Synagogues d’hier et d’aujourd’hui
Dans les précédentes vidéos, nous avons abordé les offices que nous devrions célébrer dans nos synagogues. Nous avons surtout parlé du fond et un peu moins de la forme. Cependant, il est nécessaire de parler de l’agencement physique d’une synagogue. Que vous en soyez conscient ou non, cet agencement peut avoir une incidence considérable sur la nature et la qualité de vos offices.
Points communs
Bien que chaque synagogue soit unique, la plupart des synagogues juives partagent certains éléments communs. Par exemple, la plupart sont situées près d’une source ou d’un autre point d’eau (comme une rivière ou un lac), pour les ablutions et l’immersion rituelle (le baptême).
Cette eau doit être propre et ne doit pas être une eau stagnante ou croupie. Il faut une eau propre qui non seulement purifie, mais qui est aussi capable d’abriter la vie (c’est-à-dire une eau vive). Si vous voulez en savoir plus sur les racines hébraïque du baptême, n’hésitez pas à aller voir l’étude sur ce sujet.
Une synagogue nazaréenne n’a pas forcément besoin d’un mikvé pour fonctionner, mais il est important d’avoir des points d’eau naturels proches de la synagogue, si vous voulez pouvoir faire des disciples en les immergeant au nom de Yeshoua.
Alors un autre point commun dans les synagogues juives, c’est l’Aron Hakodesh. Presque toutes les synagogues ont la présence d’un autel dédié à la Torah, c’est un meuble où sont conservés les rouleaux de la Torah, un sorte d’équivalent de l’arche d’Alliance.
D’ailleurs, cette armoire est appelée « Aron hakodesh » qui veut dire l’Arche Sainte. Même si une synagogue n’est pas le temple de Yahweh, il existe des points communs, car la synagogue est souvent conçue comme étant une représentation symbolique du temple.
D’ailleurs la plupart des synagogues ont un voile qui est placé devant l’Aron Hakodesh, donc pour cacher les rouleaux de la Torah, ce voile est appelé Parokhet. Il représente le voile qui protégeait l’Arche d’alliance et séparait le saint des saints du reste dans Temple de Jérusalem ou, avant lui, celui dans le tabernacle.
Donc on constate que les juifs ont vraiment conçu leurs synagogues comme des représentations du temple ou du tabernacle.
Alors par rapport à cette arche que l’on retrouve dans les synagogues et bien on y trouve généralement aussi une bimah, une sorte de table ou d’estrade sur laquelle les rouleaux sont posés pendant la lecture.
On peut se demander si les synagogues nazaréennes devraient aussi avoir des éléments empruntés au tabernacle comme une Aron Hakodesh ou un voile de séparation.
Nous pensons que non, nous ne devrions pas essayer de faire de nos synagogues une représentation du temple. D’ailleurs, nos frères de Juda n’ont pas toujours eu des synagogues construites de manière à ressembler au temple.
En effet, la conception et le fonctionnement des synagogues anciennes et modernes diffèrent considérablement. Il est important de comprendre ces changements et la raison de ces changements, car cela aura un impact important sur votre vie et celle de votre communauté.
Avant la destruction du Second Temple
Le Second Temple accueillait des sacrifices rituels, des prières, des chants et bien d’autres choses encore. Cependant, tant que le Second Temple était debout, les synagogues ne ressentaient pas le besoin d’organiser des cérémonies strictement codifiées, car elles ne cherchaient pas à remplacer le Temple. Leur priorité était plutôt l’étude et l’apprentissage, ainsi que leur rôle de lieu de rassemblement local. Toute activité liée à la Torah pouvait s’y dérouler, mais les synagogues étaient avant tout orientées vers l’étude, l’apprentissage et les prières sincères. C’est le genre de synagogue que Yeshoua aimait fréquenter, même s’il allait aussi régulièrement dans le temple de Jérusalem.
Les archéologues nous apprennent qu’avant la destruction du Second Temple, la plupart des synagogues présentaient une configuration très différente de celle des synagogues actuelles. La plupart des synagogues de cette époque disposaient de bancs le long de leurs quatre murs. Ainsi, lorsqu’un membre de la communauté prenait la parole, il se tenait au centre de la pièce. Bien qu’il y eût un responsable, il régnait une atmosphère de participation et d’inclusion, semblable à celle d’un club, que l’on ne retrouve généralement pas dans les synagogues modernes. Dans une synagogue moderne, le dirigeant se place sur un côté de la pièce. Par contre au premier siècle, le responsable animait la réunion depuis le centre.
Une synagogue de l’époque du Second Temple était un lieu où les fidèles se réunissaient et partageaient de manière ordonnée les psaumes, les enseignements, le parler en langues, les révélations et les interprétations.
1 Corinthiens 14:26
Que faire donc, frères ? Lorsque vous vous assemblez, les uns ou les autres parmi vous ont-ils un cantique, une instruction, une révélation, une langue, une interprétation, que tout se fasse pour l’édification.
Les anciens doivent prévoir du temps non seulement pour la lecture de la Torah et les enseignements, mais aussi pour que le peuple puisse présenter ce qu’Elohim lui révèle par son Esprit. Bien sûr, il faudra examiner attentivement ces présentations (et le parler en langues ne se fait pas sans la présence d’un véritable interprète, voir 1 Corinthiens 14:28), mais il est important de leur consacrer du temps, car le but est de s’entraider et de s’encourager mutuellement, et de former la prochaine génération de responsables d’Israël.
Après la destruction du Second Temple
Après la destruction du Second Temple, le service synagogal connut de profonds changements. En l’absence de temple, les rabbins adaptèrent les rituels, les chants et les prières du Temple à la synagogue. Dès lors, l’office ne fut plus un lieu d’apprentissage dirigé par un rabbin au centre.
Les bâtiments furent désormais construits avec un mur orienté vers Jérusalem, sur lequel était placé le reliquaire de la Torah, souvent accompagné d’une estrade. Les sièges étaient disposés en demi-cercle ou en rangées, de sorte que le rabbin ou le responsable de la synagogue dirigeait l’office depuis l’estrade située sur le mur le plus proche de Jérusalem.
Comme nous l’avons vu dans les vidéos précédentes, la nature des prières a changé après la destruction du Second Temple. Désormais, au lieu que le responsable du culte prie avec ferveur, les paroles des prières sont devenues figées. Les synagogues ont également commencé à être décorées avec beaucoup plus de soin, et les offices eux-mêmes sont devenus plus codifiés. Bien que les fidèles puissent chanter ou dire « amen » aux prières apprises par cœur, le lieu est devenu moins un espace d’étude et de recueillement qu’une sorte de spectacle, une performance chantée en chœur. On n’y retrouvait plus la même spontanéité qu’au temps de Yeshoua.
Donc pour répondre à la question de toute à l’heure, c’est-à-dire : Est-ce que les synagogues nazaréennes devraient aussi avoir des éléments empruntés au tabernacle comme une Aron Hakodesh, un voile de séparation qui cache la Torah, ou alors une Menorah ?
Nous ne pensons pas que nous devrions avoir ces choses là dans nos synagogues. D’une façon générale, nous voyons que les éléments ajoutés aux synagogues modernes viennent du fait que le temple a été détruit et que nos frères juifs ont voulu reproduire ces choses perdues dans leurs synagogues pour combler la perte du temple.
À propos du siège de Mosheh
Bien que des rabbins aient existé depuis l’exil babylonien, leur influence sur le judaïsme ne s’est véritablement affirmée qu’après la rédaction de la Mishna par Juda HaNasi, vers 200-220 de notre ère. Auparavant, la direction des synagogues était diverse : certaines étaient dirigées par des anciens ou des chefs, d’autres par des scribes ou des rabbins.
À l’époque de Yeshoua, certains scribes et pharisiens occupaient un siège particulier pour lire les rouleaux de la Torah. Ce siège était appelé la chaire de Moïse. Yeshoua a dit que lorsque les scribes et les pharisiens occupaient le siège de Mosheh, nous devions suivre leurs instructions (puisqu’ils lisaient la Torah). Cependant, il a également dit que nous ne devions pas imiter leur exemple, car, bien qu’ils lisaient la Torah, ils n’en mettaient pas en pratique les enseignements (et ils ne les mettent toujours pas en pratique).
Matityahu (Matthieu) 23:1-3
1 Alors Yeshoua, parlant à la foule et à ses disciples, dit :
2 Les scribes et les pharisiens sont assis dans la chaire de Moïse.
3 Faites donc et observez tout ce qu’ils vous disent; mais n’agissez pas selon leurs œuvres. Car ils disent, et ne font pas.
Au premier siècle, la « chaire de Mosheh » était un siège physique concret où les scribes et les pharisiens s’asseyaient et lisaient les rouleaux de la Torah à voix haute. Des archéologues ont découvert ce siège de pierre, surnommé « chaire de Moïse », dans une synagogue du IIIe siècle à Chorazin.

Ce siège était situé près du mur le plus proche de Jérusalem, ce qui indique que les offices étaient dirigés du côté de la salle la plus proche de Jérusalem, et non du centre. Il est intéressant de noter que la ville de Chorazin où a été retrouvée cette chaire par les archéologues est mentionnée dans les évangiles. Yeshoua avait déclaré que les habitants de Chorazin devaient se repentir.
Matityahu (Matthieu) 11:20-22
20 Alors il se mit à faire des reproches aux villes dans lesquelles avaient eu lieu la plupart de ses miracles, parce qu’elles ne s’étaient pas repenties.
21 Malheur à toi, Chorazin ! Malheur à toi, Bethsaïda ! Car, si les miracles qui ont été faits au milieu de vous avaient été faits dans Tyr et dans Sidon, il y a longtemps qu’elles se seraient repenties, en prenant le sac et la cendre.
22 C’est pourquoi je vous le dis : au jour du jugement, Tyr et Sidon seront traitées moins rigoureusement que vous.
Yeshoua a fait des reproches à ces villes. Cela veut dire que les synagogues dans ces lieux n’étaient pas bien conduite, car le peuple ne se repentaient pas de leurs mauvaises actions.
Les scribes et les pharisiens assis sur le siège physique de Moïse, lisaient la Torah au peuple, mais conservaient ensuite leurs propres coutumes et traditions (tout comme le font les rabbins aujourd’hui qui s’appuient sur le Talmud au détriment de la Torah écrite).
S’ils n’ont pas écouté la Torah du Père, ils n’ont pas non plus écouté la prédication de Yeshoua et surtout ils ne se sont pas repenti en voyant ces miracles.
Est-ce que nous devrions avoir un siège spécial pour lire la Torah lors des études de la paracha ? Yeshoua ne condamne pas les scribes et les pharisiens pour avoir eu un siège spécial, le problème est surtout qu’ils ajoutaient des commandements d’hommes à la Torah.
Dans le judaïsme il y a des discussions pour savoir si nous devrions lire la Torah assis ou debout. En effet, les séfarades ont coutume de lire la Torah assis, mais les ashkénazes lisent la Torah debout. Dans Luc chapitre 4, il semble que Yeshoua a lu la portion de la Torah et des prophètes en étant debout, mais nous n’en sommes pas certain. Par contre, Yeshoua s’asseyait quand il commençait un enseignement, notamment dans Matityahu 5 où il va donner son célèbre enseignement qu’on appelle les béatitudes.
Matityahu (Matthieu) 5:1
À la vue de ces foules, Yeshoua monta sur la montagne. Il s’assit et ses disciples s’approchèrent de lui.
En général, dans les églises chrétiennes, le pasteur donne son enseignement debout, mais il semble que Yeshoua le donnait souvent assis.
Luc 5:3
Il monta dans l’une de ces barques, qui était à Shimon, et il le pria de s’éloigner un peu de terre. Puis il s’assit, et de la barque il enseignait la foule.
Donc pour répondre à la question de savoir si nous devions avoir une chaire spéciale pour enseigner dans nos synagogues, je pense que ce n’est pas si important, l’essentiel est surtout de ne rien ajouter ou retrancher à la parole de Yahweh quand nous lisons la Torah.
S’adapter à l’ère électronique
Bien que nous n’en soyons pas certains, il semble que Yeshoua préférait le style de service synagogal de l’époque du Second Temple, où les orateurs s’exprimaient depuis le centre de la salle (plutôt que de prêcher depuis un mur). Cela paraît paradoxal, car à l’ère du numérique, projecteurs, écrans et caméras sont indispensables, or ces équipements ne fonctionnent généralement pas depuis le centre de la salle. L’électronique impose une configuration moderne, avec des sièges en demi-cercle ou en rangées. C’est particulièrement vrai pour un culte de style évangélique. Cependant, si l’on a la possibilité d’enseigner depuis le centre de la salle, c’est préférable, car cela permet aux fidèles de se faire face, favorisant ainsi une plus grande participation.
II y a certains professeurs à l’école qui utilisent des agencements différents quand il souhaite encourager la participation des élèves. C’est-à-dire qu’ils changent le système de type amphithéâtre pour mettre les élèves au centre de l’enseignement. Dans le système de l’amphithéâtre, certains élèves sont dans le fond et ne participent pas beaucoup et d’autres sont devant et participent tout le temps. Donc un agencement avec l’enseignant au centre permet une meilleure participation.
Tout ça pour dire que l’agencement spatial d’une synagogue peut être modulé pour permettre une bien meilleure expérience. Par exemple, pour la prière il est possible de ranger les chaises et de mettre des tapis pour se mettre à genoux ou prosterner. Puis pour l’enseignement, l’animateur se place au centre de la pièce et les auditeurs se placent tout autour.
Pour la louange aussi la plupart des églises chrétiennes ont un agencement où le public fait face aux chanteurs et musiciens. Cette configuration a probablement encouragé à se focaliser sur l’aspect divertissant de la louange, mais moins sur l’adoration véritable. D’autre agencement pourrait aider le public à réellement adorer Yahweh, plutôt que d’adorer le chanteur ou les musiciens. Si par exemple, le chanteur ou les musiciens étaient derrière le public, alors cela pourrait sans doute aider les adorateurs à se focaliser sur l’Elohim invisible, plutôt que de se focaliser sur les musiciens ou les chanteurs.
Yohanan (Jean) 4:24
Elohim est Esprit, et il faut que ceux qui l’adorent l’adorent en esprit et en vérité.
Ce que vous souhaitez, ce n’est pas qu’une foule se rassemble dans un amphithéâtre à la romaine pour assister à un spectacle soigné. Ce que vous recherchez, c’est la participation et l’adoration en Esprit et en vérité.
Problèmes de ségrégation des sexes
Le judaïsme rabbinique pratique traditionnellement la séparation des hommes et des femmes dans les synagogues, conformément à la séparation des sexes sous-entendue dans Zacharie 12:10-14. Dans ce passage, les hommes font leur deuil séparément de leurs épouses. Le judaïsme rabbinique considère que si la séparation des sexes est justifiée pendant le deuil, elle l’est également en temps de joie. (Note : le verset 10 fait référence à Yeshoua.)
Zekaryah (Zacharie) 12:10-14
10 Alors je répandrai sur la maison de David et sur les habitants de Jérusalem un esprit de grâce et de supplication, et ils tourneront les regards vers moi, celui qu’ils ont percé. Ils pleureront sur lui comme on pleure sur un fils unique, ils pleureront amèrement sur lui comme on pleure sur un premier-né.
11 En ce jour-là, le deuil sera grand à Jérusalem, comme le deuil d’Hadadrimmon dans la vallée de Meguiddo.
12 Le pays sera dans le deuil, chaque famille séparément : La famille de la maison de David séparément, et les femmes à part ; La famille de la maison de Nathan séparément, et les femmes à part ;
13 La famille de la maison de Lévi séparément, et les femmes à part ; La famille de Schimeï séparément et les femmes à part ;
14 Toutes les autres familles, chaque famille séparément, et les femmes à part.
S’appuyant sur ce passage et d’autres, les rabbins ont élaboré un ensemble de lois préconisant la séparation des sexes à la synagogue, avec l’installation d’un mur de séparation. Toutefois, si nous reconnaissons la nécessité d’une certaine séparation des sexes, nous ne sommes pas en faveur d’un mur de séparation.
Les lois de Yahweh concernant la pureté rituelle
La Torah mentionne de nombreuses choses qui peuvent nous rendre rituellement impur. Si l’impureté rituelle n’est pas un péché en soi, il est important de ne pas négliger les lois de Yahweh. La semaine dernière, j’ai fait un enseignement sur la pureté rituelle dans lequel nous avons vu que nous ne devons pas aller au temple si nous sommes impurs.
Norman Willis enseigne que nous devrions respecter ces lois de l’impureté également pour le shabbat. Voilà ce qu’il explique :
Dans le judaïsme, les époux en âge de procréer dorment généralement dans des lits séparés pendant les menstruations de la femme. Ceci est justifié par les raisons évoquées précédemment.
De plus, les relations conjugales rendant impurs les deux époux (en raison de l’éjaculation masculine), les couples mariés ne doivent jamais avoir de relations conjugales le jour du sabbat ou d’une fête. S’ils ont des relations intimes le jour de la préparation, ils doivent veiller à prendre une douche avant le coucher du soleil. On pourrait étendre cette règle aux trois jours précédant la Pentecôte, comme indiqué dans shemot 19:14-15.
Shemot (Exode) 19:14-15
14 Et Moïse descendit de la montagne vers le peuple ; il sanctifia le peuple, et ils lavèrent leurs vêtements.
15 Et il dit au peuple : Soyez prêts dans trois jours ; ne vous approchez point de vos femmes.
Donc Norman Willis explique qu’un couple en état d’impureté ne devrait pas participer au shabbat ou à une fête, donc sous entendu, que l’impureté nous empêcherait d’entrer à la synagogue.
Bon c’est une question délicate, même dans le judaïsme, les femmes ayant leurs règles peuvent parfois entrer à la synagogue et parfois non. Chez les juifs ashkénazes les femmes restent chez elles pour le shabbat et chez les séfarades les femmes peuvent participer au culte du shabbat.
Disons que sur cette question de l’impureté et de l’entrée à la synagogue, je pense que je suis du côté des séfarades, alors que Norman semble plus du côté ashkénaze. C’est à dire que je n’interdirais pas à une femme impure d’entrer à la synagogue, ni même un couple étant impur après avoir eu des relations conjugales.
Il y a plusieurs raisons à cela. La première raison, c’est que je distingue le temple d’une synagogue. Même si une synagogue est souvent conçue comme une représentation symbolique du temple de Yahweh, les lois et donc les exigences ne sont pas les mêmes. La Torah ne demande pas d’appliquer les lois du temple pour une synagogue, donc normalement l’entrée dans une synagogue peut se faire en état d’impureté, chose qui est impossible si on veut aller au temple. Les disciples de Yeshoua nous le confirment.
Actes 21:26
Le lendemain donc, Shaoul prit avec lui ces hommes, se purifia avec eux et alla au Temple où il déclara le terme de leur temps de purification, terme auquel seraient offerts les sacrifices pour chacun d’eux.
Une autre raison pour laquelle je pense que l’impureté ne s’applique pas à la synagogue moderne, c’est parce que nous sommes dans la dispersion et que le temple n’existe plus. Aujourd’hui tout le monde est impur, car nous faisons tous nos courses au supermarché et nous touchons tous les caddys, nous touchons de l’argent et nous nous asseyons dans des bus où il est évident que d’autres personnes étaient impures dans ces mêmes lieux.
Donc demander à des femmes ayant leurs règles de ne pas venir à la synagogue le shabbat ou demander à des couples mariés de ne pas avoir de relation intime ce jour-là est un peu hypocrite, car finalement, la majorité des autres personnes entrant dans la synagogue seront impurs. Il n’existe aujourd’hui personne de pur, car nous n’avons plus de temple et surtout nous n’avons plus l’eau de purification de la vache rousse.
Après je comprends la position de Norman Willis, qui souhaite que nous nous efforçions de suivre les commandements de la pureté, même en l’absence de temple afin de nous préparer pour le futur temple d’Ezéchiel. Mais je rappelle que le suivi des ces commandements n’est pas obligatoire, il est donc incohérent d’exiger la pureté pour ceux qui veulent entrer dans une synagogue nazaréenne pour participer au culte et recevoir l’instruction de la Torah.
Pour ce qui est d’avoir des relations conjugales le jour du shabbat, il y a des mouvements juifs qui encouragent ces relations spécialement durant le shabbat et il y a d’autres mouvements qui les interdisent.
Pour ma part, je pense qu’il ne faut pas interdire les relations conjugales ce jour-là, mais si un couple désire s’en abstenir durant le shabbat, ils peuvent tout à fait le décider.
1 Corinthiens 7:5
Ne vous privez point l’un de l’autre, si ce n’est d’un commun accord pour un temps, afin de vaquer à la prière ; puis retournez ensemble, de peur que Satan ne vous tente par votre incontinence.
Donc en ce qui concerne l’état d’impureté et l’entrée dans une synagogue, je crois qu’il ne faut rien ajouter à la Torah, on ne peut pas ajouter des commandements supplémentaires par rapport aux exigences de l’entrée dans une synagogue. Nous avons déjà les instructions d’Actes 15, donc cela est déjà suffisant à mon avis.
Pour avoir fréquenté une synagogue de croyants en Yeshoua, quand des femmes étaient niddah, donc dans leur période d’impureté, ces femmes faisaient des efforts en s’asseyant sur une seule chaise et elles se tenaient un peu à l’écart, c’est-à-dire qu’elles évitaient de préparer la table, de servir la nourriture, de toucher les objets de la synagogue et de s’asseoir partout.
Certaines femmes utilisaient parfois un coussin sur lequel elles s’asseyaient pour ne pas souiller toutes les chaises de la synagogue. C’est une façon de respecter ces consignes de pureté, tout en participant au culte du shabbat. Je trouve que cette approche est la meilleure.
Tout ça pour dire que s’il y a des débats dans le judaïsme sur cette question, il est probable qu’il y aura aussi des débats dans le milieu nazaréen.
En tout cas, si nous ne reproduisons pas le mobilier du temple, comme l’Aron Hakodesh, le parokhet (le voile) ou alors la ménorah, nous ne devrions pas non plus imposer les exigences du tabernacle en matière de pureté rituelle.
Pas de Mechitzah (mur de séparation des sexes)
Les synagogues étaient initialement conçues comme des centres d’étude et d’apprentissage, et comme des lieux de rencontre pour les fidèles. N’ayant pas pour vocation de remplacer le tabernacle ou le service du temple, elles ne comportaient pas de cloison séparant les sexes (ce que le judaïsme appelle une mechitzah). Puisque notre objectif est de recréer le type de synagogues que Yeshoua aimait fréquenter, et puisque les femmes étaient autorisées à participer aux offices des synagogues de l’époque du Second Temple, nous ne sommes pas favorables à la cloison séparant les sexes que l’on retrouve dans la tradition orthodoxe.
Cependant, nous ne sommes pas non plus en faveur d’une trop grande proximité entre les deux sexes durant les moment de prière, de louange etc… car les hommes pourraient être distraits dans leurs pensées par les femmes et inversement.
Dans une ancienne synagogue que j’ai fréquentée, il n’y avait pas de mur de séparation, cependant, les hommes restaient entre eux et les femmes allaient dans l’autre partie de la pièce, dans le but de ne pas être distrait lors de la prière notamment. Même si nous ne préconisons pas de mur de séparation, nous devons être néanmoins réaliste sur le fait qu’une trop grande proximité peut perturber les prières des fidèles et notamment ceux qui sont célibataires.
Il convient donc d’être attentif à la proximité entre les deux sexes pour éviter tout problèmes liés à la convoitise ou à l’adultère qui sont des péchés très courants chez les croyants. Si Yahweh nous a donné ces dix commandements et que deux d’entre eux parlent de ce sujet, ce n’est pas pour rien, on ne doit donc pas agir comme si cela n’existait pas.
Donc voilà pour cet enseignement sur l’agencement des synagogues. Je me suis inspiré d’un enseignement de nazarene Israel.