Pourquoi lire la Torah (parasha) chaque shabbat ?
Aujourd’hui nous allons parler de la façon de lire et d’étudier les écritures. Quand on enseigne un nouveau converti sur la Bible, il y a des stratégies très différentes d’une religion à l’autre. Les catholiques, par exemple, commencent l’enseignement biblique des débutants avec le catéchisme. Dans le judaïsme par contre on commence l’enseignement biblique par le Talmud. Chez les protestants, les nouveaux doivent commencer par l’évangile, donc ils commencent par la fin du livre, sans vraiment comprendre ou savoir de ce qui s’est passé avant. Les nazaréens par contre, démarrent l’étude des écritures en commençant par le début du livre biblique. La façon nazaréenne peut sembler la plus cohérente, mais quand je dis à des chrétiens qu’il faut commencer la Bible en commençant par le début, ils sont loin d’être d’accord. Pourtant le nom de la genèse se dit Bereshit, ce qui veut dire “Au commencement”, si on suit la définition hébraïque. Difficile d’avoir une meilleure indication pour démarrer la Bible. Dans le judaïsme également, les nouveaux élèves n’étudient pas directement la Bible, ils commencent leur cursus par le Talmud.
Dans le judaïsme, si vous voulez lire un passage de la Bible, comme Esaïe par exemple, il faut d’abord aller voir son rabbin, on ne peut pas lire les écritures tout seul dans son coin. Pareil pour les catholiques, ce n’est pas interdit de lire la Bible, mais vous devez absolument commencer par le catéchisme avec un prêtre. C’est quand même hallucinant de se dire que les grandes religions comme le protestantisme, le catholicisme ou le judaïsme ne peuvent jamais lire la Torah directement et si jamais ils ont l’audace de le faire comme les protestants, ils doivent absolument commencer par la fin du bouquin pour ne surtout pas faire de connexions entre Torah et évangiles. Dans ces grandes religions mondaines, il semble qu’il faille être au préalable formatés par les pasteurs, par les prêtres ou par les rabbins avant de pouvoir accéder à la parole de Yahweh sans aucun filtre. On voit immédiatement qu’il y a quelque chose qui cloche. C’est comme si pour entrer dans les grandes religions, vous deviez d’abord passer une étape de vaccination pour se protéger contre les écritures. Mais est-ce que les écritures ne parlent-elles pas d’elles-mêmes ?

Est-ce que la Bible ne nous dit pas déjà par où nous devons commencer ? De plus, quand nous regardons la méthode utilisée par Yeshoua et ses disciples, nous voyons qu’ils commençaient par la Torah. Nous voyons cette méthode dans Actes 15.
Actes 15:21
En effet, depuis bien des générations, dans chaque ville des hommes prêchent la Torah de Moïse, puisqu’on la lit chaque shabbat dans les synagogues.
Du temps de Yeshoua, les jeunes convertis ne lisaient pas le Talmud, et ils ne lisaient pas le catéchisme non plus. Au lieu de cela, les nouveaux commençaient par le début du livre, que l’on appelle “Au commencement”, Bereshit en hébreu. Pourquoi ne faisons-nous plus comme Yeshoua et ses disciples aujourd’hui ? Pourquoi ne suivons-nous pas notre maître le Messie ? Alors justement pour restaurer la façon d’étudier de Yeshoua, nous allons aujourd’hui parler du système des lectures bibliques de nos frères de Juda qu’on appelle « la parasha de la semaine ». Ce système est similaire à celui de Yeshoua, mais il y a quand même quelques problèmes. Par exemple, nous allons essayer de comprendre pourquoi nos frères de Juda ont retiré le chapitre 53 d’Esaïe de leurs études hebdomadaires, sachant que Esaïe 53 parle comme par hasard du sacrifice de Yeshoua.
Mais avant de parler d’Esaïe 53, nous devons tout d’abord expliquer ce qu’est une parasha. Le mot parasha veut dire portion ou section. Il s’agit d’un morceau de la Torah qui était lu dans les synagogues durant le shabbat. Il semble que Yeshoua pratiquait cette lecture hebdomadaire.
Luc 4:16
Il se rendit à Nazareth, où il avait été élevé, et, selon son habitude, il entra dans la synagogue le jour du shabbat. Il se leva pour faire la lecture.
Au premier siècle Yeshoua et ses apôtres lisaient un morceau de la Torah et un morceau des prophètes, nous ne savons pas exactement comment était découpée la Torah en ce temps là. Il est certain qu’ils devaient suivre un plan de lecture hebdomadaire, car il est bien évidemment impossible de lire toutes les écritures en un seul shabbat, en tout cas pour un lecteur moyen. Après la mort et la résurrection de Yeshoua, les disciples ont continué à pratiquer cette lecture le jour du repos.
Actes 13:14-15
14 Pour eux (Shaoul et ces hommes), traversant le pays depuis Perge, ils vinrent à Antioche de Pisidie ; et étant entrés dans la synagogue, le jour du shabbat, ils s’assirent.
15 Et après la lecture de la Torah et des prophètes, les chefs de la synagogue leur envoyèrent dire : Hommes frères, si vous avez quelque parole d’exhortation à adresser au peuple, parlez.
Une question que beaucoup de personnes se posent c’est pourquoi les chrétiens ne se réunissent plus le samedi pour lire et étudier la Torah, alors que c’était l’habitude des premiers nazaréens et du Messie. En effet, nous avons vu les preuves historiques de cette transition, le culte a changé de jour pour passer du samedi au dimanche. On avait déjà étudié ce changement dans l’étude sur le calendrier des apôtres.
En plus de changer le jour du rassemblement hebdomadaire, le christianisme ne s’intéresse plus vraiment à l’étude et à la lecture de la Torah comme Yeshoua. Quand je discute de la doctrine avec des enseignants chrétiens, moi je vais citer des versets de la Torah et eux vont systématiquement me citer des versets incompris des lettres de Paul. La doctrine protestante repose quasiment uniquement sur l’étude bancale des lettres de l’apôtre Paul. Si nous voulons être des disciples, il convient de restaurer ce que notre maître Yeshoua faisait au premier siècle et de suivre son exemple. Si Yeshoua lisait et étudiait la Torah, et bien nous devrions en faire autant. Nos frères de Juda ont jugé bon de diviser la lecture de la Torah en 54 portions. Ils appellent ces portions des parashiot. Il faut dire une parasha quand c’est au singulier et des parashiot quand c’est au pluriel. Chaque parasha porte un nom particulier. Par exemple, la première s’appelle Bereshit, la deuxième s’appelle Noah, la troisième Lekh Lekha et ainsi de suite jusqu’à la fin du livre du deutéronome appelé Devarim.
Nos frères du Juda ne se sont pas compliqués la vie et le nom des parashiot, c’est simplement un des premiers mot du premier verset de la portion qui est lue. Par exemple, la parasha Yitro s’appelle Yitro parce que le premier mot de cette portion qui commence à Shemot 18:1
Shemot (Exode) 18:1
Yitro, sacrificateur de Madian, beau-père de Mosheh, apprit tout ce qu’Elohim avait fait en faveur de Mosheh et d’Israël, son peuple; il apprit que Yahweh avait fait sortir Israël d’Égypte.
Si vous venez du christianisme, vous avez l’habitude de dire les noms des cinq livres de la Torah à la française, donc Genèse, Exode, Lévitique, Nombres et Deutéronome. Malheureusement les noms français des cinq livres de la Torah ne rendent pas toujours justice au sens véritable de ces livres, d’autant plus qu’ils proviennent de la traduction en grec et pas du texte original en hébreu. Genèse aurait dû être traduit par “Au commencement” qui est le vrai sens de Bereshit en hébreux. Le 2nd livre de la Torah s’appelle Shemot, et il a été traduit du grec Exodos par Exode. Mais en réalité Shemot veut dire “Les noms” car le livre de Shemot commence par ce verset :
Shemot (Exode) 1:1
Voici les noms (Shemot) des fils d’Israël, venus en Égypte avec Yaakov et la famille de chacun d’eux.
Les traducteurs chrétiens ont appelé ce livre Exode, car un des sujets de ce livre est la sortie d’Egypte. Les croyants de Juda quant à eux ont simplement gardé les mots qu’ils voyaient sans essayer d’ajouter quelque chose. Nos frères de Juda ont de nombreux défauts, mais dans ce cas, je trouve qu’ils ont eu raison de ne pas avoir ajouté de titre aux livres de la Torah, car malheureusement l’homme a tendance à juger un livre à sa couverture. Donc les titres issus du christianisme sont déjà une interprétation, car c’est une traduction d’une traduction, il y a déjà une cassure nette avec les racines hébraïques de la Torah. La maison de Juda ne fonctionne pas comme la maison d’Ephraïm. Par exemple, nos frères de Juda ont appelé le troisième livre de la Torah “Vayikra”, ce qui veut dire “Il appela”, car Yahweh appelle Mosheh dans le premier verset.
Vayikra (Lévitique) 1:1
Yahweh appela (vayikra) Mosheh ; de la tente d’assignation.
Les chrétiens français ont traduit le Vayikra par Lévitique. Les chrétiens pensent en effet que ce livre contient des lois qui sont uniquement destinées à la tribu des lévites. D’autres chrétiens encore, pensent que les commandements du Lévitique ne concernent que les personnes juives. Ce titre “Lévitique” inventé par les traducteurs contribue au fait que les chrétiens restent hermétiques à la Torah, car les chrétiens ne se sentent nullement concernés par les commandements lévitiques. En réalité, dans ce livre du Vayikra, les lois que Yahweh donne, sont destinées à tout son peuple et pas seulement aux lévites. Donc appeler ce livre “Le Lévitique” est une erreur, car la Torah a été donnée pour tous les enfants d’Abraham. Les responsables chrétiens voient le Lévitique comme le livre d’un dictateur sévère qui ne laisse aucune liberté de vivre. Lisons quelques versets du Vayikra pour comprendre comment les responsables chrétiens n’ont pas compris le rôle des commandements de ce livre. Ce premier verset dit que les commandements permettent de trouver la vie.
Vayikra (Lévitique) 18:5
Gardez Mes lois et Mes ordonnances. L’homme qui les gardera y trouvera la vie. Je suis Yahweh.
D’ailleurs, Yeshoua confirmera que l’observation des commandements conduit à la vie.
Matityahu (Matthieu) 19:17
Si tu veux entrer dans la vie, observe les commandements.
Un autre verset du Vayikra révèle que ces lois permettent notre sanctification.
Vayikra (Lévitique) 20:8
Vous observerez mes lois, et vous les mettrez en pratique. Je suis Yahweh qui veut vous sanctifier.
Un autre encore dit que les lois permettent d’habiter en sécurité.
Vayikra (Lévitique) 25:18
Mettez mes lois en pratique, observez mes ordonnances et mettez-les en pratique; et vous habiterez en sécurité dans le pays.
Un autre verset encore, explique que de l’obéissance aux commandements découle les bénédictions de la terre.
Vayikra (Lévitique) 26:3-4
3 Si vous suivez mes lois, si vous gardez mes commandements et les mettez en pratique, 4 je vous enverrai des pluies en leur saison, la terre donnera ses produits, et les arbres des champs donneront leurs fruits.
Certains chrétiens se moquent du Lévitique en le montrant comme des lois dictatoriales, cela montre leur mépris pour ces ordonnances.
Vayikra (Lévitique) 26:43
Le pays sera abandonné par eux, et il jouira de ses shabbats pendant qu’il restera dévasté loin d’eux; et ils paieront la dette de leurs iniquités, parce qu’ils ont méprisé mes ordonnances et que leur âme a eu mes lois en horreur.
Dans ce passage, Yahweh nous dit qu’on ne doit pas avoir ses lois en horreur, car il y a des conséquences à cette attitude. L’attitude de considérer Yahweh comme un méchant dictateur est tellement en décalage avec l’attitude d’amour qu’avait David dans ses psaumes.
Psaume 119:47-48;127;151
47 Je fais mes délices de tes commandements. Je les aime.
48 Je lève mes mains vers tes commandements que j’aime, et je veux méditer tes statuts.
127 C’est pourquoi j’aime tes commandements, plus que l’or et que l’or fin;
151 Tu es proche, ô Yahweh ! et tous tes commandements sont la vérité.
On voit que le christianisme a une attitude très négative et rebelle par rapport au livre du Vayikra. Comme nous l’avons enseigné dans la dernière étude, beaucoup de chrétiens sont encore sous l’ancienne alliance, c’est-à-dire qu’ils n’ont pas encore reçu un cœur circoncis pour obéir aux lois de Yahweh. Continuons maintenant à parler des cinq livres de la Torah. Le quatrième livre de la Torah s’appelle Bamidbar en hébreux, ce qui signifie “Au désert”. Les chrétiens français ont traduit cela par Nombres. Nombres cela vient du fait que dans ce livre il y a un dénombrement du peuple de Yahweh. Après on s’étonne que les chrétiens ne lisent jamais la Torah, mais quand tu vois les titres qu’ils ont donné tu comprends pourquoi. Entre le Lévitique qui serait selon eux des instructions dictatoriales et Nombres qui parlerait uniquement de dénombrement long et ennuyeux, tu m’étonnes qu’ils ne lisent jamais la Torah. Encore une fois l’attitude chrétienne est complètement à l’opposé de ce qu’enseigne les véritables disciples comme le roi David.
Psaume 119:70;77
70 Leur cœur est insensible comme la graisse; moi, je fais mes délices de ta Torah (loi).
77 Que tes compassions viennent sur moi, pour que je vive ! Car ta (Torah) loi fait mes délices.
Le dernier livre de la Torah s’appelle le Devarim, qui signifie “Les paroles”.
Devarim (Deutéronome) 1:1
Voici les paroles (Devarim) que Mosheh adressa à tout Israël.
Les chrétiens français ont traduit cela par Deutéronome. Deutéronome vient du grec deuteros (deuxième) et nomos (loi). Il est appelé comme cela car Mosheh répète certaines instructions qu’il avait déjà données. Alors même si c’est vrai, le Devarim parle surtout de la nouvelle alliance, celle que Yeshoua est venu ratifier par son sang. On en avait déjà parlé dans la dernière vidéo.
Je trouve que la définition du deutéronome ne donne pas envie de lire ce livre, car cela donne l’impression que c’est une simple répétition du Lévitique, qui soit disant ne concernerait pas les chrétiens. De plus, quand nous demandons à des chrétiens par où commencer la Bible, ils te répondent tous et sans exception par les évangiles et certainement pas par la Genèse. Nous avons vu que Bereshit signifie “Au commencement”. Franchement on te met la Genèse à la première page du bouquin, on appelle ce livre “Au commencement” et après tu entends encore des chrétiens qui réussissent à s’arranger pour ne surtout pas commencer par le commencement. Il y a une pancarte avec des clignotants “Début du livre”, et ils sont encore capables d’ignorer ces indications claires et faciles à comprendre.
Le problème quand nous ne commençons pas la Bible par le commencement, c’est qu’on coupe les croyants de leurs racines. Ces racines, c’est ça qui portent les évangiles. Yeshoua n’apparaît pas de nulle part pour tout à coup sauver des non-juifs, ça n’a vraiment aucun sens. Le Livre du Bereshit parle du péché originel d’Adam et l’évangile parle de la grande réconciliation entre le Père et l’humanité et les chrétiens ne veulent pas commencer par le début ? Mais si nous retirons la Genèse, alors nous retirons la puissance de l’évangile. Si tu commences par l’évangile, alors tu ne comprends rien à la vue d’ensemble, la big picture comme disent les américains. La Torah ce sont les racines de l’arbre et la bonne nouvelle ce serait comme les feuilles de l’arbre. Le christianisme enseigne qu’il faut séparer les branches d’avec les racines et que tout ira bien. En vérité, si on coupe un arbre, les feuilles vont finir par mourir et sécher.
Nos frères de Juda ont découpé la Torah en utilisant des mots hébreux. Je crois qu’il est bon de connaître les racines hébraïques qui nous portent, plutôt que de les ignorer. Les responsables chrétiens n’avaient pas à renommer les livres de la Torah, car cela a conduit les croyants à ne quasiment jamais lire la Torah. Concrètement, ils ont jeté les racines pour ne garder que la partie aérienne. Beaucoup de croyants pensent que c’est les branches qui portent la racine, mais l’apôtre Shaoul dit que c’est bien les racines hébraïques qui nous portent.
Romains 11:18
Si tu te glorifies, sache que ce n’est pas toi qui portes la racine, mais que c’est la racine qui te porte.
Ça veut dire que sans la Torah, personne ne peut comprendre le message complet des évangiles. Donc voilà pourquoi nous devons revenir à la racine, à savoir la lecture de la Torah le jour du repos qui est le samedi. Pour résumer les parashiot, il y a donc 12 portions pour le premier livre du Bereshit, 11 portions pour le livre de Shemot, 10 portions pour le livre du Vayikra, 10 portions pour le livre du Bamidbar et 11 portions pour le livre du Devarim. La lecture de la Bible de manière fractionnée n’est pas une nouveauté ou une exclusivité du judaïsme, d’ailleurs les chrétiens utilisent cette méthode qu’ils appellent un plan de lecture.
Il existe des milliers de plans de lecture différents dans le christianisme, par exemple sur le site « topchrétien », vous avez la Bible en 1 an, la Bible chronologique, nouveau testament et psaumes ou alors la Bible en trois ans. Alors pourquoi suivre un plan de lecture plutôt qu’un autre ? Comme nous l’avons vu, les chrétiens enseignent de lire les évangiles aux débutants. Et bien nous les nazaréens nous affirmons qu’il faut commencer par la Torah. En effet, c’était le plan suivi par Yeshoua et ses apôtres pour former de nouveaux disciples.
Actes 15:21
En effet, depuis bien des générations, dans chaque ville des hommes prêchent la Torah de Moïse, puisqu’on la lit chaque shabbat dans les synagogues.
Actes 15 est un passage destiné aux nouveaux convertis qui n’étaient pas juifs, et les apôtres ont décidé qu’il fallait qu’ils apprennent la Torah de Moïse, et certainement pas de commencer par les évangiles. Pour plus d’explications sur Actes 15, vous pouvez suivre l’enseignement sur ce sujet. Nous les nazaréens nous voulons suivre le plan de lecture de Yeshoua et ses apôtres. Donc la lecture des évangiles ou des lettres des apôtres n’est pas notre priorité. Pour lire et comprendre les évangiles, il faut d’abord avoir une fondation doctrinale qui repose sur la Torah de Moïse. Personnellement, je conseille entre un an et trois ans d’étude de la Torah avant de lire tout seul les écrits apostoliques du premier siècle. La priorité de Yeshoua était d’aller à la synagogue le shabbat et de lire la Torah et les prophètes. Dans le christianisme, on fait tout l’inverse de Yeshoua et des apôtres, les chrétiens se basent malheureusement quasi uniquement sur les lettres de Paul et sur les évangiles sans être enraciné au préalable sur la parole et c’est pour cela qu’il y a autant de confusion et d’erreurs doctrinales chez les croyants. Par exemple, si vous dites à un chrétien de mettre en pratique le commandement du shabbat, il ne va pas chercher dans les racines de sa foi, il ne va pas chercher dans la Torah pour avoir confirmation, non il va lire des versets hors contexte des évangiles ou des versets hors contexte des lettres de Paul. Cela veut dire que les chrétiens ne sont pas fondés sur les écritures qui sont la Torah et les prophètes. La fondation des chrétiens n’est pas la même que celle de Yeshoua et des apôtres.
Les chrétiens ont inventé une nouvelle doctrine qui est le déracinement de la Torah pour y mettre une branche à la place. Yeshoua nous prévient et nous avertit de ne pas croire qu’il était venu pour retirer des commandements à la Torah.
Matityahu (Matthieu) 5:17;19
17 Ne croyez pas que je sois venu pour abolir la Torah ou les prophètes …
19 Celui donc qui supprimera l’un de ces plus petits commandements, et qui enseignera aux hommes à faire de même, sera appelé le plus petit dans le royaume des cieux;
Nous les nazaréens nous utilisons le plan de lecture de Yeshoua, à savoir la Torah et les prophètes. Et si nous faisons cela, et bien, c’est pour ne pas tomber dans ce piège de l’ennemi de mettre les écrits des apôtres à la tête de l’enseignement doctrinal, car les écrits apostoliques ne sont pas supérieurs à la Torah de Mosheh. Les chrétiens ont inversé le système des valeurs, c’est-à-dire qu’ils comprennent l’ancien testament à la lumière du nouveau.
Nous les nazaréens suivons une méthode diamétralement opposée aux chrétiens, nous nous entraînons d’abord sur la Torah et les prophètes pour comprendre les évangiles, les lettres ou les actes des apôtres. D’ailleurs, cette méthode est celle validée par le livre des Actes, en effet, l’annonce de l’évangile doit être validée par la Torah et les prophètes comme l’ont fait les nobles béréens.
Actes 17:10-11
10 Aussitôt les frères firent partir de nuit Shaoul (Paul) et Silas pour Bérée. Lorsqu’ils furent arrivés, ils entrèrent dans la synagogue des Juifs.
11 Ceux-ci étaient mieux élevés que ceux de Thessalonique ; ils accueillirent très volontiers la prédication de la Parole, et tous les jours ils étudiaient les Écritures pour y vérifier ce qu’on leur disait.
Les juifs de Bérée ont écouté l’annonce de la bonne nouvelle de Yeshoua en vérifiant dans la Torah et les prophètes pour voir si Shaoul et Silas ne leur racontaient pas d’âneries. C’est uniquement dans ce sens que nous devons construire notre foi, croire en Yeshoua avec pour base et pour racines : la Torah et les prophètes. Les véritables disciples de Yeshoua doivent donc lire les évangiles à la lumière de la Torah et des prophètes. Enfin bref tout ça pour dire que la façon chrétienne de comprendre les écritures et la façon nazaréenne sont complètement inversées. Les chrétiens se forment en lisant d’abord les évangiles et les Nazaréens, quant à eux, forment les disciples en commençant par la Torah comme l’ont toujours fait les disciples et les apôtres de Yeshoua. Concernant la lecture annuelle de la Torah, certains font un cycle de Torah tous les ans, d’autres groupes font le cycle de lecture en trois années. Un cycle triennal, cela permet de lire plus lentement la Torah, alors qu’un cycle annuel est parfois difficile à intégrer pour les nouveaux convertis, car la Torah est très très riche en enseignement.
Sur mon site internet, je propose un cycle annuel que vous pouvez suivre, si vous le désirez. Cela ne veut pas dire qu’on a le temps d’étudier toute la portion en un seul shabbat. Mais d’année en année, on peut insister sur différents passages des parashiot. Je suis toujours admiratif de voir comment Yahweh fait en sorte que des événements que nous vivons dans notre vie personnelle coïncident parfois avec l’enseignement de la portion hebdomadaire. La Torah est le plus beau livre de récits au monde. La Torah est philosophique, historique, poétique, elle nous parle d’absolument tous les éléments dont nous avons besoins pour vivre : elle parle du mariage, des enfants, de la famille, des relations sociales, du bonheur, du malheur, des alliances, des trahisons, de la nourriture, du travail, c’est le récit le plus riche qui soit dans la Bible.
Plus nous lisons ce livre, plus il nous révèle qui est Elohim et ce qu’Il attend de nous. Se passer de la Torah, ce serait comme si un homme se passait de sa colonne vertébrale. La Torah est ce qui structure notre existence et notre foi. Grâce à la Torah nous pouvons aussi connaître la fin dès le commencement, car Yahweh agit selon des schémas qui se répètent tout au long de l’histoire. Si vous connaissez le schéma établi au commencement, vous savez à quels schémas vous attendre lorsque vous étudiez les prophéties et les temps de la fin. Quand Eve est séduite par une fausse intelligence, nous comprenons comment l’IA va probablement séduire l’humanité à la fin des temps.
Les histoires de la Torah sont aussi un outil mnémotechnique précieux, car on retient plus facilement les récits et donc les enseignements. On dit souvent que la métaphore est la plus haute forme d’apprentissage, je suis assez d’accord. C’est pour cette raison que Yahweh a créé sa Torah sur le récit et la vie de personnes qui ont existé. De même, Yeshoua enseignait la Torah avec des paraboles ou des exemples concrets de la vie de tous les jours. En plus de diviser la Torah en sections hebdomadaires, nos frères de Juda ont également créé un ensemble de lectures complémentaires tirées des prophètes, appelé la Haftarah. Cependant, la Haftarah est généralement plus courte. En moyenne, elle ne comprend qu’un ou deux chapitres, voire parfois un demi-chapitre. Cela constitue donc un argument de poids pour continuer à lire les Écritures intégralement en même temps que les Parashiot. Car si notre connaissance des prophètes se limite aux lectures de la Haftarah, nous ne comprendrons que très peu de choses de leur message. Et si nous laissons les rabbins orthodoxes choisir les passages des Prophètes que nous devons entendre durant le Shabbat, nous les laissons en réalité dicter notre foi, car nous leur laissons orienter notre attention, ce qui peut influencer notre interprétation des Écritures. Je pense que ce qui bloque l’évangélisation du peuple juif, c’est en partie, car les étudiants sont très manipulables par leurs rabbins et donc cela bloque certaines révélations bibliques. Comme nous l’avons dit, dans le judaïsme il n’y a plus la lecture d’Esaïe 53 durant le shabbat. Nous le savons, car il y a le témoignage de l’historien juif du 17e siècle Raphaël Lévi. Cet historien prétend que les rabbins auraient cessé de lire ce chapitre « à cause des controverses et de la confusion » qu’il provoquait, notamment chez les fidèles tentés de reconnaître dans ce texte une annonce claire du Messie souffrant. C’est pourquoi, dans le calendrier rabbinique des parashiot, la lecture de la Haftarah de la paracha Shoftim s’arrête à Esaïe 52:12 (c-à-d en plein milieu du chapitre). La paracha de la semaine suivante est Ki Tetze, et la Haftarah de Ki Tetze commence au chapitre 54, verset 1 d’Esaïe, omettant toute la seconde moitié du chapitre 52 et l’intégralité du chapitre 53.
Si Esaïe 53 a été retiré de la Haftarah, c’est parce qu’il y a des liens avec Yeshoua. Voyons quelques-uns de ces liens.
Yeshayah (Esaïe) 53:9
On a mis son sépulcre parmi les méchants, son tombeau avec le riche, quoiqu’il n’eût point commis de violence, et qu’il n’y eût point de fraude dans sa bouche.
Dans les évangiles, nous voyons que Yeshoua a été mis à mort entre deux véritables malfaiteurs et il a été mis dans le tombeau d’une personne riche, alors qu’il n’était ni riche, ni malfaiteur. Esaïe 53 parle aussi de notre salut par le sacrifice de Yeshoua.
Yeshayah (Esaïe) 53:5
Mais il était blessé pour nos péchés, brisé pour nos iniquités; Le châtiment qui nous donne la paix est tombé sur lui, et c’est par ses meurtrissures que nous sommes guéris.
Ce verset 5 est une annonce du salut en Yeshoua, que va confirmer l’apôtre Kepha :
1 Kepha (Pierre) 2:24
Lui qui a porté lui-même nos péchés en son corps sur le bois, afin que morts aux péchés nous vivions pour la justice; lui par les meurtrissures duquel vous avez été guéris.
Kepha reprend mot pour mot le verset 5 d’Esaïe 53. Les rabbins juifs considère Esaïe 53 comme un danger et ils ont raison, car ce passage peut servir à la conversion comme ça a été le cas dans le livre des Actes :
Actes 8:31-35
31 Mais il répondit : Comment le pourrais-je, si quelqu’un ne me guide ? Et il pria Philippe de monter et de s’asseoir auprès de lui. 32 Or le passage de l’Écriture qu’il lisait était celui-ci : Comme une brebis, il a été mené à la tuerie, et comme un agneau muet devant celui qui le tond, ainsi il n’ouvre pas la bouche. 33 Dans l’humiliation, son jugement a été levé. Qui racontera sa génération ? Car sa vie est ôtée de la terre. 34 Et l’eunuque prenant la parole dit à Philippe : Je te prie, de qui le prophète dit-il cela ? De lui-même ou de quelque autre ? 35 Et Philippe ouvrant la bouche, et commençant par ce passage de l’Écriture, lui annonça la bonne nouvelle de Yeshoua.
Cet eunuque a été converti au Messie Yeshoua grâce au verset 7 à 8 d’Esaïe 53. Donc oui, on comprend que les rabbins aient dû supprimer la lecture de ce passage, car cela provoquait des conversions à la bonne nouvelle de Yeshoua. Dernièrement, il y a eu une polémique sur la plateforme Netflix. Un article de la tribune chrétienne nous explique.
Une nouvelle polémique autour de la religion secoue Netflix depuis le 18 avril. Le site américain The Christian Post a publié un article rapportant que des internautes ont constaté la disparition du passage d’Isaïe 53 au début du film La Passion du Christ de Mel Gibson, dans une version actuellement disponible sur la plateforme de streaming. Dans sa version originale sortie en 2004, le long-métrage s’ouvre sur une citation du prophète Isaïe : « Il a été transpercé à cause de nos transgressions, écrasé à cause de nos fautes ; le châtiment qui nous donne la paix est tombé sur lui, et c’est par ses blessures que nous sommes guéris. » (Isaïe 53,5). Ce passage, considéré comme une prophétie directe de la Passion du Christ, est emblématique de l’Ancien Testament. Mais dans une séquence partagée sur les réseaux sociaux, cette citation aurait disparu au profit d’un écran noir de 13 secondes, sans musique ni indication de contexte. (source https://tribunechretienne.com)
Donc ce passage d’Esaïe 53 est vraiment problématique pour les rabbins orthodoxes, mais également pour des acteurs du divertissement mondain comme Netflix. Apparemment, Netflix est une plateforme très anti-biblique d’après ce que rapporte la tribune chrétienne :
Ce n’est pas la première fois que Netflix est accusée d’atteinte au respect du message chrétien. En 2019, la plateforme avait été vivement critiquée pour la diffusion d’un épisode de comédie brésilienne présentant Jésus comme homosexuel. En 2020, la série Messiah avait soulevé des inquiétudes théologiques en mettant en scène un faux messie contemporain accomplissant des miracles. Plus récemment, en décembre 2024, le film d’animation de Noël That Christmas avait choqué par une scène où la Vierge Marie chantait sur le thème du choix d’une grossesse, sur fond musical de Madonna.
C’est vrai qu’il faut faire attention à ce que nous regardons et à qui nous donnons notre argent. Est-ce que nous devons payer un abonnement pour soutenir Netflix qui répand des blasphèmes, ou devons-nous au contraire soutenir nos responsables spirituels par des offrandes ? Si vous êtes abonné à Netflix, ces informations devraient vous scandaliser et vous faire réfléchir. Que celui qui a des oreilles pour entendre, entende. Enfin voilà pour cette histoire d’Esaïe 53. Mais ce qu’il faut retenir de cet enseignement, c’est qu’il y a deux types d’écueil où nous ne devons pas chuter. Le premier piège c’est de construire sa foi uniquement sur la lecture des évangiles comme le font les chrétiens. Ils ont aboli le shabbat et la lecture de la Torah. Le deuxième écueil est celui des judaïsants. Les judaïsants lisent les passages des prophètes qui les arrangent et ils ne veulent absolument pas qu’on fasse des connexions entre le Tanakh et les écrits des apôtres.
Dans les synagogues nazaréennes, on pratique également la lecture hebdomadaire des évangiles et des écrits apostoliques. Cependant, il ne s’agit généralement que de quelques versets ou parfois un chapitre entier. Notre lecture des évangiles ne doit évidemment pas se limiter aux lectures proposées durant le shabbat. Une lecture durant la semaine est tout à fait souhaitable en parallèle pour des disciples ayant déjà une bonne maîtrise et une solide connaissance de la Torah.
Et d’ailleurs, un disciple sérieux se doit de lire la Bible de la première à la dernière page, car il y a de nombreux livres qui ne sont pas lus complètement durant la parasha. Donc attention, les portions de la parasha ne nous dispense absolument pas de lire l’entièreté des écritures. Mais nous devons nous focaliser et nous fonder sur la Torah, car c’est le fondement n°1 de Yeshoua et des apôtres. D’ailleurs, le chapitre 15 des Actes des Apôtres nous enseigne que les nouveaux croyants doivent se rendre à la synagogue le jour du shabbat pour entendre la lecture de la Torah de Moïse, comme c’est le cas dans toutes les villes depuis l’Antiquité.
Actes 15:21
En effet, depuis bien des générations, dans chaque ville des hommes prêchent la Torah de Moïse, puisqu’on la lit chaque shabbat dans les synagogues.
L’apôtre Yaakov n’a pas dit que les nouveaux convertis devaient commencer par les évangiles ou les lettres de Paul. Au contraire, l’apôtre Kepha enseigne qu’il est dangereux de lire les lettres de Shaoul, et tout spécialement si vous êtes peu affermi dans la Torah.
2 Kepha (Pierre) 3:16-17
16 C’est ce qu’il fait dans toutes les lettres, où il parle de ces choses, dans lesquelles il y a des points difficiles à comprendre, dont les personnes ignorantes et mal affermies tordent le sens, comme celui des autres Écritures, pour leur propre ruine.
17 Vous donc, bien-aimés, qui êtes avertis, mettez-vous sur vos gardes, de peur qu’entraînés par l’égarement des impies (Sans Torah), vous ne veniez à déchoir de votre fermeté.
Kepha explique que les nouveaux convertis ne doivent surtout pas lire les lettres de Shaoul, car ces lettres sont destinées à des disciples ayant une solide connaissance dans la Torah. Donc si vous dirigez une assemblée physique ou virtuelle, je vous conseille de ne pas étudier les évangiles ou les actes des apôtres avant la deuxième ou troisième année d’étude de la Torah, car cela peut provoquer de violentes confusions et des divisions. Je pense que deux ou trois cycles de parashiot sont nécessaires pour être solidement ancré dans la Torah.
Aujourd’hui, il n’y a pas de synagogue physique nazaréenne et c’est bien dommage. Cependant, nous pouvons faire de notre mieux pour nous réunir en famille dans nos maisons en attendant que Yahweh augmente notre nombre au point de pouvoir former des communautés physiques.
Dans le judaïsme, si votre famille est isolée, sans autres familles, vous pouvez organiser un office religieux à domicile. Lorsque je fais le culte à la maison avec mes enfants, nous suivons le petit siddour que nos frères de la branche espagnol m’ont conseillé. Nous avons un temps de prière, un temps de louange, puis nous lisons la parasha. En fonction de l’inspiration je rajoute un morceau des évangiles ou tout autre passage en rapport. J’utilise aussi un tableau blanc pour aider à l’enseignement des enfants et ma femme et moi nous leur posons des questions pour voir s’ils ont bien écouté et aussi pour les faire réflechir. Shaoul nous enseigne que la fondation d’une synagogue doit être calquée sur l’organisation d’une famille nazaréenne.
1 Timothée 3:4-5
4 Il faut qu’il dirige bien sa propre maison, et qu’il tienne ses enfants dans la soumission et dans une parfaite honnêteté;
5 car si quelqu’un ne sait pas diriger sa propre maison, comment prendra-t-il soin de l’assemblée d’Elohim ?
A l’époque de Yeshoua, les fidèles convertis se réunissaient dans chaque ville à la synagogue la plus proche. Mais aujourd’hui, les synagogues sont souvent inexistantes dans les lieux que nous habitons et beaucoup se rassemblent en ligne. Une question que je me suis posée dernièrement, c’est :
Est-ce que les synagogues virtuelles sont une bonne chose ?
Il est vrai qu’il existe de nombreuses réunions de shabbat virtuelles sur zoom ou d’autres plateformes comme whatsapp, telegram etc … Si les réseaux sociaux avaient existé à l’époque de Yeshoua, est-ce que le Messie aurait participé à une réunion zoom ? Pour ma part, j’ai participé à des réunions de shabbat virtuelles et durant quelques années j’ai aussi participé à des réunions physiques. Avec cette expérience, je peux confirmer qu’une réunion virtuelle ne rassasie pas autant qu’une réunion dans le monde physique. Comme j’en ai parlé dans l’étude sur l’IA, les engagements liés à la technologie nous promettent un monde meilleur. On avait vu que la promesse des réseaux sociaux c’était qu’on ne se sentirait plus jamais seul et paradoxalement aujourd’hui on se rend compte que les réseaux sociaux provoquent au contraire un isolement, les gens ne se sont jamais senti aussi seul. C’est un paradoxe qu’il faut vraiment comprendre.
En faisant des recherches, j’ai pu lire des articles scientifiques qui expliquent les différences entre les relations virtuelles et les relations réelles. Je me suis rendu compte que c’est de plus en plus documenté. J’ai appris que les relations fonctionnaient avec plusieurs hormones, notamment la dopamine et l’ocytocine. Les interactions sur zoom ou sur des applications comme telegram ou whatsapp produisent surtout dans notre corps une libération de dopamine et très peu d’ocytocine. La dopamine provoque un plaisir immédiat et peut créer une dépendance, mais la dopamine ne nourrit pas le besoin profond de sécurité émotionnelle, laissant un vide une fois que nos écrans s’éteignent
Les relations fraternelles physiques fonctionne avec une autre hormone qui s’appelle l’ocytocine. L’ocytocine est l’hormone de l’attachement. Elle est libérée en grande quantité lors de contacts physiques, ou lors d’un regard direct ou alors quand il y a une écoute bienveillante en face à face. Il n’y a peu de production d’ocytocine dans le cas de réunions virtuelles.

Et c’est ce que j’ai pu expérimenté durant quelques mois quand j’ai participé à des réunions virtuelles. Au moment de la réunion, je me sentais vraiment très bien et puis une fois que la réunion était finie, je me sentais encore plus mal qu’au début de la réunion. Quand cela m’arrivait, je me demandais si je n’avais pas un problème. Durant cette période de relation à distance, je me rappelle aussi que j’avais toujours mon téléphone dans ma poche pour vérifier si personne ne m’avait écrit un message. Tous les signes dont je vous parle sont les signes d’une dépendance à la dopamine et surtout une absence d’ocytocine. Pour faire simple, l’ocytocine réduit le stress dans le cas d’échanges sociaux réels, par contraste la dopamine lors de contacts virtuels augmente le stress, l’anxiété et l’isolement. Dans le cas des relations physiques, les personnes ne viennent pas sonner chez vous 50 fois par jour, mais dans le cas des réseaux sociaux, vous êtes constamment dérangé par des dizaines de messages. Aujourd’hui encore on me demande très souvent mon compte whatsapp pour m’écrire 50 questions par jour et à chaque fois je refuse de communiquer de cette façon, car je ne veux pas être sollicité H24, au risque de devenir dépendant à la dopamine. Ce que j’ai pu remarquer lors de rencontres avec des frères en contact réel, c’est que je me sentais mieux pendant et après. Ce plaisir de la communion fraternelle durait pendant plusieurs heures et même plusieurs jours. J’ai pu constater que les effets de l’ocytocine sont bénéfiques pour détruire le sentiment d’isolement, alors que la dopamine est désastreuse et renforce notre anxiété et notre isolement. Les scientifiques comparent les effets des relations virtuelles à un repas composé de sucre rapide. Manger sucré va donner un plaisir immédiat avec un pic glycémique, mais au bout de quelques minutes, on aura encore faim et après le pic glycémique, on se sent mal et fatigué. Au contraire, une réunion fraternelle physique est comparable à un repas composé de féculents, de graisses et de protéines, cela donne un sentiment de satiété qui dure plusieurs heures et nous donne un bien être profond. Donc les réunions de shabbat virtuelles nous donnent l’impression de nous apporter un grand bonheur, mais après ce pic de dopamine, cela provoque parfois plus d’anxiété et notre solitude se renforce davantage. Un autre désavantage des réunions virtuelles que j’ai pu remarquer, c’est que les gens ne se comportent pas de la même façon. En face de vous, les personnes ne se permettent pas de dire ou faire certaines choses. De plus, j’ai observé que certains comportements toxiques apparaissaient en ligne, alors qu’en réunion physique, ces comportements disparaissaient ou étaient inexistants.
Un autre problème des réunions en ligne, c’est qu’un responsable ne peut pas vérifier les progrès des disciples vis-à-vis des commandements de la Torah. Parfois des gens sont enseignés virtuellement et disent « amen amen » à vos enseignements, mais si un jour vous allez dans leur maison et bien vous réalisez qu’ils n’obéissent à quasiment aucun commandement que vous avez prêché. L’objectif premier de la lecture de la Torah, c’est qu’on arrive à obéir aux commandements. Or à distance nous ne pouvons pas toujours constater les progrès des disciples. Il n’y a pas de contrôle qualité, si j’ose dire. Dans la revue médicale suisse, j’ai pu lire les effets de l’ocytocine chez l’homme :
Chez l’homme, on a mis en évidence un effet de l’ocytocine sur la confiance, l’empathie, la générosité, la sexualité, le lien conjugal et social et la réactivité aux stress.
(source www.revmed.ch)
Quand nous avons une vie uniquement avec des relations fraternelles virtuelles, nous n’avons que très peu de production d’ocytocine, et donc nous ne pouvons plus bénéficier de tous ces effets à savoir : nous n’aurons pas confiance envers les autres, nous aurons moins d’empathie, nous aurons moins de générosité et nous serons plus souvent dans le stress. Tous ces symptômes sont problématiques, si on veut construire une assemblée basée sur la confiance, l’empathie, la générosité et une ambiance de paix. Il semblerait que biologiquement parlant, nous ne soyons pas conçus pour vivre nos relations à distance, car cela renverse l’équilibre de notre système hormonal. J’ai pu voir ces symptômes de manque d’ocytocine quand je participais à des réunions virtuelles, j’ai pu observer des personnes qui doutaient des autres et qui n’avaient plus confiance, et j’ai pu voir des comportements dénués de toute empathie. J’ai également vu des personnes stressées, donc tous les signes d’un manque d’ocytocine. Durant mes recherches sur l’ocytocine, j’ai pu lire que certaines personnes n’ont pas la même sensibilité à cette hormone. Dans la revue médicale suisse, j’ai pu lire ceci :
Des taux abaissés d’ocytocine ont été mesurés chez les autistes, ce qui pourrait être dû à des anomalies de la synthèse de cette hormone à partir de ses précurseurs. La prise d’ocytocine, chez quinze adultes ayant un autisme ou un syndrome d’Asperger, a montré une amélioration dans la compréhension de la teneur émotionnelle d’un message (joyeux, indifférent ou exprimant la colère).
(source www.revmed.ch)
Les personnes atteintes du syndrome d’Asperger ont un fonctionnement cérébral et hormonal différent, ils ne produisent pas assez d’ocytocine. De plus, leur cerveau a aussi des récepteurs qui sont parfois déficients. C’est-à-dire que même s’ils produisent de l’ocytocine, leurs récepteurs à cette hormone ne fonctionnent pas et donc ils ne reçoivent pas les effets positifs. C’est pourquoi les Aspergers ont souvent des difficultés à établir des liens sociaux. Cependant, quand ils communiquent virtuellement ou physiquement, ils ne voient pas la différence, car ils sont peu sensibles à l’ocytocine des relations physiques. En général, les Aspergers préfèrent les relations virtuelles, alors que les personnes normales auront la nécessité biologique d’avoir des relations dans le monde physique pour bénéficier de l’ocytocine. D’ailleurs, ce n’est pas un hasard si les grands acteurs des réseaux sociaux sont quasiment tous des autistes de type asperger. Le directeur de Facebook, Mark Zuckerberg souffrirait d’un trouble d’asperger.
En 2013, Mark Zuckerberg, le fondateur de Facebook (aujourd’hui Meta), a révélé publiquement qu’il souffrait d’une forme légère d’autisme, anciennement connue sous le nom de syndrome d’Asperger.
D’après les informations que j’ai lu sur le site « aspergerquebec.com » : Bill Gates, le fondateur de Microsoft ou Steve Jobs seraient des asperger. Il y a aussi Elon Musk qui a déclaré être asperger dans une interview. Il faut comprendre que des personnes comme Jobs, Gates ou Zuckerberg sont les piliers de notre monde numérique et virtuel. Comme nous l’avons vu, les asperger ont une déficience liée à l’ocytocine, l’hormone de l’attachement et du lien social. La déficience des aspergers fait que sans ocytocine, il ne souffre pas dans le monde virtuel. Alors qu’au contraire des personnes normales souffrent des relations virtuelles à cause d’un manque d’ocytocine qui n’est véritablement disponible que lors d’échanges physiques.
Il est donc logique que les aspergers soient plus orientés vers le virtuel que vers le matériel, car ils sont moins sensibles au manque d’ocytocine, car habitués depuis leur naissance. Finalement, l’explosion de la solitude et de l’isolement depuis que les réseaux sociaux existent pourrait être la résultante du fait que la technologie est plutôt adaptée à des personnes souffrant d’autisme de type Asperger. Donc attention aux relations virtuelles, car nous ne sommes pas tous capable de les supporter. Les aspergers, eux, vivent depuis leur naissance avec un manque d’ocytocine chronique et sont donc capables de survivre au travers des relations virtuelles pauvres en ocytocine, mais ce n’est pas le cas de la majorité de la population. Donc je comprends que de très nombreuses personnes se réunissent en ligne, mais j’ai pu constater que cette forme de réunion ne donne pas de bons fruits sur le long terme. Les relations virtuelles devraient rester temporaires ou alors exceptionnelles, en tout cas je ne les encourage pas à titre personnel.
Une grande majorité de croyants a plongé dans les réunions virtuelles en 2020 à cause de la crise du covid, moi y-compris, cela devait rester temporaire mais finalement aujourd’hui c’est devenu la norme de beaucoup de croyants. Le Covid a quasiment criminalisé les rapports sociaux physiques, certains croyants n’ont connu la foi en Yeshoua qu’au travers des réunions virtuelles. Mais nous devons rappeler que le progrès technologique n’est pas toujours bon pour nous. La technologie semble résoudre des problèmes, mais elle crée parfois d’autres problèmes à la place.
Désolé pour ce long aparté sur la technologie et les réunions de shabbat. Nous sommes ici pour restaurer les réunions de shabbat de Yeshoua et les parashiot sont une clef importante. Mais les réunions physiques sont aussi un aspect très important du premier siècle. Avec les réseaux sociaux, on s’est beaucoup écarté du type de réunion qu’on faisait du temps de Yeshoua. Donc pour répondre à la question, non je ne pense pas que Yeshoua aurait choisi les réunions virtuelles pour lire la Torah et les prophètes, parce que notre créateur sait qu’on a besoin d’ocytocine pour être heureux sur le long terme. De plus, nous ne devrions pas laisser les personnes souffrant d’asperger nous guider dans l’utilisation des technologies modernes, que se soit l’IA ou les réseaux sociaux, ce n’est pas à ceux qui sont malades de dire comment les gens en bonne santé devraient agir.
Conclusion
Donc pour conclure cette étude, je rappellerais de ne pas tomber dans les deux pièges en ce qui concerne la lecture de la parole. Le premier piège c’est de se contenter uniquement des écrits des apôtres et des évangiles. Ca c’est le piège du christianisme anti-Torah. Le second piège c’est de retirer des chapitres des prophètes comme Esaïe 53 pour couper la connexion entre Esaïe et la bonne nouvelle de Yeshoua. Troisièmement, nous devons aussi faire attention aux réunions de shabbat virtuelles qui ont des conséquences négatives sur nos relations fraternelles à long terme.