Pourquoi nous ne nous appelons pas « Rabbin » ?
Aujourd’hui nous continuons la série d’études sur la gestion d’une synagogue. Si vous n’avez pas vu les épisodes précédentsm je vous conseille de les regarder avant d’étudier la suite, car sinon vous ne comprendrez pas pourquoi nous devons nous réunir dans des synagogues et pas dans des églises.
D’ailleurs, puisque les disciples de Yeshoua doivent se réunir dans des synagogues, certaines personnes se demandent si nous avons des rabbins comme dans les synagogues du judaïsme. Si nous devons donner une réponse simple, il faut simplement dire que nous n’avons qu’un seul rabbin et c’est Yeshoua.
Matityahu (Matthieu) 23:8
Mais vous, ne vous faites pas appeler Rabbi; car un seul est votre Maître (Yeshoua), et vous êtes tous frères.
Donc non, il n’y a pas de rabbin dans les synagogues nazaréennes.
Bon, ça c’est la réponse rapide, mais malgré que je donne parfois ce verset, il y a encore certaines personnes qui continuent de donner ce titre de rabbi aux dirigeants.
Je vais donc essayer de faire une réponse plus détaillée.
Origine du mot « Rabbi »
Dans un premier temps nous devons expliquer d’où provient le terme rabbi.
Le terme hébreu rab ou rav (רב) signifie beaucoup ou grand.
Lorsque le mot Rav est employé pour désigner des personnes, il fait référence à un homme important, un capitaine ou un chef.
Lorsqu’on ajoute un yod (י) à la fin du mot rab, on obtient le possessif rabbi (רבי), qui signifie littéralement mon grand ou mon maître. Ainsi, si vous appelez quelqu’un rabbi, vous l’appelez littéralement “mon grand” ou “mon maître”.
Ensuite le terme rabbi qui est hébreu a été traduit par le terme rabbin en français. Aujourd’hui le terme rabbin désigne un savant, un juge, un enseignant ou le chef spirituel d’une communauté, notamment dans le judaïsme.
Yeshoua notre seul Rabbi
Yeshoua est appelé Rabbi à plusieurs reprises dans les Écritures, et il est juste de l’appeler ainsi, car il est véritablement notre supérieur.
Marc 11:21
Kepha (Pierre), se rappelant ce qui s’était passé, dit à Yeshoua : Rabbi, regarde, le figuier que tu as maudit a séché.
Même si Yeshoua se faisait appeler Rabbi, il nous demande de ne pas le faire pour nous-même. Quand Yeshoua nous demande de ne pas nous appeler Rabbi, il ne veut pas dire qu’il ne doit pas avoir de responsable en Israël, mais il dit que nous les responsables, il ne faut pas qu’on se fasse appeler maître, Rabbi ou Père.
Yeshoua dit que les scribes et les pharisiens aimaient se faire appeler rabbi, car ils s’élevaient au-dessus du peuple. Or, nous ne devons jamais nous appeler rabbin, parce que porter ce titre nous entraîne à considérer le titre, plutôt que la fonction.
Matityahu (Matthieu) 23:6-12
6 Ils [Les scribes et les pharisiens] aiment les premiers sièges dans les festins, les premiers rangs dans les synagogues,
7 les salutations sur les places publiques, et qu’on les appelle : “Rabbi, Rabbi !”
8 Mais vous, ne vous faites pas appeler “Rabbi”, car vous n’avez qu’un seul Maître, le Messie, et vous êtes tous frères.
9 N’appelez personne sur la terre votre père, car vous n’avez qu’un seul Père, celui qui est dans les cieux.
10 Ne vous faites pas non plus appeler maîtres, car vous n’avez qu’un seul Maître, le Messie.
11 Le plus grand parmi vous sera votre serviteur.
12 Qui s’élève sera abaissé, et qui s’abaisse sera élevé.
Ici Yeshoua veut marquer une rupture nette entre le sacerdoce des rabbins et son propre sacerdoce, celui de Melchisédek. Yeshoua dit : “Mais vous, ne vous faites pas appeler “Rabbi” contrairement à eux, n’ayez pas cette attitude de vous élever au-dessus des autres”. Yeshoua veut montrer la distinction entre l’élection divine et l’auto-élection des hommes par des titres.
Obéissance à la Torah
Est-ce qu’être appelé Rabbi est un interdit de la Torah ? Je n’ai pas vu de commandement qui interdisait cela.
Souvent, quand nous obéissons aux commandements de la Torah, nous pensons peut-être que nous faisons tout ce que Yahweh désire. Cependant, même quand quelqu’un obéit aux commandements, il ne plaira pas forcément à Yahweh. Dans Matthieu 23, Yeshoua fait une grosse remontrance envers les scribes et les pharisiens, car même s’ils semblaient obéir à la Torah, Yeshoua voulait exposer leur cœur mauvais et leur hypocrisie. Si quelqu’un obéit aux commandements, mais garde un cœur mauvais, alors Yahweh n’aura aucun plaisir quand il pratiquera ses commandements. Cela nous explique de nombreux passages prophétisés par l’Esprit de Yahweh :
Amos 5:21-22
21 Je hais, je méprise vos fêtes, je ne puis sentir vos assemblées.
22 Quand vous me présentez des holocaustes et des offrandes, je n’y prends aucun plaisir; et les veaux engraissés que vous sacrifiez en actions de grâces,
je ne les regarde pas.
Comment Yahweh peut dire qu’il hait nos assemblées ou qu’il hait nos célébrations de fête, alors que c’est ce qu’il nous a demandé ? Et bien la raison, c’est que derrière la célébration des fêtes, il y avait des péchés dont le peuple n’avait pas conscience.
Amos 5:12-13
12 Car, je le sais, vos crimes sont nombreux, vos péchés se sont multipliés;
Vous opprimez le juste, vous recevez des présents, et vous violez à la porte le droit des pauvres.
13 Voilà pourquoi, en des temps comme ceux-ci, le sage se tait; car ces temps sont mauvais.
D’après ce passage, nous voyons qu’il y avait un manque de respect des justes, des pauvres et que les sages n’étaient plus entendus, ils se taisaient. Cela veut dire que beaucoup de personnes honoraient les fêtes de Yahweh, mais au fond de leur cœur ils étaient mauvais avec leurs prochains. Un autre prophète nommé Yeshayahou a également prophétisé que Yahweh n’aimait plus nos shabbats et nos assemblées.
Yeshayahou (Esaïe) 1:13
Cessez d’apporter de vaines offrandes : j’ai en horreur l’encens,
Les nouvelles lunes, les shabbats et les assemblées; je ne puis voir le crime s’associer aux solennités.
Souvent ces passages sont compris comme si Yahweh disait qu’il n’appréciait pas qu’on obéisse à ses commandements. Mais en réalité, Yahweh détestait l’attitude criminelle du peuple. Parfois on fait les nouvelles lunes, on fait le shabbat ou on se réunit en assemblée, mais avec un cœur plein de rancune, de haine, de colère ou ce genre de chose. Yahweh n’aime pas qu’on associe ses commandements avec une mauvaise attitude de cœur. Yahweh préfère qu’on ait de bonnes relations avec nos prochains plutôt que d’obéir à ses commandements pour l’honorer.
Matityahu (Matthieu) 5:23-24
23 Si donc tu présentes ton offrande à l’autel, et que là tu te souviennes que ton frère a quelque chose contre toi,
24 laisse là ton offrande devant l’autel, et va d’abord te réconcilier avec ton frère; puis, viens présenter ton offrande.
Moi par exemple, si j’ai un problème avec un frère ou s’il y a des tensions, de la colère ou ce genre de chose, je ne vais pas pouvoir être dans le shalom pour participer au shabbat ou pour participer à une réunion avec l’assemblée. Si mon cœur n’est pas en paix, alors je préfère m’abstenir que de participer aux choses saintes de Yahweh. De plus, si vous participez à un événement joyeux et que votre cœur est en peine, alors vous allez développer un cœur double, un sourire mensonger en présence des autres, alors qu’à l’intérieur de votre cœur cela ne va pas. Ce genre d’attitude contribue à développer de l’hypocrisie et un cœur double.
Bien souvent, les croyants mettent les choses de Yahweh en priorité, car ils pensent ainsi obéir à sa volonté, alors qu’en réalité, cela devrait passer à la seconde place. De la même façon, Yeshoua nous enseigne qu’il préfère largement guérir la main d’un malade ou il préfère qu’on aille aider notre bœuf coincé dans un puits, plutôt que d’aller à la synagogue le jour du shabbat et faire semblant d’être en paix. Voilà quelques exemples qui montrent que l’obéissance à la Torah, n’est pas toujours la priorité, le plus important c’est ce qu’on a dans notre cœur et également nos relations avec les autres.
De la même façon, se faire appeler Rabbi n’est techniquement pas un interdit de la Torah, mais c’est plutôt une attitude de cœur que Yahweh déteste. Yeshoua nous interdit de nous faire appeler Rabbi pour qu’on ne ressemble pas au comportement des scribes et des pharisiens.
Les évangiles contre la Torah ?
Les évangiles et les enseignements de Yeshoua ne sont pas une répétition des commandements de la Torah. Le travail visant à expliquer les commandements de Yahweh a déjà été réalisé par Mosheh. L’enseignement de Yeshoua dans les évangiles, c’était dans un premier temps de confirmer ce que Mosheh avait apporté.
Matityahu (Matthieu) 5:17-19
17 Ne croyez pas que je sois venu pour abolir la Torah ou les prophètes; je suis venu non pour abolir, mais pour accomplir.
18 Car, je vous le dis en vérité, tant que le ciel et la terre ne passeront point, il ne disparaîtra pas de la Torah un seul iota ou un seul trait de lettre, jusqu’à ce que tout soit arrivé.
19 Celui donc qui supprimera l’un de ces plus petits commandements, et qui enseignera aux hommes à faire de même, sera appelé le plus petit dans le royaume des cieux; mais celui qui les observera, et qui enseignera à les observer, celui-là sera appelé grand dans le royaume des cieux.
Yeshoua a confirmé plusieurs fois la Torah de Mosheh dans ses enseignements. Yeshoua disait qu’il n’était pas venu apporter une nouvelle religion.
Yohanan (Jean) 7:16
Yeshoua leur répondit : Ma doctrine n’est pas de moi, mais de celui qui m’a envoyé.
Yeshoua disait simplement qu’il fallait suivre la Torah de Mosheh.
Luc 16:31
Et Abraham lui dit: S’ils n’écoutent pas Mosheh (la Torah) et les prophètes, ils ne se laisseront pas persuader quand même quelqu’un des morts ressusciterait.
Et effectivement, même quand Yeshoua a ressuscité, beaucoup de croyants ne voulaient toujours pas écouter Mosheh et les prophètes, ils ont préféré écouter les rabbins et la religion du judaïsme. Maintenant je vais vous posez une question : Si Yeshoua n’est pas venu pour apporter une nouvelle doctrine et qu’il est venu confirmer la Torah de Mosheh, alors à quoi nous servent les évangiles d’un point de vue doctrinal ? La réponse, nous l’avons déjà évoqué. Obéir aux commandements de Yahweh cela ne suffit pas toujours pour plaire à Elohim, Yeshoua est surtout venu pour nous montrer l’attitude de cœur que nous devons avoir pour suivre la Torah. Yeshoua nous demande de ne pas imiter l’attitude de cœur des rabbins du judaïsme.
Matityahu (Matthieu) 23:3
Faites donc et observez tout ce qu’ils vous disent [Torah de Mosheh]; mais n’agissez pas selon leurs œuvres [Leur attitude]. Car ils disent, et ne font pas.
Quand Yeshoua dit “Car ils disent, et ne font pas”, il voulait dire qu’ils obéissaient aux commandements, mais sans le faire avec sincérité de cœur. Certains pensent que nous ne serons jugé uniquement sur notre obéissance aux commandements, mais en réalité nous serons jugés par un juge suprême qui peut voir et lire dans notre cœur, donc attention à cet aspect qui est même plus important que l’exécution mécanique des commandements de la Torah. Les enseignements de Yeshoua sont souvent compris de travers, car une majorité de croyants pensent qu’il est venu pour abolir la Torah. Et beaucoup de personnes ont aussi compris de travers les prophéties de Yeshayahou.
Yeshayahou (Esaïe) 1:13
Cessez d’apporter de vaines offrandes : j’ai en horreur l’encens,
Les nouvelles lunes, les shabbats et les assemblées; je ne puis voir le crime s’associer aux solennités.
Quand les chrétiens lisent ce genre de passage, ils pensent qu’on ne doit plus faire les nouvelles lunes, les shabbats ou se réunir en assemblée. En réalité, Yahweh nous demande d’avoir la bonne attitude de cœur avant de vouloir obéir à tous ses commandements. Bon, ceci étant dit j’aimerais revenir au sujet de cet enseignement, la question de savoir si on devrait ou non se faire appeler Rabbi ou Maître ou Père.
Pas de rabbi = Démocratie ?
Et en lisant le chapitre 23 de Matityahu qui nous demande de ne pas se faire appeler Rabbi, certains pourraient comprendre qu’on doit tous être égaux et qu’on ne doit pas suivre les personnes appelés à diriger. Un peu comme si Yeshoua disait qu’on doit être dans une démocratie et qu’il ne faut plus aucun responsable. En réalité, il ne dit pas cela, car nous voyons dans d’autres passages que les apôtres de Yeshoua ont établi des anciens, des apôtres, des diacres, c’est-à-dire des responsables pour structurer le corps de Mashiah.
Là encore Yeshoua demande que les dirigeants gouvernent avec un cœur humble. Yeshoua savait que quand quelqu’un aimait se faire appeler Rabbi, alors cela cachait souvent un manque d’humilité et une volonté d’être supérieur aux autres. Parfois les hommes recherchent les titres, les marques d’autorité, ils recherchent les premières places, ils veulent qu’on les regarde, ils veulent être considérés. Yeshoua donne aussi cet exemple avec le repas des noces.
Luc 14:8-11
8 Lorsque tu seras invité par quelqu’un à des noces, ne te mets pas à la première place, de peur qu’il n’y ait parmi les invités une personne plus considérable que toi,
9 et que celui qui vous a invités l’un et l’autre ne vienne te dire: Cède la place à cette personne-là. Tu aurais alors la honte d’aller occuper la dernière place.
10 Mais, lorsque tu seras invité, va te mettre à la dernière place, afin que, quand celui qui t’a invité viendra, il te dise: Mon ami, monte plus haut. Alors cela te fera honneur devant tous ceux qui seront à table avec toi.
11 Car quiconque s’élève sera abaissé, et quiconque s’abaisse sera élevé.
Si vous avez l’habitude de participer à des repas communautaires et que vous vous asseyez toujours à la première place, alors vous devriez réfléchir à vos motivations et aux choses dans votre cœur. Souvent les responsables qui sont élus par l’Esprit de Yahweh ne cherchent pas les premières places, vous les trouverez plutôt vers le fond, ils seront discrets. Le modèle babylonien prône l’élévation au-dessus des autres par ceux qui possèdent le plus de pouvoir et de compétences, et la réduction du peuple à l’état de serviteur. Quand vous allez au travail et que vous êtes dans une entreprise, en général vous serez toujours poussés à aimer les titres et les places les plus élevées.
Le modèle de Yeshoua, quant à lui, est diamétralement opposé. Dans le monde de Yeshoua, ce sont les forts qui servent les faibles (et non l’inverse). Les forts, les sages et les compétents s’abaissent et se font humbles, se mettant au service des autres. Le peuple est appelé à le constater, à respecter cette attitude et à les soutenir dans leur mission. Cela n’implique pas pour autant de leur attribuer des titres pompeux, tels que celui de rabbi.
La glorification des responsables
Vous savez, je rencontre parfois des gens qui me remercient pour mon travail et puis cela s’arrête là. Je trouve qu’il n’y a rien de mal à ça, car cela m’encourage.
Cependant il y a d’autres personnes qui aiment bien me jeter des fleurs, et glorifier mon travail d’enseignant de façon répétée au point que cela me mette mal à l’aise. Quand des personnes me mettent mal à l’aise, je leur demande de ne plus faire cela, car cela pourrait me faire chuter. Ce que je veux dire par là, c’est que la chute des responsables peut venir à la fois d’eux même quand ils recherchent la première place, mais cette chute peut aussi venir de ce que les gens disent sur eux pour les élever. La flatterie répétée peut mener les hommes à avoir une estimation d’eux même trop élevé. Donc chacun est responsable du fait qu’il y ait des rabbis aujourd’hui. Car on peut élever et glorifier certains humains, sans même s’en rendre compte.
Actes 10:25-26
25 Lorsque Kepha (Pierre) entra, Corneille, qui était allé au-devant de lui, tomba à ses pieds et se prosterna.
26 Mais Kepha le releva, en disant: Lève-toi; moi aussi, je suis un homme.
Dans ce passage, nous voyons que les apôtres luttaient contre cette glorification qu’on leur portait parfois.
Les vases d’argiles
Yeshoua dit que nous devrions toujours avoir une vision humble de ce que nous sommes, c’est-à-dire des vases d’argiles vides qui prennent de la valeur avec ce qu’ils contiennent. Un responsable spirituel a de la valeur uniquement parce que l’Esprit de Yahweh demeure en lui.
2 Corinthiens 4:7
Nous portons ce trésor dans des vases d’argile, afin que cette grande puissance soit attribuée à Elohim, et non pas à nous.
Shaoul nous explique que nous sommes tous des vases d’argile, mais le vrai trésor que nous transportons provient de Yahweh. Quand Yeshoua demande qu’on ne se fasse pas appeler des Rabbi et que nous soyons tous frères, il veut dire que nous sommes à la base tous des vases d’argiles identiques.
Matityahu (Matthieu) 23:8
Mais vous, ne vous faites pas appeler Rabbi; car un seul est votre Maître, et vous êtes tous frères.
Yeshoua ne remet pas en cause le fait que certains vases portent plus d’Esprit que d’autres, car nous savons que certains vases sont pour des usages vils et d’autres sont des vases d’honneur.
Romains 9:21
Le potier n’est-il pas maître de l’argile, pour faire avec la même masse un vase d’honneur et un vase d’un usage vil ?
A la base nous sommes tous les mêmes vases d’argiles, c’est-à-dire que nous sommes tous frères, tout en ayant des rôles différents selon ce que l’Esprit nous donne.
Un enseignement sur l’humilité
Cet enseignement de Yeshoua qui nous demande de ne pas nous faire appeler des rabbis, c’est en réalité un cours sur l’humilité, d’ailleurs c’est sur ce verset qu’il conclut son enseignement :
Matityahu (Matthieu) 23:12
Qui s’élève sera abaissé, et qui s’abaisse sera élevé.
Maintenant que nous savons que c’est un enseignement sur l’humilité, nous allons pouvoir parler d’un exemple. J’aimerais vous poser une question simple, si nous parlons d’humilité, quel est le personnage biblique que nous devrions évoquer ? La Torah nous révèle qui était l’homme le plus humble.
Bamidbar (Nombres) 12:3
Or, Moïse était un homme très humble, plus qu’aucun homme sur la face de la terre.
Comme il s’agit d’un enseignement sur l’humilité, il est important de parler de l’homme qui est considéré comme le plus humble. D’ailleurs, c’est amusant, mais les juifs appellent Mosheh avec l’expression “Mosheh rabbénou”, c’est-à-dire Mosheh notre maître, titre que Mosheh aurait sûrement refusé comme Yeshoua nous le demande. Mais nous reviendrons sur ce titre de Mosheh rabbénou un peu plus tard.
Humilité : bénédiction ou malédiction ?
On pourrait croire que l’humilité de Mosheh a été une bonne chose, mais en réalité nous voyons qu’à plusieurs reprises l’assemblée s’est servie de son humilité pour pouvoir le détruire. Ceux qui réclamait l’humilité de Mosheh, c’était ceux qu’ils voulaient lui faire fermer sa bouche, certains voulaient surtout qu’il ne soit pas trop leader, ils voulaient surtout qu’il ne prenne pas trop de décision et quand le responsable s’écrase complètement devant eux, alors ils sont heureux.
L’humilité de Mosheh était si élevée, qu’il y a eu beaucoup de passage où le peuple ou même les proches de Mosheh ont voulu lui faire fermer sa bouche. C’est ce qu’il s’est passé avec la rébellion de Koré et c’est aussi ce qu’il s’est passé avec son frère Aaron et sa sœur Myriam.
D’ailleurs, le verset qui nous indique que Mosheh était l’homme le plus humble se trouve à l’endroit où survient la rébellion de son grand frère et de sa grande sœur.
Bamidbar (Nombres) 12:1-3
1 Myriam et Aaron parlèrent contre Mosheh au sujet de la femme Koushith (éthiopienne) qu’il avait prise, car il avait pris une femme Koushith (éthiopienne).
2 Ils dirent: Est-ce seulement par Mosheh que Yahweh parle ? N’est-ce pas aussi par nous qu’il parle?
3 Et Yahweh l’entendit. Or, Mosheh était un homme fort humble, plus qu’aucun homme sur la face de la terre.
Dans ce passage qui nous explique l’humilité de Mosheh, il y a plusieurs sujets qui semblent ne pas avoir de lien entre eux. Il y a le fait que Mosheh avait une femme noire étrangère, il y a l’argument comme quoi Yahweh ne parlait pas uniquement à Mosheh et le fait que Mosheh était la personne la plus humble. On pourrait se demander en quoi le fait que la femme de Mosheh n’était pas Israélite ait un rapport avec le fait que Myriam et Aaron ont voulu se soulever contre lui et ne plus reconnaître son autorité ? Ce qu’il s’est passé, c’est que Myriam et Aaron se sont servis d’un prétexte fallacieux pour se soulever contre lui et lui retirer son autorité. On ne connaît pas les détails, mais apparemment Mosheh avait une femme ayant la peau noire et cela a été une excuse pour Myriam et Aaron pour remettre en question son autorité.
J’aimerai vous lire un commentaire sur ce passage qui reste assez mystérieux :
Il est plus probable que Séphora était morte et que Mosheh s’était remarié, soit avec une femme faisant partie de ces étrangers sortis d’Égypte avec les Israélites, soit avec une femme issue de cette race couschite dont l’Arabie était en grande partie peuplée (Genèse 10). La loi n’interdisait que les mariages avec les Cananéennes (Exode 34.16 ; Deutéronome 7.3-4). La fière Israélite (Myriam) méprisait cette étrangère à la peau noire. Le reproche que Myriam adressait à Mosheh était sans doute un effet de la jalousie qu’elle éprouvait, ainsi qu’Aaron, de la position supérieure de leur petit frère. Voilà donc Mosheh, qui, accablé déjà par les soucis que lui causait le peuple, au lieu de trouver du secours dans sa famille, y rencontre de nouveaux sujets de peine !
Alors ce commentaire me semble assez cohérent, même s’il y a beaucoup de suppositions, ce que dit Frédéric Godet semble être plausible. Mosheh était probablement trop humble pour faire un étalage de toute sa vie privée et je crois que nous devrions rester distant avec les détails personnels de sa vie. Nous voyons quand même que le dirigeant d’Israël était accablé par le peuple, mais également attaqué par sa propre famille qui utilisait des éléments plus personnels et privés pour arriver à leur fin, à savoir renverser son autorité.
Mais ce qu’il est important de comprendre c’est que si Yahweh n’était pas intervenu pour reprendre Myriam et Aaron, alors Mosheh n’aurait probablement rien dit, parce qu’il était fort humble. Dès qu’il s’agissait de sa position personnelle, Mosheh ne réclamait rien. Il n’était bouillant que quand il s’agissait de la gloire de Yahweh, mais doux et humble pour sa propre cause. Si Yahweh n’avait pas pris la défense de Mosheh, alors Koré et sa bande auraient probablement dominé tout Israël. Et si Myriam et Aaron étaient allés au bout de leur démarche, ils auraient probablement été les nouveaux leaders d’Israël et nous n’aurions pas de Torah entre nos mains aujourd’hui.
Cependant, si l’humilité semble mener à de mauvaises choses, alors pourquoi Yeshoua demande aux dirigeants de son corps d’être le plus humble possible au point que nous ne pouvons pas même nous faire appeler rabbi ? C’est vrai que cela peut paraître bizarre, les apôtres étaient des personnes fort humbles et la plupart d’entre eux ont été mis à mort plus ou moins rapidement.
La disparition des humbles
Dans les écritures, nous voyons que les vrais tsadikim (justes) finissent par mourir. Nous savons que la majorité des prophètes envoyés par Yahweh se sont fait lapider par leur propre peuple.
Matityahu (Matthieu) 23:37
Jérusalem, Jérusalem, qui tues les prophètes et qui lapides ceux qui te sont envoyés, combien de fois ai-je voulu rassembler tes enfants, comme une poule rassemble ses poussins sous ses ailes, et vous ne l’avez pas voulu !
Parmi les disciples de Yeshoua, Il y a aussi le passage avec Stephanos (Etienne). Stephanos était un disciple extrêmement humble, mais quelle a été sa récompense pour son humilité ?
Actes 7:59-60
59 Et ils lapidaient Stephanos (Étienne), qui invoqua le nom de l’Adon Yeshoua et dit : reçois mon esprit !
60 Puis, s’étant mis à genoux, il s’écria d’une voix forte: Yahweh ne leur impute pas ce péché ! Et, après ces paroles, il s’endormit.
Stephanos n’a pas travaillé très longtemps dans le ministère, on voit sa nomination dans Actes 6 et sa mort dans Actes 7. On pourrait se demander à quoi cela sert-il de nommer des responsables nazaréens, si ceux-ci se font tuer en quelques jours? L’apôtre Shaoul avait également ce désir d’être mis à mort, quand on avait prophétisé sur lui qu’il allait être lié par les juifs et livré aux païens.
Actes 21:12-14
12 Quand nous entendîmes cela, nous et ceux de l’endroit, nous priâmes Shaoul de ne pas monter à Jérusalem.
13 Alors il répondit: Que faites-vous, en pleurant et en me brisant le cœur ? Je suis prêt, non seulement à être lié, mais encore à mourir à Jérusalem pour le nom de l’Adon Yeshoua.
14 Comme il ne se laissait pas persuader, nous n’insistâmes pas, et nous dîmes: Que la volonté de Yahweh se fasse !
On pourrait se dire : “Mais c’est quoi ce ministère nazaréen où les responsables veulent tous aller au casse-pipe ?” On comprend que la doctrine nazaréenne n’a pas fait long feu et s’est fait rapidement détruire par le judaïsme et le catholicisme dès le premier siècle.
Actes 20:29-30
29 Je sais qu’il s’introduira parmi vous, après mon départ, des loups cruels qui n’épargneront pas le troupeau,
30 et qu’il s’élèvera du milieu de vous des hommes qui enseigneront des choses pernicieuses, pour entraîner les disciples après eux.
Bon, il y a de multiples exemples avec les disciples de Yeshoua, mais revenons en à Mosheh. Lui aussi a quelquefois failli être lapidé par le peuple.
Shemot (Exode) 17:4
Mosheh cria à Yahweh, en disant: Que ferai-je à ce peuple? Encore un peu, et ils me lapideront.Bamidbar (Nombres) 14:10
Toute l’assemblée parlait de les lapider, lorsque la gloire de Yahweh apparut sur la tente d’assignation, devant tous les enfants d’Israël.
Mosheh a failli être lapidé, mais il était pourtant le dirigeant ultime d’Israël. La plupart des prophètes ont été tués par le peuple, Yeshoua a été rejeté par son peuple et mis à mort également, Stephanos a été tué, Yaakov a été tué, Shaoul aussi a été lapidé une fois mais sans qu’il n’en meurt. Bref, on voit que c’était quasiment la normalité pour les disciples de Yeshoua d’être éliminés. Mais comment comprendre que l’humilité soit une bonne chose, si finalement la destination était bien souvent la mort. Lisons ce passage de la lettre aux corinthiens pour comprendre :
2 Corinthiens 4:7-12
7 Nous portons ce trésor dans des vases de terre, afin que cette grande puissance soit attribuée à Elohim, et non pas à nous.
8 Nous sommes pressés de toute manière, mais non réduits à l’extrémité; dans la détresse, mais non dans le désespoir;
9 persécutés, mais non abandonnés; abattus, mais non perdus;
10 portant toujours avec nous dans notre corps la mort de Yeshoua, afin que la vie de Yeshoua soit aussi manifestée dans notre corps.
11 Car nous qui vivons, nous sommes sans cesse livrés à la mort à cause de Yeshoua, afin que la vie de Yeshoua soit aussi manifestée dans notre chair mortelle.
12 Ainsi la mort agit en nous, et la vie agit en vous.
Shaoul nous explique que nous devons être humbles, nous devons souffrir, nous devons être livrés à la mort pour que la bonne nouvelle de Yeshoua soit manifestée à travers notre chair mortelle. Paradoxalement, c’est ce que recherche Yahweh, il veut des dirigeants qui sont réellement humbles au point de ne même plus rester vivants. L’humilité des dirigeants est quelque chose de frappant dans tous ces exemples, une humilité qui allait jusqu’à s’abaisser à perdre la vie pour servir Yahweh. Les apôtres ont pour beaucoup d’entre eux expérimenté la mise à mort de Yeshoua d’une façon ou d’une autre.
Mosheh quant à lui a été humilié au point de ne pas pouvoir entrer en terre promise de son vivant. Lui qui avait porté le peuple durant ces 40 années a finalement été écarté par une faute commise à cause de la rébellion du peuple.
Mosheh notre Rabbi suprême ?
Un autre détail très frappant, c’est que Mosheh ne s’est jamais fait appeler rabbi. Cependant, aujourd’hui la plupart des juifs rabbiniques l’appelle Mosheh Rabbénou, qui veut dire Mosheh notre maître ou Mosheh notre rabbi suprême. Si Mosheh était encore en vie, je ne crois pas que cela lui aurait plu qu’on l’appelle Mosheh Rabbénou, je crois que cela l’aurait mis mal à l’aise, surtout sachant qu’il était extrêmement humble.
Nos frères de Juda apprécient le fait d’élever des hommes au rang de maître, c’est vraiment une mentalité très ancrée dans la culture rabbinique. Mais si Juda porte de l’importance dans ce titre de Mosheh rabbénou, c’est parce que pour eux Mosheh est en quelque sorte le premier rabbin.
Les rabbins affirment aussi que Moïse a imposé les mains à Yehoshoua (Josué) et Yehoshoua a ensuite imposé les mains aux juges. Puis les juges ont finalement imposé les leurs aux sages, et ainsi de suite jusqu’aux rabbins. C’est de cette façon que les rabbins modernes justifient leur autorité d’établir la Torah pour leur génération, car ce serait une autorité qui se serait transmise de Mosheh jusqu’à eux. C’est de cette autorité dont ils se sont servi pour modifier les commandements en ajoutant ou en retirant des lois divines. Ils ont ainsi pu créer la loi orale qu’on a appelée plus tard le Talmud.
Donc nos frères rabbiniques de Juda vont probablement continuer à dire Mosheh Rabbénou, car sinon ils n’auraient plus de raison de se faire appeler rabbi par leurs élèves. C’est une recherche du pouvoir par la transmission plutôt qu’une recherche de la véritable élection divine.
Ne pas se faire appeler Père
Nous avons déjà enseigné que le catholicisme a utilisé la même stratégie que le judaïsme en disant que l’apôtre Pierre était le premier pape. Si les rabbins ont aujourd’hui le droit de modifier la Torah et bien le Pape a aussi détourné cette autorité apostolique de Pierre pour changer les lois bibliques.
L’autorité des catholiques repose donc sur la prétendue tradition que Pierre serait le premier pape, puis ils ont changé les lois bibliques avec une série de conciles œcuméniques, ils ont ajouté différentes traditions catholiques, ils ont inventé des livres sur le catéchisme etc. … Ils se sont servis de leur prétendue autorité qui repose sur l’apôtre Pierre pour créer une religion qui n’a plus rien à voir avec la foi originelle annoncée par Yeshoua.
Si vous voulez connaître la véritable foi originelle de Yeshoua, nous avons toute une série d’enseignements sur ce sujet :
Les catholiques appellent le pape le Saint Père, ce qui encore une fois est en désaccord avec les paroles de Yeshoua.
Matityahu (Matthieu) 23:9
Et n’appelez personne sur la terre votre père; car un seul est votre Père, celui qui est dans les cieux.
D’ailleurs, nous ne voyons nulle part dans les écritures que Kepha était appelé le Saint Père ou Rabbi Kepha ou même le Pape Kepha premier. Non, les apôtres étaient appelés par leur nom, car même s’ils occupaient un rôle d’ancien et qu’ils avaient une grande autorité, ils savaient qu’ils n’avaient qu’un seul directeur, c’était Yeshoua le Messie, notre unique Rabbi.
Exemple de rabbis modernes
Quand on regarde ceux qui enseignent aujourd’hui, il y a certaines personnes qui se font appeler rabbi. Chez les messianiques vous avez le Rav Emmanuel Rodriguez.
Sur le site internet de cette communauté messianique, nous pouvons lire :
El-Beth-EL et son rabbi Emmanuel Rodriguez Perez accueillent toutes les personnes, qui recherchent une communauté ayant le désir de vivre un judaïsme messianique vivant et chaleureux, qui ont le désir de s’interroger et de questionner leur foi.
Bon, ce n’est pas étonnant qu’il existe des rabbis croyants en Yeshoua, car le mouvement messianique suit la religion du judaïsme, d’ailleurs, c’est clairement dit que ce mouvement propose de vivre le judaïsme, ils ne s’en cachent pas. Mais nous savons que ni Yeshoua, ni les apôtres ne suivaient la religion du judaïsme.
Shaoul disait qu’il ne fallait pas judaïser. Judaïser, c’est utiliser la doctrine du judaïsme. Pour rappel, le judaïsme ne s’appuie pas sur la Torah et les prophètes. Le judaïsme au contraire s’appuie sur les traditions, la loi orale. C’est ce que nous dit Shaoul dans Galates.
Galates 1:13-14
13 Vous avez su, en effet, quelle était autrefois ma conduite dans le judaïsme, comment je persécutais à outrance et ravageais l’assemblé d’Elohim,
14 et comment j’étais plus avancé dans le judaïsme que beaucoup de ceux de mon âge et de ma nation, étant animé d’un zèle excessif pour les traditions de mes pères.
Donc le judaïsme, c’est quand on s’appuie sur les traditions ou les commandements d’homme.
Des excuses, des excuses
Les paroles de Yeshoua sont très claires. Elles ne contiennent rien d’énigmatique. Il ne parle pas en paraboles, mais en langage simple. Pourtant, malgré cette clarté, on entend toutes sortes de prétextes pour se réclamer du titre de rabbin. Les gens vont toujours venir pour chercher des excuses.
« Oui mais Yeshoua est notre exemple et nous devons l’imiter, or il se faisait appeler Rabbi, donc nous aussi nous devrions nous faire appeler Rabbi. »
Il y a aura toujours des personnes pour vous sortir des arguments tirés par les cheveux, c’est comme ça. Pour se justifier d’être appelé Rabbi, vous entendrez aussi que, puisque nous appelons tous nos pères terrestres « père », alors ce serait acceptable de s’appeler rabbin ou Père ou Papa. Les catholiques argumenterons comme ça, j’appelle mon Père biologique “Père”, donc je peux appeler mon prêtre “Père” également. En Afrique, également j’entends aussi les croyants appeler leur pasteur Papa. Un africain m’a appelé un jour Papa, mais je lui ai dit que cela n’était pas correct. Et je sais que les africains pourraient me dire, oui mais on appelle tous notre Père par le titre Papa, alors pourquoi ne pas pouvoir appeler notre Pasteur Papa ?
Le problème, c’est que cet argument est sorti de son contexte. Il ne s’agit pas de dire qu’il ne faut pas respecter son père biologique en ne l’appelant plus « père », mais c’est interdit d’appeler qui que ce soit « père » dans un contexte religieux (comme le fait le pape). De même, il est interdit de s’appeler « rabbi ou rabbin » dans un contexte religieux. Cet argument est donc, une fois encore, contraire aux enseignements de Yeshoua.
Un cœur humble et obéissant ?
Yeshoua ne cherche pas à être énigmatique. Il ne parle pas en paraboles. Il explique que nous ne devons pas nous attribuer des titres comme « mon Grand », car cela revient à nous exalter. C’est le contraire de ce qu’il attend de nous : l’humilité.
Matityahu (Matthieu) 23:12
Quiconque s’élèvera sera abaissé, et quiconque s’abaissera sera élevé.
Il n’y a rien de humble à tenter de minimiser les paroles de Yeshoua. Vous savez même dans le milieu dit “nazaréen”, il y a aussi cet esprit de vouloir être le premier. Les disciples avaient cette mentalité.
Luc 22:24
Il s’éleva aussi parmi les apôtres une contestation: lequel d’entre eux devait être estimé le plus grand ?
J’ai déjà observé que dans le milieu nazaréen, on attribuait certains titres pour donner de l’importance aux responsables, et j’ai pu observer que ces titres plaisaient à la chair. J’ai moi même reçu un titre et dans un premier temps j’ai été flatté de ce titre honorifique. Mais j’ai réalisé plus tard qu’il valait mieux travailler pour Yeshoua sans avoir de titre, plutôt que d’avoir un titre et de ne pas vraiment servir Yahweh selon sa volonté. Dans le monde de l’entreprise également, on se sert des titres pour plaire à la chair des employés et leur faire croire qu’ils sont importants et irremplaçables. C’est un mensonge qui permet de mieux gérer les employés d’une entreprise. Mais en réalité nous sommes tous remplaçables, dans le monde de l’entreprise nous ne sommes que des numéros, rien de plus.
Quand j’étais dans mon ancienne communauté nazaréenne, le responsable spirituel s’appelait James Trimm et il se faisait appeler Rabbi Trimm. Sa chaîne youtube s’appelle Rabbi Trimm. Bon, le mouvement de Trimm est un mouvement assez proche du modèle rabbinique, car il suit un calendrier avec l’équinoxe, donc exactement comme le calendrier rabbinique. Donc il y a encore des racines talmudiques dans sa façon de travailler, c’est pourquoi il ne ressent aucune gêne à se faire appeler Rabbi.
Je ne lui jette pas la pierre, mais je voulais vous faire remarquer que même ceux se disant nazaréen ont encore cette pensée charnelle d’aimer les premières places, d’aimer les titres. Quand les disciples se disputaient pour savoir qui devait être le plus grand, alors Yeshoua les enseignait comme ceci :
Luc 22:24-30
24 Il s’éleva aussi parmi les apôtres une contestation: lequel d’entre eux devait être estimé le plus grand?
[…] Que le plus grand parmi vous soit comme le plus petit, et celui qui gouverne comme celui qui sert.
27 Car quel est le plus grand, celui qui est à table, ou celui qui sert? N’est-ce pas celui qui est à table? Et moi, cependant, je suis au milieu de vous comme celui qui sert.
30 afin que vous mangiez et buviez à ma table dans mon royaume, et que vous soyez assis sur des trônes, pour juger les douze tribus d’Israël.
Yeshoua reprend encore cette image d’un repas, avec ceux qui servent et ceux qui sont assis. Mieux vaut être parmi ceux qui donnent à manger et qui servent. Mais même si on est parmi ceux qui servent, si nous servons dans le but d’être les premiers, alors nous serons encore les derniers. La leçon de Yeshoua que nous devons comprendre, c’est que ce n’est pas tant nos actions qui comptent, mais plus encore c’est l’attitude de notre cœur lorsque nous faisons ces actions. Il n’y a que Yahweh qui peut voir ce qui se cache dans nos intentions profondes.
Voilà, j’espère que cet enseignement vous aura été utile et que vous comprendrez qu’on ne veut pas se faire appeler par un titre, notamment celui de Rabbi ou Rabbin.
(Enseignement inspiré par Nazarene Israel)