’est d’attendre Yom Kippour pour pardonner aux autres. Alors effectivement cette fête est un bon moment pour faire le bilan de nos fautes, mais cela ne veut pas dire qu’on doit uniquement le faire à cette date là. C’est comme si on allumait nos émotions un jour par an et le reste de l’année on gardait un cœur dur et on ne pardonnait jamais. Finalement arriver à pardonner uniquement à Kippour est une déclaration de notre échec à suivre la Torah.

Souvent on se dit, de toute façon je n’ai pas le choix, Yahweh me demande de pardonner, donc je n’ai pas d’autres solutions que de le faire. En réalité, cela ne fonctionne pas comme ça. Pardonner sous la contrainte ne fonctionne pas, il faut une obéissance sincère et pas forcée.

Si Matthieu 18 est impossible ?

Pour en revenir au protocole de Matityahu 18, il faut remarquer que ce protocole comporte trois étapes. Cependant, nous sommes parfois bloqués à la première étape, celle d’aller voir notre prochain. Pour faire la deuxième étape, nous avons besoin de témoins, mais il arrive qu’on n’ait pas de témoins, donc le processus s’arrête à l’étape un.

Parfois même nous n’avons pas d’assemblée du tout pour témoigner du péché d’un frère. Matthieu 18 est donc une procédure théorique qui n’est pas toujours possible d’accomplir dans toutes les situations. 

Dans certains cas également, les torts sont partagés et il peut y avoir deux, voire trois procédures de Matthieu 18 en même temps. Vous allez voir un frère pour lui parler de ses fautes et ce frère va aussi venir vous parler des fautes que vous avez commise envers lui. Bref la procédure de Matthieu 18 peut sembler simple sur le papier, mais elle est parfois compliquée à mettre en pratique.

Quand nous sommes dans l’incapacité d’obéir à Matityahu 18, nous devons retourner à la source, à savoir ce que la Torah nous enseigne.

Vayikra (Lévitique) 19:17
Tu ne haïras point ton frère dans ton cœur; tu auras soin de reprendre ton prochain, mais tu ne te chargeras point d’un péché à cause de lui.

La Torah parle surtout de la première étape, c’est sans doute parce que c’est la plus importante. En tout cas, si Matthieu 18 ne fonctionne pas jusqu’au bout, et bien vous devrez quand même pardonner, malgré que la relation ne peut pas être réparée.

Maintenant que nous venons de voir les étapes qui précèdent le pardon, il faut définir ce qu’est et ce que n’est pas le pardon. En effet on a pas mal d’opinions préconçues sur ce qu’est le pardon et beaucoup d’idées reçues complètement fausses.

Le pardon n’est pas : excuser l’autre

Souvent on pense que dire « Excuse-moi » ou « Pardonne-moi » sont des synonymes. Alors c’est vrai que dans le langage commun, il ne semble pas y avoir de différence. En tout cas pour les gens du monde, excuse-moi ou pardonne-moi semble être la même chose. Par contre, si vous êtes des disciples de Yeshoua, il faut absolument faire la distinction.

Déjà ce qu’on doit comprendre, c’est que étymologiquement ces deux termes sont différents. Excuser quelqu’un, c’est trouver des circonstances atténuantes, c’est lui trouver des excuses pour sa mauvaise action. Excuser, c’est quand on ne tient pas rigueur d’une faute en acceptant des justifications. 

Pardonner c’est savoir qu’il y a une faute et tenir le coupable pour responsable, mais on décide quand même d’abandonner notre ressentiment et notre vengeance personnelle contre lui. D’ailleurs, Pardon, c’est par – don. C’est un don, quelque chose de gratuit que l’on donne à l’autre sans qu’il le mérite. Donc ça n’a rien à voir avec excuser quelqu’un. Excuser c’est demander à l’autre des excuses, alors que pardonner c’est donner, c’est un don immérité.

Il y a un passage dans la Torah qui illustre mes propos.

Bamidbar (Nombres) 14:11-23
11 Et Yahweh dit à Moïse: Jusqu’à quand ce peuple me méprisera-t-il ? Jusqu’à quand ne croira-t-il pas en moi, malgré tous les prodiges que j’ai faits au milieu de lui ?
12 Je le frapperai par la peste, et je le détruirai; mais je ferai de toi une nation plus grande et plus puissante que lui […]
19 Pardonne l’iniquité de ce peuple, selon la grandeur de ta miséricorde, comme tu as pardonné à ce peuple depuis l’Égypte jusqu’ici.
20 Et Yahweh dit: Je pardonne, comme tu l’as demandé.
21 Mais, je suis vivant ! Et la gloire de Yahweh remplira toute la terre.
22 Tous ceux qui ont vu ma gloire, et les prodiges que j’ai faits en Égypte et dans le désert, qui m’ont tenté déjà dix fois, et qui n’ont point écouté ma voix,
23 tous ceux-là ne verront point le pays que j’ai juré à leurs pères de leur donner, tous ceux qui m’ont méprisé ne le verront point.

Ce passage est très intéressant. En effet, Yahweh pardonne, mais finalement toute cette génération des hébreux va mourir dans le désert et ils n’entreront pas en terre promise. (Sauf Yehoshoua et Caleb) Cela peut sembler paradoxal qu’il y ait un pardon, mais qu’il reste des conséquences aux actes des hébreux.

Ici le pardon c’est que Yahweh a calmé sa colère, Yahweh a renoncé à détruire immédiatement le peuple par une peste. Cependant les coupables n’ont pas été considéré comme innocents. Pareil pour David, Yahweh l’a pardonné, mais il a quand même eu une conséquence à sa faute.

2 Shmuel (Samuel) 12:13-14
13 David dit à Nathan: J’ai péché contre Yahweh ! Et Nathan dit à David: Yahweh pardonne ton péché, tu ne mourras point.
14 Mais, parce que tu as fait blasphémer les ennemis de Yahweh, en commettant cette action, le fils qui t’est né mourra.

Donc on a trop souvent tendance à excuser les autres au lieu de pardonner aux autres. Excuser c’est de ne pas considérer l’autre comme fauteur, mais pardonner c’est reconnaître l’autre comme pécheur et ne plus lui en vouloir. 

Parfois on entend certains dire : “Oh mais il n’a pas fait exprès, je lui pardonne”. Non, il faut dire : Il a fait exprès et c’est pourquoi je dois lui pardonner. On a pas besoin de pardonner quelqu’un qui n’a pas fait exprès.

La mentalité d’excuser au lieu de pardonner pourrait provenir d’une mauvaise image qu’on a de la nature humaine. En effet, beaucoup de personnes pensent que la nature de l’homme est fondamentalement bonne et cela donne le sentiment qu’on devrait pouvoir trouver des circonstances atténuantes dans quasiment chaque situation.

J’ai découvert cette doctrine en regardant une chaîne youtube. Il y a un jeune homme qui imite l’émission “J’irais dormir chez vous”. J’aime bien son contenu, mais je déteste sa mentalité païenne. Ce youtubeur a basé sa chaine youtube sur un concept particulier qui est de considérer l’homme comme naturellement bon. C’est son leitmotiv comme on dit. Ce qui est drôle c’est que ce jeune homme qui fait du stop et dort chez les gens, est tombé un jour sur une personne qui était probablement un prédateur.

Ce youtubeur persiste à dire qu’il n’y a que des gens bien dans ce monde, alors qu’il était probablement avec une personne mal intentionnée. C’est de la pure folie de croire à ces chimères, mais je voulais vous montrer que cela existe bel et bien. J’ai trouvé que la doctrine qui dit que l’homme est fondamentalement bon proviendrait du bouddhisme.

« Le bouddhisme considère la nature humaine comme fondamentalement bonne. » 
(
Source : shambhala.org)

La doctrine de considérer l’homme naturellement bon, se retrouve dans plusieurs religions comme le confucianisme et le shintoïsme. Donc des doctrines qu’on trouve surtout en Asie.

Cependant, nous trouvons aussi cette idéologie à deux pas de chez nous, dans la franc-maçonnerie, car pour devenir un compagnon du deuxième degré de la maçonnerie, il y a un rituel où l’on déclare la chose suivante : 

“L’homme est naturellement bon, juste et compatissant. Pourquoi est-il donc si souvent en contradiction avec lui-même ?”

Le mouvement des lumières a influencé toute l’Europe et l’influence encore aujourd’hui. C’est ce qu’on appelle le luciférisme. Il est donc normal que les lumières influencent encore de très nombreux croyants français en 2026. La doctrine biblique révèle tout le contraire du bouddhisme ou des Lumière, car les Écritures montrent que l’homme est fondamentalement mauvais, dès son plus jeune âge.

Bereshit (Genèse) 8:21
Je ne maudirai plus la terre, à cause de l’homme, parce que les pensées du cœur de l’homme sont mauvaises dès sa jeunesse.

Matityahu (Matthieu) 15:19
Car c’est du cœur que viennent les mauvaises pensées, les meurtres, les adultères, les impudicités, les vols, les faux témoignages, les calomnies.

Bereshit (Genèse) 6:5
Yahweh vit que la méchanceté des hommes était grande sur la terre, et que toutes les pensées de leur cœur se portaient chaque jour uniquement vers le mal.

Yirmeyah (Jérémie) 17:9
Le cœur est tortueux par-dessus tout, et il est méchant: qui peut le connaître ?

Nous devons faire attention à toutes les doctrines alternatives, comme celle qu’on retrouve dans le bouddhisme, confucianisme, le shintoïsme. Mais le fait de considérer l’homme comme naturellement bon, est surtout présent en Europe avec l’influence des Lumières.

On peut donc avoir une vision incorrecte de la nature humaine, ce qui nous poussera à vouloir excuser l’homme plutôt que de le pardonner.

D’ailleurs, l’histoire de la Bible commence par la chute de l’homme pour montrer sa nature profonde et se termine avec le pardon de Yahweh à la croix. Donc on comprend que le satan a créé de nombreuses religions et philosophies pour nous faire croire que l’homme est bon par nature, c’est un excellent moyen de nous montrer que nous n’avons nullement besoin du sacrifice de Yeshoua. Donc attention à cette nuance, le pardon, ce n’est pas excuser les autres ou leur trouver des circonstances atténuantes, en effet, l’être humain n’est pas bon par nature. Voyons maintenant autre chose que le pardon n’est pas.

Le pardon ? Un sentiment ?

Le pardon ce n’est pas d’avoir un sentiment de pardon. Le pardon est une démarche active et pas une démarche passive où on attend de ressentir un sentiment de paix.

En fait, quand nous pardonnons à quelqu’un, cela n’efface pas le souvenir émotionnel, mais cela modifie la façon dont le cerveau traite ce souvenir. Quand nous avons pardonné, si nous repensons au traumatisme de l’autre, cela peut nous causer encore de la tristesse, mais cela ne déclenchera pas la même activité cérébrale associée à la colère, à l’amertume ou à la vengeance.

Lorsque nous décidons de pardonner, c’est petit à petit qu’on ne souffre plus, ce n’est pas du jour au lendemain. Le pardon sera terminé quand on passera du sentiment de vengeance, à la compassion et à la libération émotionnelle.

Voyons maintenant le rapport entre le pardon et la confiance.

Pardon ≠ Confiance

La confiance s’acquiert avec le temps et il faut également une personne qui puisse devenir digne de cette confiance. Parfois nous pouvons avoir tendance à faire confiance immédiatement après avoir pardonné, mais c’est une erreur. En réalité, la confiance s’acquiert avec plusieurs bonnes expériences successives, alors que le pardon se met en place différemment.

Le pardon n’est pas forcément synonyme de réconciliation. Car pour se réconcilier il faut que la confiance revienne. La confiance, ça se gagne, ça se construit. Réconciliation et pardon ne sont pas identiques. 

Le pardon ne change pas automatiquement l’autre. D’ailleurs, il ne faut pas pardonner en pensant que c’est cela qui va faire changer l’autre.

Le pardon n’est pas l’injustice

Un autre problème, c’est que le refus de pardonner et le ressentiment peuvent nous donner un sentiment de puissance. Chaque fois que nous refusons de pardonner, nous avons l’impression de rendre justice à celui qui nous a fait du tort. Mais en réalité c’est une forme d’emprisonnement émotionnel.

En réalité, le pardon ne vient pas éliminer la justice. Quand nous pardonnons, il faut abandonner notre désir de vengeance, mais le désir de justice, nous devons le conserver, sinon la guérison est impossible.

Par exemple, si on pardonne à un voleur, cela ne le dispensera pas de rendre le bien qu’il a volé. 

On avait déjà vu cela dans l’enseignement sur la loi du Talion, la réparation ce n’est pas de la vengeance. Donc le pardon c’est l’abandon de la vengeance, mais ce n’est pas l’abandon de la réparation.

La justice et la vengeance sont parfois difficiles à différencier. La justice est souvent rendue par un tiers, un juge ou une institution, alors que la vengeance est souvent personnelle. La motivation entre vengeance et justice est aussi différente. La justice s’applique dans des proportions justes (Oeil pour oeil). La vengeance par contre est souvent disproportionnée ou extrême. La justice aura de bons fruits, car elle permet de réparer une blessure et permet de tourner la page. La vengeance par contre ne répare pas, mais elle engendrera un cercle vicieux où la colère est constamment alimentée.

David a été pardonné par Yahweh pour son adultère, mais l’enfant de cette union illégitime a été repris par Yahweh. David avait en quelque sorte volé cet enfant à Urie, et donc Yahweh a repris ce que David avait gagné injustement.

Cette justice qui demeure avec le pardon, c’est ce qu’on appelle la loi du Talion dans la Torah. Malheureusement, dans le christianisme, cette loi est considérée à tort comme étant de la vengeance. En fait, le problème c’est qu’on confond la vengeance et l’application de la justice.

N’hésitez pas à aller voir cet enseignement très important sur la loi du Talion.

Encore une fois, le pardon n’est pas une annulation de la justice. Prenons l’exemple des disciples qui demandent à Yahweh de venger leur mort.

Apocalypse 6:9-10
9 Quand il ouvrit le cinquième sceau, je vis sous l’autel les âmes de ceux qui avaient été immolés à cause de la parole d’Elohim et à cause du témoignage qu’ils avaient rendu.
10 Ils crièrent d’une voix forte, en disant : Jusques à quand, Maître saint et véritable, tardes-tu à juger, et à tirer vengeance de notre sang sur les habitants de la terre ?

Ici on pourrait se dire que ces disciples veulent se venger de leurs assassins. Mais en réalité, ils ne veulent pas se faire une vengeance personnelle, non. Ils demandent que Yahweh juge les auteurs de ces crimes.

Dans ce passage de l’apocalypse de Yohanan, les disciples sont impatients que ceux qui les ont assassinés soient jugés et que Elohim tire vengeance d’eux. Cela veut dire que la soif de justice n’est pas du tout une mauvaise chose. Mais la justice doit venir de Yahweh et pas de nous même. 

Il y a un passage dans 2 Timothée qui montre cette fausse contradiction.

2 Timothée 4:14-16
14 Alexandre, le forgeron, m’a fait beaucoup de mal. Yahweh lui rendra selon ses œuvres.
15 Garde-toi aussi de lui, car il s’est fortement opposé à nos paroles.
16 Dans ma première défense, personne ne m’a assisté, mais tous m’ont abandonné. Que cela ne leur soit point imputé !

D’un côté, Shaoul souhaite que ceux qui lui ont fait du mal n’aient pas leur faute imputée, car il avait pardonné, cependant il sait que Yahweh rendra à Alexandre selon ce qu’il lui aura fait de mal, car Yahweh applique la justice.

Donc oui, on peut pardonner, mais quand même avoir soif que la justice divine s’applique pour ceux qui nous ont fait du mal. 

Péché impardonnable ?

Yeshoua nous dit que certains péchés ne peuvent pas être pardonnés.

Marc 3:28-29
28 Je vous le dis en vérité, tous les péchés seront pardonnés aux fils des hommes, et les blasphèmes qu’ils auront proférés;
29 mais quiconque blasphémera contre le Saint-Esprit n’obtiendra jamais de pardon: il est coupable d’un péché éternel.

C’est ce qu’on appelle le péché contre le Saint Esprit. Dans le cas de Bamidbar 14, il pourrait s’agir de ce péché là, car les hébreux avaient vu les plus grands prodiges de Yahweh, mais continuait à ne pas écouter Yahweh.

Bamidbar (Nombres) 14:22
Tous ceux qui ont vu ma gloire, et les prodiges que j’ai faits en Égypte et dans le désert, qui m’ont tenté déjà dix fois, et qui n’ont point écouté ma voix.

Nous ne sommes pas tous égaux en matière de pardon. Certaines personnes ont plus de mal à lâcher prise. D’autres personnes au contraire ont plus de facilité dans le pardon. Certains jugent très durement les autres et certains jugent avec beaucoup de clémence et de grâce. Le problème c’est que notre salut dépend de la façon dont nous jugeons les autres.

Nous serons jugés comme nous avons jugé

La parole de vérité dit que la façon dont nous jugeons les autres, sera la même que celle dont nous serons jugé.

Matityahu (Matthieu) 7:2
Car on vous jugera du jugement dont vous jugez, et l’on vous mesurera avec la mesure dont vous mesurez.

Quand je lis ce verset, je me dis que finalement Yahweh ne nous jugera pas selon lui-même. En fait, notre Père céleste étudie notre vie et nos œuvres et va se baser sur cela pour nous juger à son tour. Chacune de nos œuvres est inscrite dans des livres.

Apocalypse 20:12
Et je vis les morts, les grands et les petits, qui se tenaient devant le trône. Et les morts furent jugés selon leurs œuvres, d’après ce qui était écrit dans ces livres.

Ca peut paraître difficile à croire, mais cela revient à ce que notre jugement soit prononcé par nous même, d’une certaine façon. Pour nous faire comprendre cela, Yeshoua a donné la parabole du serviteur impitoyable dans Matityahu 18.

Matityahu (Matthieu) 18:23-35
23 C’est pourquoi, le royaume des cieux est semblable à un roi qui voulut faire rendre compte à ses serviteurs.
24 Quand il se mit à compter, on lui en amena un qui devait dix mille talents.
25 Comme il n’avait pas de quoi payer, son maître ordonna qu’il fût vendu, lui, sa femme, ses enfants, et tout ce qu’il avait, et que la dette fût acquittée.
26 Le serviteur, se jetant à terre, se prosterna devant lui, et dit: Maître, aie patience envers moi, et je te paierai tout.
27 Ému de compassion, le maître de ce serviteur le laissa aller, et lui remit la dette.
28 Après qu’il fut sorti, ce serviteur rencontra un de ses compagnons qui lui devait cent deniers. Il le saisit et l’étranglait, en disant: Paie ce que tu me dois.
29 Son compagnon, se jetant à terre, le suppliait, disant: Aie patience envers moi, et je te paierai.
30 Mais l’autre ne voulut pas, et il alla le jeter en prison, jusqu’à ce qu’il eût payé ce qu’il devait.
31 Ses compagnons, ayant vu ce qui était arrivé, furent profondément attristés, et ils allèrent raconter à leur maître tout ce qui s’était passé.
32 Alors le maître fit appeler ce serviteur, et lui dit: Méchant serviteur, je t’avais remis en entier ta dette, parce que tu m’en avais supplié;
33 ne devais-tu pas aussi avoir pitié de ton compagnon, comme j’ai eu pitié de toi?
34 Et son maître, irrité, le livra aux bourreaux, jusqu’à ce qu’il eût payé tout ce qu’il devait.
35 C’est ainsi que mon Père céleste vous traitera, si chacun de vous ne pardonne à son frère de tout son cœur.

Cette parabole nous dit que quand nous jugeons un frère, et bien c’est comme si nous nous jugions nous même. Yahweh agira avec la même attitude que celle dont nous avons usé envers nos frères.

C’est pour cette raison que quand nous rendons un jugement, nous devrions bien réfléchir aux conséquences sur notre propre salut et à notre propre jugement. Quand nous jugeons autrui, nous jouons avec notre propre vie d’une certaine façon. Juger les autres devrait donc nous terrifier.

Yahweh nous montre que nous sommes tous reliés par le même tissu social et que nos actions envers les autres auront des conséquences sur nous même. Dans la Torah, on ne peut donc pas dire qu’on se fiche des autres, car c’est comme si on disait qu’on se fiche de nous même. Il y a un tissu social commun qui nous connecte tous en matière de colère et de jugement divin. 

La position de juge en Israël ne doit donc pas être mise entre les mains de n’importe qui. La Torah demande des juges pour conduire le peuple dans la justice, nous avions déjà parlé de la nécessité des jugements dans la vidéo sur la parasha shoftim ainsi que celle sur le Beth Din. 

Malgré que les jugements soient très importants dans de nombreux cas, la miséricorde l’emporte généralement sur le jugement, car nous, humains, ne sommes pas toujours capables de la même impartialité que Yahweh : nous ne sommes pas toujours détachés. 

Un juge ne devrait pas juger une situation s’il y a un conflit d’intérêt, c’est-à-dire quand il se trouve face à deux intérêts divergents, souvent un intérêt personnel et un intérêt général. 

De plus, quand nous sommes pris dans des disputes avec nos frères, notre tendance humaine naturelle est d’ignorer nos propres défauts et faiblesses, et de nous concentrer sévèrement sur les leurs.

Comment réussir à pardonner ?

Maintenant que nous avons longuement parlé du pardon, cela pourrait sembler facile de passer à l’action. Cependant il est toujours difficile pour beaucoup d’entre nous d’arriver à pardonner.

Nous allons voir encore quelques astuces pour arriver à pardonner. Un des éléments importants pour y arriver, c’est de se reconnaître comme étant imparfait. Personnellement quand je suis dans la difficulté de pardonner à quelqu’un je vais prier. Et systématiquement Yahweh me montre mes propres fautes. Parfois nous pouvons croire que nous sommes largement mieux que les autres. Mais en réalité c’est toujours un mensonge.

1 Yohanan (Jean) 1:8-9
8 Si nous disons que nous n’avons pas de péché, nous nous séduisons nous-mêmes, et la vérité n’est point en nous.
9 Si nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous les pardonner, et pour nous purifier de toute iniquité.

Quand nous nous focalisons sur les fautes des autres, cela agit comme un écran qui nous rend aveugle à nos propres erreurs. C’est le problème le plus fréquent. C’est ce que Yeshoua a enseigné dans la parabole de la paille et de la poutre.

Matityahu (Matthieu) 7:3-5
3 Pourquoi vois-tu la paille qui est dans l’œil de ton frère et ne remarques-tu pas la poutre qui est dans ton œil ?
4 Ou comment peux-tu dire à ton frère : « Laisse-moi enlever la paille de ton œil », alors que toi, tu as une poutre dans le tien ?
5 Hypocrite, enlève d’abord la poutre de ton œil, et alors tu verras clair pour retirer la paille de l’œil de ton frère.

L’hypocrisie est un blocage énorme dans le pardon. Ce blocage c’est quand la fonction d’auto-analyse de nos propres défauts ne fonctionne plus correctement. Bien souvent, nous nous empressons de nier toute part de responsabilité dans le mal qui nous a frappés, mais même Job a tiré des leçons de ses épreuves, bien qu’au début il se soit cru parfaitement juste et que ses actions lui semblaient irréprochables.

Iyow (Job) 32:1-2
1 Les trois hommes cessèrent de répliquer à Iyow (Job), parce qu’il se considérait comme juste à ses (propres) yeux.
2 Alors la colère d’Élihou, fils de Berakel de bouzy, de la famille de Ram, s’irrita contre Iyow (Job) ; sa colère s’irrita de ce qu’il se regardait comme plus juste que Elohim.

Yahweh, pour nous enseigner quelque chose, utilise très souvent des épreuves douloureuses. Par contre, quand nous voyons quelqu’un dans l’épreuve nous pensons à tort que Yahweh ne l’aime pas. 

Yahweh ne prend aucun plaisir à la mort des méchants. La seule chose qui réjouit Yahweh est que les pécheurs se détournent de leurs voies et se tournent vers lui.

Yechezqe’l (Ézéchiel) 33:11
Dis-leur : je suis vivant ! Dit Adonaï Yahweh, ce que je désire, ce n’est pas que le méchant meure, c’est qu’il change de conduite et qu’il vive. Revenez, revenez de votre mauvaise voie; et pourquoi mourriez-vous, maison d’Israël ?

Luc 9:56
Car le Fils de l’homme n’est point venu faire périr les hommes, mais les sauver. 

Yahweh nous considère tous comme des enfants qui doivent traverser de nombreuses épreuves pour atteindre la maturité spirituelle. Si vous êtes parent, vous ne pourrez jamais vous réjouir si un de vos enfants s’égare sur le mauvais chemin, Yahweh est aussi affligé lorsqu’un de ses enfants s’égare. 

Luc 17:3-4
3 Prenez garde à vous-mêmes. Si ton frère a péché, reprends-le ; et, s’il se repent, pardonne-lui.
4 Et s’il a péché contre toi sept fois dans un jour et que sept fois il revienne à toi, disant : Je me repens, tu lui pardonneras.

Le désir de voir Yahweh se venger gratuitement et immédiatement en notre faveur est courant. L’important est de garder fermement à l’esprit que nous sommes nous-mêmes imparfaits et que nous dépendons quotidiennement de Yahweh pour le pardon de nos péchés. Sans ce pardon à chaque instant, nous ne pouvons espérer voir le royaume.

Besoin de comprendre

Un autre blocage au pardon, c’est notre volonté de vouloir comprendre les crimes. Parfois nous ne pardonnons pas, car on a besoin d’explications. Comment telle personne en arrive à vouloir la mort de son prochain? Pourquoi telle personne a cherché à tout prix à me nuire alors que je ne lui avais rien fait ? Souvent on ne veut pas pardonner, mais on cherche des excuses à l’autre en essayant de comprendre ces actes. 

Là encore il y a un “lâché prise” à effectuer. Ces questions de savoir “pourquoi” peuvent nous hanter jour et nuit. Les mécanismes qui amènent quelqu’un à détruire son prochain sont multiples. Cela peut être la jalousie, la convoitise, l’aveuglement, parfois c’est simplement la folie, et parfois c’est un démon qui est entré dans la personne. On peut parfois se focaliser à essayer de comprendre comment et pourquoi on nous a fait du mal. Ces questionnements peuvent faire obstacle au pardon. Il faut lâcher prise, il faut se dire : non je ne saurais jamais pourquoi telle personne m’a blessé et c’est comme ça. Il faut se faire une raison. C’est un peu comme si nous voulions trouver une excuse au fauteur, la raison que nous devons retenir, c’est que la nature de l’homme est fondamentalement mauvaise, il n’y a pas à chercher midi à 14h.

Donc quand nous pardonnons aux autres, nous ne leur donnons pas raison, pardonner quelqu’un c’est en fait reconnaître sa faute, c’est reconnaître qu’il a très mal agit selon sa chair.

Gérer sa colère

Un autre blocage du pardon c’est la gestion de la colère.

La colère peut être positive, car c’est un moyen de défense quand quelqu’un veut nous faire du mal. Mais elle peut être aussi destructrice si elle s’installe définitivement. La parole dit que notre colère doit être temporaire.

Ephésiens 4:26-27
26 Si vous vous mettez en colère, ne péchez point; que le soleil ne se couche pas sur votre colère,
27 et ne donnez pas accès au diable.

Cependant la colère peut être nourrie comme un feu. Quand nous sommes maltraités, il faut bien évidemment essayer de régler les problèmes selon Matthieu 18. On a déjà fait un enseignement sur ce sujet. Mais lorsque Matityahu 18 a échoué, alors nous devons faire le deuil de ce qui s’est produit, on doit faire le deuil de cette relation qui a mal tourné et avancer. Malgré tout, parfois nous pouvons repenser en boucle à chaque événement qui nous a blessé dans le passé. La colère se nourrit de nos pensées négatives. Cette personne m’a fait du mal, cette personne est injuste etc. … c’est comme si nous mettions des bûches dans la cheminée de notre colère. 

Je crois qu’il faut discerner entre deux types de colère. Il y a la colère légitime, celle qui est produite immédiatement par notre cerveau lorsque quelqu’un faute contre nous. Cette colère est salvatrice, c’est un moyen de défense du cerveau lorsqu’on est attaqué.

Le deuxième type de colère est celle que l’on nourrit et qu’on entretient. Certaines personnes vont aimer avoir des émotions de colère et ils vont nourrir cette colère parfois inconsciemment. C’est comme les personnes qui apprécient la musique remplie de colère comme le hard rock, le métal ou le rap. Les gens qui sont attirés par ces musiques aiment cultiver en eux ce sentiment de colère, car cela leur apporte un sentiment de réconfort face aux injustices dans leurs vies.

On dit souvent que « La colère est le châtiment que nous nous infligeons pour l’erreur de quelqu’un d’autre ».

Ca veut dire que la colère ne vient pas uniquement de façon spontanée après une offense, c’est nous qui pouvons l’entretenir et la nourrir à cause de notre attitude charnelle. Et cette colère peut grandir et bloquer complètement votre accès au pardon.

Donc l’impossibilité à pardonner peut venir d’une mauvaise gestion de la colère. La bonne gestion de nos émotions est un travail à faire sur nous même. Une mauvaise gestion de la colère peut provenir d’une mauvaise éducation des parents ou alors quand un enfant grandit dans un environnement où l’expression de la colère est quotidienne, sans parler de la musique qu’on écoute.

La colère peut aussi être une façon pour certains de dissimuler d’autres émotions comme la honte, la peur, l’impuissance ou la tristesse. Quoi qu’il en soit pour arriver à pardonner, il faudra régler en premier lieu ces troubles de gestion de la colère.

Ne pas croire au pardon

Pour finir j’aimerais parler des personnes qui n’arrivent pas à croire quand quelqu’un les pardonne. Dans ce cas de figure, on se retrouve dans la perspective de celui qui a causé du tort. Si nous avons lourdement fauté et que la personne nous pardonne, alors nous pouvons avoir des difficultés à croire qu’on a été pardonné. On peut croire qu’on ne mérite pas son pardon. Cela peut vouloir dire qu’on ne se pardonne pas nous même. Et bien, ce genre de situation peut aussi faire obstacle au pardon.

Dans l’histoire de Yosef, ses frères lui ont fait une très grave offense. Un péché qui a écarté Yosef de sa famille, il est devenu un esclave et il a tout perdu. Même quand Yosef a pardonné à ses frères, alors ceux-ci n’y l’ont pas vraiment pris au sérieux. Plus tard, après la mort de leur père, ils doutaient encore de la sincérité du pardon de Yosef.

Bereshit (Genèse) 50:15-21
15 Quand les frères de Yosef virent que leur père était mort, ils dirent: Si Yosef nous prenait en haine, et nous rendait tout le mal que nous lui avons fait !
16 Et ils firent dire à Yosef: Ton père a donné cet ordre avant de mourir:
17 Vous parlerez ainsi à Yosef: Oh ! Pardonne le crime de tes frères et leur péché, car ils t’ont fait du mal ! Pardonne maintenant le péché des serviteurs de l’Elohim de ton père ! Yosef pleura, en entendant ces paroles.
18 Ses frères vinrent eux-mêmes se prosterner devant lui, et ils dirent: Nous sommes tes serviteurs.
19 Yosef leur dit: Soyez sans crainte; car suis-je à la place de Elohim ?
20 Vous aviez médité de me faire du mal: Elohim l’a changé en bien, pour accomplir ce qui arrive aujourd’hui, pour sauver la vie à un peuple nombreux.
21 Soyez donc sans crainte; je vous entretiendrai, vous et vos enfants. Et il les consola, en parlant à leur cœur.

Il est possible que ses frères aient inventé cette histoire de pardon pour se protéger de la vengeance de Yosef. Mais Yosef leur a répondu : Suis-je à la place de Elohim ? A travers cela il confirme que nous n’avons pas à tirer vengeance par nous même, mais c’est Elohim qui fera cela à notre place.

Romains 12:19
Ne vous vengez point vous-mêmes, bien-aimés, mais laissez agir la colère; car il est écrit: A moi la vengeance, à moi la rétribution, dit Yahweh.

Donc je voulais ajouter ce passage de l’histoire de Yosef pour montrer que le blocage du pardon provient parfois de celui ou ceux à qui nous pardonnons.

De plus, cela montre que le pardon est quelque chose de spirituel, car les frères de Yosef n’avaient pas encore compris la dimension surnaturelle du pardon dont ils bénéficiaient.

Les bienfaits du pardon

Le pardon a plusieurs bienfaits dans notre corps, en effet il réduit le stress, il réduit le cortisol, la douleur et la pression artérielle. De plus, le pardon améliore le sommeil, renforce le système immunitaire et l’activité cérébrale. Ne jamais pardonner, peut donc nous causer des ennuis de santé sur le long terme.

Le pardon n’est donc pas seulement une vertu morale, c’est aussi un changement physiologique puissant.

Conclusion

Dans cet enseignement on a vu pas mal de choses pour arriver à pardonner. Tout d’abord, nous avons vu l’étape de la faute, qui va souvent bloquer notre cerveau dans un mode alarme, il faut donc débugger notre cerveau. Pour se faire nous devons passer par le processus d’aller voir son prochain pour que la colère ne nous hante pas définitivement.

Nous avons également vu les différents blocages au pardon, comme le fait de ne pas considérer nos propres fautes ou le fait de chercher à tout prix à comprendre le pourquoi du comment.

Mais je crois que ce qu’il faut retenir avant tout de cet enseignement, c’est que la bonne nouvelle de Yeshoua repose sur le pardon. Et si nous sommes sauvés par son pardon, alors nous devons pardonner à notre tour. Le refus de pardonner, c’est refuser la bonne nouvelle d’une certaine façon.

Matityahu (Matthieu) 6:14-15
14 Si vous pardonnez aux hommes leurs offenses, votre Père céleste vous pardonnera aussi;
15 mais si vous ne pardonnez pas aux hommes, votre Père ne vous pardonnera pas non plus vos offenses.

Notre salut dépend donc, en partie, de nos œuvres. Cela veut donc dire que la fausse doctrine qui dit une fois sauvé, toujours sauvé, est encore une fois explicitement fausse. Je vous laisse regarder l’enseignement sur cette doctrine de l’hyper grâce : 

 

 

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