Le service du shabbat au temps de Yeshoua

Nous sommes aujourd’hui nombreux à vouloir comprendre comment nous devons obéir au commandement du shabbat. Comme nous l’avons déjà vu, il nous est dit de marcher comme Yeshoua a marché.

1 Yohanan (Jean) 2:6
Celui qui dit qu’il demeure en lui doit aussi marcher comme il a marché.

Nous avons également constaté que l’expression « marcher comme il a marché » fait référence à la halakha de la secte nazaréenne. Cela signifie que nous devons nous efforcer de vivre comme Yeshoua a vécu et d’agir en toutes choses comme il l’a fait.

Concernant le culte à la manière de Yeshoua, nous avons déjà vu que sa coutume était d’aller à la synagogue le jour du shabbat et de participer à l’office du shabbat en lisant la portion de la Torah et des prophètes et puis de faire un enseignement ce jour là.

Luc 4:16
Il se rendit donc à Nazareth, où il avait été élevé. Et selon son habitude, il entra dans la synagogue le jour du shabbat, et se leva pour lire.

Marc 1:21
Ils se rendirent à Capernaüm. Et, le jour du shabbat, Yeshoua entra d’abord dans la synagogue, et il enseigna.

Notre objectif dans ce chapitre est d’apprendre quel type d’office du shabbat Yeshoua préférait, afin de pouvoir le recréer pour nous-mêmes et nos enfants. Cependant, cela n’est pas chose aisée. Nous ne pouvons pas simplement pratiquer l’office du shabbat rabbinique moderne car, comme nous l’avons dit précédemment, Rabban Gamaliel II a fixé le texte des prières après la destruction du second temple par les Romains (en 70 apr. J.-C.). 

En figeant le langage des prières, Rabban Gamaliel II a, de fait, transformé les prières traditionnelles en un culte que Yeshoua n’appréciait pas. Il qualifiait ces prières figées de « vaine répétition » et affirmait que seuls les païens les pratiquaient.

Matityahu (Matthieu) 6:7-8
7 En priant, ne multipliez pas de vaines paroles, comme les païens, qui s’imaginent qu’à force de paroles ils seront exaucés.
8 Ne leur ressemblez pas; car votre Père sait de quoi vous avez besoin, avant que vous le lui demandiez.

La lecture du Talmud révèle une grande diversité dans les offices à la synagogue durant la période du Second Temple. Cependant, outre l’absence de consensus général, le Talmud ne précise pas la pratique de ces offices. De plus, il faut se rappeler que le Talmud a été remanié (c’est-à-dire censuré) par Judas HaNasi entre 200-220 de notre ère. Il a probablement alors supprimé tout passage concernant Yeshoua, Shaoul et les autres apôtres. Malgré ce manque d’informations, il est possible de reconstituer le type d’offices synagogaux auxquels Yeshoua assistait. Cette méthode consiste à comparer l’office synagogal moderne et le récit historique du Talmud avec ce que les exégètes appellent la Loi de la Première Mention.

La loi de la première mention

La loi de la première mention nous enseigne que la première apparition d’un élément dans les Écritures établit la norme (ou l’exemple) pour tout ce qui suit. Par exemple, bien que Yaakov ait eu plus tard quatre épouses, nous savons que l’idéal de Yahweh est la monogamie à vie, car c’est l’exemple d’Adam et Ève qui constitue la première mention du mariage.

Bereshit (Genèse) 3:20
Et Adam appela sa femme Havvah [Ève], parce qu’elle était la mère de tous les vivants.

De nombreuses personnes suggèrent que les anciennes voies établies par Yahweh sont mauvaises et que leurs nouvelles voies seraient meilleures. Or, cela contredit Jérémie 6:16 et bien d’autres passages.

Yirmeyah (Jérémie) 6:16
Ainsi a dit Yahweh : Tenez-vous sur les chemins, et regardez, et enquérez-vous des anciens sentiers, quel est le bon chemin ; et marchez-y, et vous trouverez le repos de vos âmes ! Et ils répondent : Nous n’y marcherons point.

Donc nous devons essayer de comprendre ce que dit la Loi de la Première Mention concernant le culte d’Elohim pour arriver à le restaurer aujourd’hui.

Prières ordonnées par Yahweh

Au commencement, les prières étaient généralement courtes et spontanées. Personne ne les lisait dans un livre ; elles jaillissaient du cœur. Cela explique pourquoi Yeshoua condamnait les vaines répétitions. La première mention de prière adressée à Yahweh apparaît dans Berechit chapitre 4.

Bereshit (Genèse) 4:26
Il naquit aussi un fils à Scheth, qu’il nomma Enosch. C’est alors que l’on commença à invoquer le nom de Yahweh.

Noach et Avraham ont fait quelques prières, mais nous n’en connaissons pas le contenu, de plus Yahweh ne leur a pas ordonné de faire de prière. Cela peut nous surprendre, mais Yahweh ne prescrit que deux prières dans toute la Torah. La première est la confession des péchés d’Israël par le Grand Prêtre concernant le bouc émissaire, dans Vayikra 16:21.

Vayikra (Lévitique) 16:21
Aaron posera ses deux mains sur la tête du bouc vivant, et il confessera sur lui toutes les iniquités des enfants d’Israël et toutes les transgressions par lesquelles ils ont péché; il les mettra sur la tête du bouc, puis il le chassera dans le désert, à l’aide d’un homme qui aura cette charge.

Bien que Yahweh ait ordonné au Grand Prêtre de réciter cette prière de la confession des fautes des Israélites, il ne lui a jamais précisé les paroles exactes. Le Grand Prêtre devait plutôt confesser le péché d’Israël du fond du cœur. Puisqu’il s’agit de la première mention de prière ordonnée par Yahweh, la règle sous jacente c’est que les prières doivent venir du cœur (et non être récitées dans un livre). La seule autre prière que Yahweh ordonne dans la Torah se trouve dans Deutéronome 26:5-15, où Il nous invite à lui rendre grâce sincèrement, lorsque nous payons la dîme selon le système lévitique. 

Puisque Yahweh précise les mots exacts, certains pourraient considérer cette prière comme une simple récitation mécanique. D’autres, cependant, estiment que le but de Yahweh est surtout de nous montrer la gratitude qui devrait jaillir de nos lèvres lorsque nous avons l’occasion de soutenir Son royaume, en raison de l’immense miséricorde qu’Il a manifestée envers nous et nos ancêtres.

Devarim (Deutéronome) 26:5-15
5 Tu prendras encore la parole, et tu diras devant Yahweh, ton Elohim : Mon père était un Araméen nomade; il descendit en Égypte avec peu de gens, et il y fixa son séjour; là, il devint une nation grande, puissante et nombreuse.
6 Les Égyptiens nous maltraitèrent et nous opprimèrent, et ils nous soumirent à une dure servitude.
7 Nous criâmes à Yahweh, l’Elohim de nos pères. Yahweh entendit notre voix, et il vit notre oppression, nos peines et nos misères.
8 Et Yahweh nous fit sortir d’Égypte, à main forte et à bras étendu, avec des prodiges de terreur, avec des signes et des miracles.
9 Il nous a conduits dans ce lieu, et il nous a donné ce pays, pays où coulent le lait et le miel.
10 Maintenant voici, j’apporte les prémices des fruits du sol que tu m’as donné, ô Yahweh Tu les déposeras devant Yahweh, ton Elohim, et tu te prosterneras devant Yahweh, ton Elohim.
11 Puis tu te réjouiras, avec le Lévite et avec l’étranger qui sera au milieu de toi, pour tous les biens que Yahweh, ton Elohim, t’a donnés, à toi et à ta maison.
12 Lorsque tu auras achevé de lever toute la dîme de tes produits, la troisième année, l’année de la dîme, tu la donneras au Lévite, à l’étranger, à l’orphelin et à la veuve; et ils mangeront et se rassasieront, dans tes portes.
13 Tu diras devant Yahweh, ton Elohim : J’ai ôté de ma maison ce qui est consacré, et je l’ai donné au Lévite, à l’étranger, à l’orphelin et à la veuve, selon tous les ordres que tu m’as prescrits; je n’ai transgressé ni oublié aucun de tes commandements.
14 Je n’ai rien mangé de ces choses pendant mon deuil, je n’en ai rien fait disparaître pour un usage impur, et je n’en ai rien donné à l’occasion d’un mort; j’ai obéi à la voix de Yahweh, ton Elohim, j’ai agi selon tous les ordres que tu m’as prescrits.
15 Regarde de ta demeure sainte, des cieux, et bénis ton peuple d’Israël et le pays que tu nous as donné, comme tu l’avais juré à nos pères, ce pays où coulent le lait et le miel.

L’objectif de cette prière récitée était peut-être fait dans le but d’obliger les israélites à être honnête. En effet, les Lévites n’allaient pas vérifier si chaque personne donnait bien sa dîme. On ne pouvait pas contrôler cela sur des milliers d’Israélites, c’était une question d’honnêteté et de bonne conscience de la part de chacun. Le fait de réciter cette déclaration solennelle, obligeait les hébreux à ne pas mentir, car une fausse déclaration publique et devant Yahweh aurait eu des conséquences mauvaises. Déclarer qu’on donne sa dîme, alors qu’en réalité on en gardait un pourcentage, nous savons que ce genre de comportement se termine très mal.

Actes 5:1-5
1 Mais un homme nommé Ananias, avec Saphira sa femme, vendit une propriété,
2 et retint une partie du prix, sa femme le sachant; puis il apporta le reste, et le déposa aux pieds des apôtres.
3 Kepha lui dit: Ananias, pourquoi Satan a-t-il rempli ton cœur, au point que tu mentes au Saint-Esprit, et que tu aies retenu une partie du prix du champ ?
4 S’il n’eût pas été vendu, ne te restait-il pas ? Et, après qu’il a été vendu, le prix n’était-il pas à ta disposition ? Comment as-tu pu mettre en ton cœur un pareil dessein ? Ce n’est pas à des hommes que tu as menti, mais à Elohim.
5 Ananias, entendant ces paroles, tomba, et expira. Une grande crainte saisit tous les auditeurs.

Même après la mort et de la résurrection de Yeshoua, le fait de mentir à l’Esprit avait pour conséquence la mort immédiate. C’est de cette façon qu’il faut comprendre la prière que devaient réciter publiquement les hébreux dans Devarim chapitre 26. Cela les poussait à réellement donner leur dîme et pas seulement une partie. Si un Israélite mentait, il ne mentait pas aux hommes, mais à Yahweh directement. Donc voilà pour les deux types de prière que nous avons vu dans la Torah. Nous voyons à la fois une prière spontanée et nous voyons aussi une récitation très précise dans le passage de Devarim 26. De cette façon, la loi de la première mention nous indique que les prières doivent idéalement être prononcées de façon spontanée et non pas lu dans un livre. 

Cependant, dans certains contextes nous pouvons utiliser et réciter des passages de sa parole, mais nous devons le faire avec notre cœur et pas le réciter avec automatisme et sans aucune intention. En effet, celui qui récitait la prière sur la dîme et qui ne se concentrait pas, risquait la mort spirituelle en prononçant un faux témoignage. Il valait donc mieux pour les hébreux de ne pas réciter cette déclaration de manière obligatoire et mécanique. Il est clair que nous devons prononcer les paroles que Yahweh nous dicte, comme dans Devarim 26, mais nous ne devons pas non plus nous contenter de paroles vaines. Cependant, le débat qui opposait les prières fixes et les prières spontanées était très vif du temps de Yeshoua.

Prières libres ou prières fixes ?

Nous avons vu précédemment que les hommes de la Grande Assemblée avaient composé ou compilé certaines prières qui étaient utilisées pendant la période du Second Temple.

Il a également été dit : Rabbi Hiyya bar Abba a rapporté que Rabbi Yoḥanan avait dit : Les membres de la Grande Assemblée ont institué pour Israël des bénédictions, des prières, des sanctifications et les havdalot. [Talmud de Babylone, Berakhot 33a]
https://www.sefaria.org/Berakhot.33a.27?lang=bi

Cependant, nous avons également constaté une controverse dans le Talmud babylonien quant à savoir si les prières devaient être récitées par cœur et de manière obligatoire.

Rabbi Eliezer dit : « Celui dont la prière est figée, sa prière n’est pas une supplication. » La Guemara demande : « Que signifie  » figée » dans ce contexte ? » Rabbi Ya’akov bar Idi a rapporté que Rabbi Oshaya disait : « Cela désigne toute personne pour qui la prière est comme un fardeau, dont elle cherche à se décharger rapidement. » Les Rabbins disent : « Cela se réfère à quiconque ne récite pas la prière dans un langage de supplication, mais comme une récitation standardisée et sans émotion. » Rabba et Rav Yosef ont tous deux dit : « Cela se réfère à quiconque est incapable d’introduire un élément nouveau , c’est-à-dire quelque chose de personnel reflétant ses besoins personnels, dans sa prière, et se contente de réciter la formule standard. »  Le rabbin Zeira a déclaré : « Je pourrais introduire un élément nouveau dans chaque prière, mais je crains de m’y perdre. Par conséquent, il n’est pas question d’exiger des fidèles qu’ils introduisent un élément nouveau dans leurs prières. »
[Talmud de Babylone, Berakhot 29b, Soncino]
https://www.sefaria.org/Berakhot.29b.7-8?lang=bi&with=all&lang2=en

Nous voyons dans le talmud que les prières répétées et récitées rapidement n’étaient pas la volonté de tous les rabbins. Certains n’aimaient pas cela. Certains rabbins proposaient d’introduire des éléments nouveaux, ou des demandes plus personnelles. Nous savons que notre seul et unique Rabbi Yeshoua voulait des prières les plus spontanées possibles et qu’elles devaient venir de notre cœur.

Je crois que ce qui compte pour Yeshoua, ce ne sont pas forcément les prières fixes ou les prières libres. En effet, il est possible d’être sincère en récitant une prière fixe, mais ce sera plus simple d’être sincère si la prière est spontanée. 

Cependant, même une prière spontanée ne serait pas forcément agréée par Elohim, comme en témoigne le passage de Luc 18. Dans ce passage nous voyons que même dans le cas d’une prière libre, ce qui comptait le plus, c’était l’attitude de cœur, car même la prière libre d’un pharisien n’a pas été exaucée.

Luc 18:10-14
10 Deux hommes montèrent au temple pour prier; l’un était pharisien, et l’autre collecteur de taxes.
11 Le pharisien, debout, priait ainsi en lui-même: O Elohim, je te rends grâces de ce que je ne suis pas comme le reste des hommes, qui sont ravisseurs, injustes, adultères, ou même comme ce publicain;
12 je jeûne deux fois la semaine, je donne la dîme de tous mes revenus.
13 Le collecteur de taxes, se tenant à distance, n’osait même pas lever les yeux au ciel; mais il se frappait la poitrine, en disant: O Elohim, sois apaisé envers moi, qui suis un pécheur.
14 Je vous le dis, celui-ci descendit dans sa maison justifié, plutôt que l’autre. Car quiconque s’élève sera abaissé, et celui qui s’abaisse sera élevé.

Dans le cas d’une prière spontanée, nous voyons que ce qui importait à Elohim, c’était surtout d’avoir un cœur humble et non pas un cœur gonflé d’orgueil.

Pour conclure sur les prières fixes ou les prières spontanées, nous voyons que les prières spontanées sont les mieux adaptées pour prier sincèrement. Cependant, il est possible de prier sincèrement même en lisant une prière déjà écrite à l’avance. De plus, nous avons vu que même si nous prions spontanément, cela ne garantit pas que nous serons entendus par Yahweh, car le pharisien n’a pas été exaucé, parce que sa prière n’était pas faite dans l’humilité. 

La conclusion est que nous avons le droit de réciter une prière écrite à l’avance, mais que l’idéal c’est la prière spontanée, d’après la loi de la prière mention. C’est un peu la même conclusion que pour le sujet de la polygamie, l’idéal est une seule femme pour la vie, car c’est la loi de la première mention. Cependant, nous voyons que Yaakov avait deux femmes et deux concubines et qu’il n’était pas en faute.

Deux prières : le Shema et la Amidah

Au premier siècle, l’office synagogal était beaucoup moins codifié. Les fidèles chantaient le Shema (probablement avec le Ve’ahavta), et le célébrant improvisait une prière de la Amidah. Venaient ensuite les portions de la Torah et des Prophètes. Les Psaumes du Hallel (113-118) étaient souvent chantés les jours de nouvelle lune et lors des fêtes. Dans l’ensemble, il s’agissait d’un office plus court, plus simple et moins formel que l’office rabbinique synagogal moderne, avec son texte établi.

Personnellement, j’apprends encore comment devrait se dérouler un culte du shabbat. Je rappelle que nous sommes dans la série d’enseignements sur « la gestion d’une synagogue ». Idéalement, il serait plus sage d’avoir étudié l’ensemble de ces enseignements avant de commencer des réunions du shabbat. 

Pour ma part, j’ai commis de nombreuses erreurs au sujet de la gestion d’une synagogue et j’aimerais que ces erreurs puissent bénéficier à ceux qui regardent ces enseignements. Donc durant le reste de cette étude, je vais parler des différentes fautes que j’ai commises dans le but que vous ne reproduisez pas ces erreurs qui m’ont coûté très cher.

Une de mes premières erreurs, ça a été de commencer des réunions de shabbat sans avoir étudié en profondeur la série d’études sur la gestion d’une synagogue que Nazarene Israel propose sur son site internet. En gros, ce serait comme si vous vous lanciez dans la fabrication d’un meuble Ikea sans avoir lu la notice. 

Donc si je devais vous donner un premier conseil, je vous recommande de ne pas vous précipiter pour la création d’une assemblée, que ce soit une assemblée virtuelle sur zoom ou un petit groupe de maison. Il est vraiment préférable d’avoir des instructions précises avant de commencer les réunions, parce qu’une fois qu’on crée quelque chose, il est très difficile, voire impossible de revenir en arrière.

Avant de créer un groupe de shabbat, il peut être intéressant de demander autour de vous des conseils pour vous lancer dans l’aventure. Récemment j’ai demandé aux frères de Nazarene Israel de me donner des conseils sur comment structurer le culte du shabbat, car il est bon d’apprendre des erreurs des autres. Ils m’ont dit qu’ils faisaient le culte dans cet ordre là : 

  1. Quelques coups de shofar
  2. Prière du Avinou (Notre Père)
  3. Le Shema Israël (Le Ve’ahavta si possible)
  4. Prière spontanée (Amidah)
  5. 1 ou 2 Psaumes (Chanté ou lu)
  6. Lecture et enseignement de la Torah et des Prophètes (plus Alliance renouvelée)
  7. Psaumes 133
  8. Bénédiction Aaronique (Bamidbar 6:23-27)
  9. Prière de clôture
  10. Coups de shofar

Ces étapes dont je viens de vous faire la liste peuvent varier légèrement d’une synagogue à une autre. Ce ne sont pas des instructions à graver dans le marbre, mais cela peut être une bonne base pour démarrer. Certains ajouterons d’autres psaumes ou d’autres versets lus, et il se peut que l’ordre varie légèrement. Il faut aussi savoir que selon que votre assemblée est virtuelle ou physique, alors il y aura des différences. A présent nous allons essayer de passer en revu les différentes étapes que les frères de Nazarene Israël ont l’habitude de faire durant leur office du shabbat.

Shofar et prière d’entrée 

Pour les coups de shofar, il n’y a pas besoin d’en parler des heures, c’est quelque chose qu’on peut faire en début de réunion. Cela permet de nous mettre dans une ambiance solennelle, car c’est le culte de Yahweh qui commence. Ensuite, il y a la prière du Avinou (Notre Père), donc c’est la prière que Yeshoua nous a enseigné. Cette prière peut être chantée ou lue directement. Il existe des versions cantiliseé sur youtube pour ceux qui préfère la chanter a cappella.

(Matityahu 6:9-13)

Avinou shebashamayim, yitkadesh shimcha, tavo malchoutcha,
Notre Père Qui est aux cieux, que Ton Nom soit sanctifié, que vienne Ton Royaume,

ye’asseh retzoncha, kemo shebashamayim, ken ba’aretz.
que Ta volonté soit faite, comme aux cieux, ainsi sur la terre.

Et lechem choukenou ten lanou hayom,
Donne-nous aujourd’hui notre part de pain,

ou’slach lanu et chovoteinou ka’asher salachnou gam anachnou lechayaveinou,
et pardonne-nous nos péchés comme nous avons pardonné à ceux qui ont péché
contre nous,

al te’viénou lidei nisayon ki im chaltzenou min hara.
ne nous conduis pas dans l’épreuve, mais délivre-nous du mal.

Ki lecha hamamlachah vehaguevourah vehatiferet
Car à Toi appartient le Royaume, la puissance et la gloire

le’olmei olamim. Amen
pour l’éternité de l’éternité. Amen

Le Shema avec le Ve’ahavta

Le Shema est la première des deux prières principales. On le récite généralement par cœur. Bien que Yeshoua ait désapprouvé les prières récitées rapidement et sans émotions, il n’y a probablement aucune objection à ce que le Shema soit récité de mémoire, puisqu’il s’agit d’une citation des Écritures. Bien que le Shema soit techniquement tiré de Deutéronome 6:4, le Ve’ahavta [versets 5-9] est généralement récité en même temps, car c’est la suite logique du verset 4.

Shema

Devarim (Deutéronome) 6:4
4 Écoute, Israël ! Yahweh, notre Elohim, Yahweh est un.
4 Shema Yisrael ! Yahweh Eloheinou, Yahweh echad.

Ve’ahavta

Devarim (Deutéronome) 6:5-9
5 Tu aimeras Yahweh ton Elohim, de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta force.
5 Ve’ahavta, et Yahweh Eloheicha, bechol levavcha ouvchol nafshecha ouvchol me’odécha.
6 Et ces commandements, que je te donne aujourd’hui, seront dans ton cœur.
6 Vehayou hadevarim ha’èlé asher anochi metzavecha ha’yom al levavécha.
7 Tu les inculqueras à tes enfants, et tu en parleras quand tu seras dans ta maison, quand tu iras en voyage, quand tu te coucheras et quand tu te lèveras.
7 Veshinanetam levanécha, vedibarta bam, beshivtecha beveitécha, ouvléchtecha vadérech, ouvshochbecha ouvkoumécha.
8 Tu les lieras comme un signe sur tes mains, et ils seront comme des fronteaux entre tes yeux.
8 Oukshartam le’ot al yadécha, veha’you letotafot bein einécha.
9 Tu les écriras sur les poteaux de ta maison et sur tes portes.
9 Ouchtavtam al mezouzot beitécha ouvisharécha.

Vous pouvez réciter ces passages soit de façon cantillisée en chantant en hébreux, mais sinon vous pouvez les lire simplement en français. La cantillation, c’est comme le fait de psalmodier, c’est un peu à mi chemin entre le chant et le fait de parler, en général, le responsable cantilise sans instrument et donc a cappella.

Alors quand nous lisons le shema Israel et le Ve’ahavta durant l’office du shabbat, nous pouvons nous rappeler que Yeshoua a désigné ces passages comme « le premier et le plus grand commandement ». Donc c’est quelque chose de central pour les nazaréens.

Marc 12:28-30
28 Un des scribes, qui les avait entendus discuter, sachant que Yeshoua avait bien répondu aux sadducéens, s’approcha, et lui demanda: Quel est le premier de tous les commandements ?
29 Yeshoua répondit : Voici le premier [Shema] : Écoute, Israël, Yahweh, notre Elohim, Yahweh est un.
30 et : [Ve’ahavta] Tu aimeras Yahweh ton Elohim, de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta force.

Donc la récitation du Shema et du Ve’ahavta est importante pour les Nazaréens, mais nous devons faire attention de les réciter avec le cœur et pas de façon mécanique ou répétée. Maintenant nous pouvons parler du moment de la Amidah, donc la prière spontanée que l’officiant prononce.

La Amidah comme guide

La Amidah porte plusieurs noms. On l’appelle aussi Shemonei Esrei (Dix-huit), car elle comportait à l’origine dix-huit bénédictions, bien que les orthodoxes en aient ajouté une dix-neuvième par la suite (que nous aborderons séparément). Cependant, on la désigne souvent simplement comme « la Prière » (התפילה) en raison de son rôle central dans le culte juif depuis l’époque du Second Temple. Le mot hébreu Omed (עומד) signifie « debout », et le nom Tefilah Amidah (תפילת העמידה) signifie la prière debout.

Nous aborderons les paroles de la Amidah ailleurs, mais l’essentiel à retenir est que la pratique a évolué depuis le premier siècle. Aujourd’hui, le fidèle récite la Amidah en silence (bien qu’elle puisse ensuite être récitée à voix haute, en groupe). En revanche, au premier siècle, seul le hazzan (chef de l’office) la récitait à voix haute, et l’assemblée répondait « Amen ! » après chacune des dix-huit bénédictions. Surtout, lorsque le hazzan était versé dans les Écritures, il ne la récitait pas par cœur. Il improvisait plutôt ses prières pour chacun des dix-huit grands thèmes de bénédiction. Ainsi, il ne récitait pas une prière apprise par cœur, mais priait de tout son cœur. On considérait que cela donnait à l’office une dimension beaucoup plus vivante, et c’est précisément cet aspect vivant qui fait défaut lorsqu’on récite la Amidah de façon mécanique.

Donc dans un office nazaréen, le responsable qui mène le culte doit prier spontanément, et l’assemblée peut approuver sa prière en disant amen. Il peut évidemment aussi avoir des prières spontanées pour les personnes de l’assemblée.

Tel père, tel fils

Il est intéressant de noter que si Rabban Gamaliel II a fixé la formulation de la Amidah et l’a rendue obligatoire trois fois par jour, son père, Rabbi Gamaliel I, souhaitait la rendre obligatoire (par apprentissage mécanique) deux fois par jour. Dans ce passage du Talmud, la Amidah est appelée la prière du soir.

Les Sages ont enseigné : Un incident impliquait un étudiant qui s’est présenté devant Rabbi Yehoshua . L’étudiant lui a demandé : « La prière du soir est-elle facultative ou obligatoire ? »  Rabbi Yehoshua  lui a répondu : « Facultative. » Le même étudiant se présenta devant Rabban Gamliel et lui demanda : « La prière du soir est-elle facultative ou obligatoire ? »  Rabban Gamliel  répondit : « Obligatoire. »
[Talmud, Traité Berakhot 27b]
https://www.sefaria.org/Berakhot.27b.15-16?lang=bi

Ce passage montre que l’obligation de la Amidah a été l’objet de débat dans le judaïsme rabbinique.

Concernant la Amidah, Yeshoua a simplement dit que chaque fois que nous prions debout (c’est-à-dire lorsque nous récitons la Prière debout), nous devons pardonner afin de pouvoir être pardonnés nous aussi. Cela nous montre que l’important n’est pas la fréquence à laquelle nous récitons la Amidah par cœur, mais plutôt l’attitude sincère de notre cœur, empreinte d’humilité et de pardon, lorsque nous prions.

Marc 11:25-26
25 Et, lorsque vous êtes debout faisant votre prière, si vous avez quelque chose contre quelqu’un, pardonnez, afin que votre Père qui est dans les cieux vous pardonne aussi vos offenses.
26 Mais si vous ne pardonnez pas, votre Père qui est dans les cieux ne vous pardonnera pas non plus vos offenses.

L’autre passage où Yeshoua parle de la prière debout, nous l’avons déjà évoqué c’est Luc 18 avec le pharisien et le collecteur de taxe. Yeshoua insistait sur le fait de prier avec un cœur humble. 

Récitation hypnotique

Ceux qui récitent la Amidah de façon automatique, prétendent que cette récitation peut avoir un effet hypnotique, comme si c’était une bonne chose, mais nous ne partageons pas cette idée. 

Pour nous la prière récitée par cœur est une forme de supercherie habile pour ceux qui pense que le fait de répéter certains mots ou phrases peut avoir un impact invisible sur notre esprit. Cette pratique s’apparente à de la pensée positive ou de l’autohypnose, nous avions déjà vu dans un autre enseignement que la récitation répétée des choses n’est pas une pratique biblique, mais une pratique ésotérique.

Donc une nouvelle fois, attention aux prières répétées mécaniquement, cela peut avoir un effet hypnotique sur beaucoup de croyants qui croient y voir une forme de bienfait, mais ces pratiques sont proches de l’ésotérisme et ne sont pas des pratiques bibliques.

Louange et Psaumes

Après la prière conduite par l’officiant, il y a un moment d’adoration. Si votre communauté possède un chantre, alors il pourra chanter un ou deux psaumes. S’il n’y a pas de personnes qualifiées ou que tout le monde chante faux, alors le responsable peut simplement lire des psaumes. Si vous faites une réunion de shabbat virtuelle, le mieux c’est que le chantre soit le seul à ouvrir son micro et les autres membres peuvent suivre la louange en coupant leur micro pour ne pas créer un brouhaha où tout le monde est en décalage.

Il est souvent préférable de rester dans les louanges qui proviennent des écritures, car bon nombre de prières et de chants sont influencés par la Kabbale et sont impurs. Par exemple, le chant « Shalom Aleichem », bien que magnifique, invite les fidèles à prier les messagers (les anges) plutôt qu’Elohim. 

Voyons une des paroles de Shalom Aleichem pour voir de quoi il s’agit.

Accordez-moi la bénédiction de la paix, anges de paix, anges du Très-Haut.

Dans cette louange nous voyons une demande faite aux anges de nous donner une bénédiction, c’est donc une forme de prière. D’après ce que nous lisons dans les écritures, nous ne devons pas adresser d’adoration aux anges de Yahweh, ni leur demander quoi que ce soit, nous devons au contraire toujours demander au Père ces bénédictions. 

Pour ces raisons, et bien d’autres, nous devons adapter notre siddour (recueil de chants) et nos offices avec le style que suivait Yeshoua au premier siècle. Dans la plupart des chants, le nom de Yahweh est absent, car il est souvent remplacé par Hachem, ou Adonaï. Mais il est préférable d’adapter des chants existants en remplaçant Hachem par Yahweh. L’office rabbinique moderne à la synagogue peut comporter bien plus de chants qu’au premier siècle. Le problème n’est pas le nombre de chants, mais plutôt la qualité des paroles. Certains chants contiennent de mauvaises paroles et d’autres non. Les chants tirés directement des Écritures et mis en musique peuvent toujours être chantés sans problème. Les autres paroles doivent être examinées. Nous ignorons précisément quels chants étaient entonnés au temps de Yeshoua, mais d’après les évangiles, nous savons qu’ils chantaient des psaumes.

Matityahu (Matthieu) 26:30
Après avoir chanté les cantiques (humneo), ils se rendirent à la montagne des oliviers.

Quand nous faisons une recherche sur ce mot Humneo, nous voyons que cela fait référence à ce que les juifs appellent le grand hallel. Alors le grand Hallel c’est une série de psaumes qui va du psaume 113 au psaume 118. Donc Yeshoua et ses disciples chantaient probablement ces psaumes durant les fêtes de Yahweh. Parlons maintenant de la direction d’une synagogue.

Direction de la synagogue

Historiquement, en Israël, Elohim appelle généralement un seul homme à diriger. Il peut avoir de nombreux assistants, mais tous doivent être organisés selon une hiérarchie spirituelle et militaire, car il est dit qu’Israël est appelé au service de Yahweh en tant qu’armée de l’Elohim vivant.

Shemot (Exode) 6:26
Ce sont les mêmes Aaron et Moïse à qui Yahweh a dit : « Faites sortir les enfants d’Israël du pays d’Égypte selon leurs armées. »

De même qu’Israël était organisé par dizaines, cinquantaines, centaines et milliers, Yeshoua a également demandé à ses disciples d’organiser le peuple par groupe de cent et de cinquante.

Marc 6:39-40
39 Alors il leur commanda de les faire tous asseoir par groupes sur l’herbe verte,
40 et ils s’assirent par rangées de cent et de cinquante.

La structure que Yeshoua désire est une structure qui ressemble au style militaire. Cela signifie qu’il faudra servir le peuple et répondre à ses besoins, mais l’organisation ne doit pas être “sans chef”, comme beaucoup de messianiques essaient de le faire aujourd’hui. Durant les offices de shabbat de l’assemblée de nos frères de Nazarene Israel, il y a un seul homme à la direction du culte. Cependant, il est aidé par deux autres hommes pour ce qui est de la louange, de la lecture de la parasha ainsi que la gestion du temps de parole des membres de l’assemblée. Dans la Nouvelle Alliance, Elohim peut appeler des groupes d’hommes à diriger ensemble (comme les apôtres et les anciens). Cependant, il ne s’agit pas d’un gouvernement par comité, ni même d’un gouvernement à la majorité.  Au contraire, un ordre doit être établi parmi eux, conformément à leur ordre sacerdotal (c’est-à-dire l’ordre de Melchisédek). Dans le cas des anciens de la congrégation, celui qui a le plus servi doit être le chef. 

Remarquons que Yaakov (Jacques) était probablement le nassi (prince ou président) du Beth Din, raison pour laquelle les autres apôtres sont allés le voir.

Actes 21:18
Le lendemain, Shaoul se rendit avec nous chez Yaakov, et tous les anciens s’y réunirent.

Dans le christianisme l’ordre au sein d’une assemblée est plutôt démocratique, c’est à dire que ce n’est pas une seule personne qui décide, mais plutôt une équipe pastorale, nous en avions déjà parlé dans d’autres enseignements.

Dans le milieu rabbinique également, ils suivent souvent un ordre démocratique, car même s’il y a des responsables et des nassi, et bien l’assemblée peut changer de responsable selon ces préférences du moment.

Pour vous montrer la démocratie talmudique en action, je vais vous montrer un passage du Talmud où j’ai pu lire cette histoire avec deux rabbins. Le rabbi Gamaliel était le nassi, mais un autre rabbi a contesté ses enseignements. Il y avait donc une petite altercation entre rabbi Yehoshua et rabbi Gamaliel. Gamaliel était le nassi, ce qui veut dire qu’il était le chef de toute l’assemblée.

Rabbi Yehoshua répondit : « Non, personne ne le conteste. » Par respect pour le Nasi , il ne souhaitait pas discuter publiquement avec lui ( Tziyyun LeNefesh Ḥayya ). Rabban Gamliel  dit alors à  Rabbi Yehoshua : « Mais n’est-ce pas en votre nom qu’on m’a dit que la prière du soir était facultative ? »
https://www.sefaria.org/Berakhot.27b.15?lang=bi

Gamaliel n’était pas content, car rabbi Yehoshoua enseignait derrière son dos aux autres membres de l’assemblée des choses contraires à son enseignement qui faisait autorité dans la synagogue.

Pendant ce temps, Rabban Gamliel , en sa qualité de Nasi , était assis et donnait son enseignement, tandis que Rabbi Yehoshua restait debout, car Rabban Gamliel ne lui avait pas demandé de s’asseoir. Il demeurait debout par respect pour le Nasi . Cela dura un certain temps, jusqu’à susciter un vif ressentiment contre Rabban Gamliel , et toute l’ assemblée se mit à murmurer et dit à Ḥutzpit, le prédicateur : « Arrête de transmettre l’enseignement de Rabban Gamliel ! » Et il s’arrêta.

Dans ce passage du Talmud, nous voyons que l’assemblée a décidé de retirer la fonction de nassi à Gamaliel et de mettre quelqu’un d’autre à sa place, quelqu’un de plus jeune.

Ici encore, il l’afflige. Retirons-le de sa fonction de Nasi. L’accord fut ainsi conclu, mais une question se posa : qui nommer à sa place ? Devrions-nous nommer Rabbi Yehoshua ? Les Sages rejetèrent cette option car Rabbi Yehoshua était impliqué dans l’incident qui avait entraîné la destitution de Rabban Gamliel. Le nommer aurait été extrêmement pénible pour ce dernier.

Comme il y avait eu un conflit entre deux rabbins, alors l’assemblée a décidé de retirer Gamaliel de son titre de Nassi, car l’assemblée n’aimait pas comment le rabbi Yehoshua avait été puni de sa faute de faire des enseignements derrière le dos du nassi. Dans l’ordre rabbinique, il ne semble pas avoir de jugement, l’ordre de destitution est appliqué directement. Dans le sacerdoce de Yeshoua, cela fonctionne différemment. Il y a la procédure de Matthieu 18. Cette procédure prévoit d’aller discuter avec la personne seul à seul puis si la personne n’écoute pas, il y a la seconde étape de régler l’affaire entre deux ou trois témoins, et puis si la personne n’écoute toujours pas, il y a ensuite la dernière étape devant toute l’assemblée. Dans la façon rabbinique, on n’applique pas la procédure de Yeshoua et la personne est directement démise de ses fonctions.

Dans le cas d’une personne ointe à un poste particulier, nous voyons dans la Torah qu’on ne peut pas retirer une onction divine. Dans le cas du roi Saül, même quand celui-ci a commis plusieurs grandes fautes, il a continué à exercé son ministère, car même si David avait été nommé roi, il n’a jamais levé la main sur Saül qu’il considérait encore comme l’oint de Yahweh.

1 Shmouel (Samuel) 24:7
Et il dit à ses gens : Que Yahweh me garde de commettre contre mon Adon, l’oint de Yahweh, une action telle que de porter ma main sur lui ! Car il est l’oint de Yahweh.

Il y a aussi l’exemple de Aaron qui avait été oint pour son rôle dans le sacerdoce. Même après qu’il ait commis la faute du veau d’or, il a continué à exercer son ministère et ses fils après lui ont continué à garder l’onction de Yahweh.

Dans le cas du sacerdoce rabbinique, un extrait du Talmud montre qu’ils n’avaient pas le droit de rétrograder quelqu’un de la charge de Nassi.

La question se posa de savoir quoi faire du rabbin Elazar ben Azarya . On se demanda : « Que faire ? Le destituer ? » Cela était inapproprié, car la halakha transmise par la tradition stipule qu’on élève une personne à un degré de sainteté supérieur et qu’on ne la dégrade pas. Par conséquent, celui qui était le Nasi du Sanhédrin ne pouvait être rétrogradé.

Donc même s’ils savaient qu’il ne fallait pas destituer, ils l’ont quand même fait pour Gamaliel, car ils ne l’appréciaient pas. Donc il y avait cette lutte entre le respect de l’onction divine et la démocratie. D’après ce que les rabbins disent aujourd’hui, la démocratie l’a emporté sur le respect de l’onction. En effet, nous voyons que l’assemblée a décidé immédiatement de remplacer Gamaliel par un autre nassi.

Les Sages suggérèrent plutôt de nommer Rabbi Elazar ben Azarya à sa place, car ses qualités exceptionnelles le distinguaient des autres candidats. Il était sage, riche et descendant d’ Esdras à la dixième génération . La Guemara explique : « Il est sage, de sorte que si Rabban Gamliel le met au défi en matière de Torah, il y répondra sans embarras. Et il est riche, de sorte que si le besoin se fait sentir de rendre hommage à la cour de César et de représenter Israël pour plaider et négocier, il dispose des ressources suffisantes pour couvrir les frais des longs voyages, les impôts et les présents, et pourra donc lui aussi s’y rendre. Et il est descendant d’ Esdras à la dixième génération , bénéficiant ainsi du mérite de ses ancêtres, et Rabban Gamliel ne pourra pas le faire punir . » Ils vinrent lui demander : « Le Maître consentirait-il à être le directeur de la Yechiva ? » Il leur répondit : « Je vais consulter ma famille. » Il alla donc consulter sa femme.

Donc on voit que la nomination du responsable dans le rabbinisme talmudique se faisait par décision démocratique. On voit que le nassi, le directeur de la Yeshiva n’était qu’une sorte de pantin, mais la vraie direction était conduite par l’assemblée, c’est elle qui tirait les ficelles tout en faisant croire qu’elle était soumise au directeur. De plus, l’assemblée décidait sur des critères génétiques, car rabbi Elazar était un descendant d’Esdras. L’assemblée a décidé également parce qu’il avait de l’argent. Donc peu importe que les enseignements de Gamaliel soient bons ou pas, la démocratie va élire les personnes qui plaisent à l’assemblée, mais pas forcément à la justice divine. D’ailleurs, quelque temps après avoir destitué de sa position, l’assemblée va encore changer d’avis et réintégrer Gamaliel à sa fonction de nassi.

Rabbi Akiva lui dit : « Rabbi Yehoshua , êtes-vous apaisé ? Tout ce que nous avons fait l’a été pour défendre votre honneur. Si vous lui avez pardonné, nous n’y voyons aucun inconvénient. Demain matin, nous irons ensemble chez Rabban Gamliel et lui proposerons de le réintégrer dans ses fonctions de Nasi . »

Si je vous ai lu ce passage du Talmud, c’est pour vous montrer les choses à ne pas faire. On ne doit pas agir comme cela concernant les responsables nazaréens. Dans la longue liste d’erreurs que j’ai commises dans ma vie, j’ai aussi eu ce désir qu’un des responsables nazaréen soit retiré de sa fonction de direction, car cette personne avait commis de nombreux méfaits. Yahweh m’a lourdement châtié pour avoir eu ce désir démocratique. Donc attention à ce désir démocratique, il est en abomination à Yahweh. Si un responsable oint commet des péchés, vous devez suivre la procédure de Matthieu 18. Le reste c’est Yahweh qui le fera, c’est Yahweh qui destitue ses oints, mais ce n’est pas au peuple de faire cela, même si cela est tentant.

Donc voilà pour la nomination du responsable d’une synagogue, nous ne devons pas suivre la façon talmudique en nommant le responsable selon les désirs de l’assemblée, car nous savons que c’est l’esprit démocratique de Koré qui tenta de prendre la place de Mosheh l’oint de Yahweh.

Yahweh ne souhaite pas que nous suivions la démocratie et il ne souhaite pas que nous suivions le fonctionnement talmudique où l’assemblée décidait de la personne responsable de la synagogue. Yahweh souhaite qu’on suive les personnes qui ont été élues par son Esprit.

Réprimander le lion rugissant

Bien que le shabbat et les fêtes doivent être un moment de grande joie pour tous, le culte d’Elohim est en général très sérieux et doit être conduit comme une assemblée solennelle.

Vayikra (Lévitique) 23:3
On travaillera six jours; mais le septième jour est le shabbat, le jour du repos: il y aura une sainte convocation. Vous ne ferez aucun ouvrage: c’est le shabbat de Yahweh, dans toutes vos demeures.

Il est bon de se réjouir et de chanter des psaumes, mais surtout en tant que berger, vous devez rester concentré dans l’Esprit de Yahweh, afin de vous protéger du lion et du loup. L’Adversaire ne se réjouira pas de votre choix de servir Elohim et tentera de saboter votre assemblée s’il le peut. Kepha (Pierre) nous avertit de rester sobres et vigilants, car notre adversaire, le diable, rôde comme un lion rugissant, cherchant qui il dévorera.

1 Kepha (Pierre) 5:8
Soyez sobres, veillez. Votre adversaire, le diable, rôde comme un lion rugissant, cherchant qui il dévorera.

Si vous souhaitez servir Yahweh en tant que responsable d’une assemblée, Satan vous a dans son viseur. Il n’a aucune intention de vous épargner, ni vous, ni vos fidèles, et vous pouvez vous attendre à ce qu’il vous mette à l’épreuve, vous et votre assemblée, régulièrement. La tâche est d’autant plus ardue que la plupart de vos fidèles seront en constante évolution. Ils auront besoin de corrections bienveillantes et régulières pour parvenir à la perfection en Yeshoua Mashiah.

Colossiens 1:28
C’est lui que nous annonçons, exhortant tout homme, et instruisant tout homme en toute sagesse, afin de présenter à Elohim tout homme, devenu parfait en Mashiah.

L’essentiel est d’aimer son prochain comme un père aime ses enfants. Si vous les aimez et qu’ils le savent, ils accepteront généralement vos remontrances, car ils sauront qu’elles viennent de l’amour. Cependant, il est important que chacun prenne conscience que notre mission est de présenter tous les hommes parfaits en Yeshoua Mashiah, et que le Jour du Jugement approche (et qu’il n’y a plus de temps pour la folie).

Un temps de partage

À chaque réunion de shabbat, vous pouvez prévoir un temps pour que chacun puisse partager comment l’Esprit Saint l’édifie. Encouragez ce partage (pour ceux qui le souhaitent sincèrement). Prévoyez un moment pour ceux qui veulent chanter un psaume (surtout en hébreu), ou qui ont un enseignement, un don de langues, une révélation ou une interprétation à partager. 

1 Corinthiens 14:26
Que faire donc, frères ? Lorsque vous vous assemblez, les uns ou les autres parmi vous ont-ils un cantique, une instruction, une révélation, une langue, une interprétation, que tout se fasse pour l’édification.

Ces moments de partage exigent également une grande sagesse et du discernement. De nombreux esprits impurs tenteront de s’infiltrer dans votre assemblée, se cachant derrière vos membres. Bien que vous ne souhaitiez pas entraver l’action du Saint-Esprit, vous ne pouvez pas non plus permettre à la folie ou aux esprits impurs d’agir au sein de l’assemblée. Si une personne n’est pas véritablement pure et enracinée dans le Saint-Esprit, faites preuve de discernement quant à la possibilité de lui donner la parole (ou non). C’est pourquoi nous sommes organisés comme un ordre spirituel et militaire : le responsable et ses collègues anciens devront exercer cette autorité avec amour et régularité. 

Pour avoir participé à de nombreuses réunions de shabbat, une des choses les plus difficiles qui soit, c’est la gestion du temps de parole des membres de l’assemblée. Certaines personnes s’accapareront la parole en faisant de longs monologues, laissant les autres membres dans le silence. Shaoul nous explique que cela ne doit pas arriver, mais qu’au contraire les membres doivent pouvoir parler à tour de rôle, selon que l’Esprit les inspire.

1 Corinthiens 14:27-33
27 Si quelqu’un parle en langues, que deux ou trois au plus parlent à tour de rôle, et qu’un seul interprète.
28 S’il n’y a pas d’interprète, qu’il se taise dans l’assemblée et qu’il parle à lui-même et à Elohim.
29 Que deux ou trois prophètes parlent, et que les autres jugent.
30 Si quelque chose est révélé à un autre qui est assis là, que le premier se taise.
31 Car vous pouvez tous prophétiser, un à un, afin que tous soient instruits et que tous soient encouragés.
32 Les esprits des prophètes sont soumis aux prophètes.
33 Car Elohim n’est pas un Elohim de désordre, mais de paix, comme dans toutes les assemblées des saints.

Quand j’enseignais la parasha dans un groupe de shabbat, je posais des questions concernant l’enseignement pour voir si les membres suivaient bien la lecture. D’autre part, je posais surtout des questions aux personnes qui participaient le moins. De cette façon, le temps de parole était mieux réparti, car dans les groupes humains, s’il n’y a pas de personne qui régule le temps de parole, il y aura toujours des membres qui monopolisent le micro et d’autres qui ne parleront quasiment jamais. On entend souvent dire que la nature a horreur du vide et c’est d’autant plus vrai dans un groupe de croyants. 

Vous savez c’est comme dans une classe d’école, il y a toujours un élève au premier rang qui veut répondre à toute les questions et qui veut monopoliser l’attention. Un bon professeur ignore en général ceux qui monopolisent l’attention et va essayer de mettre en avant ceux qui participent le moins dans le but que les élèves avancent tous à un rythme similaire. Dans votre assemblée, vous pouvez aussi utiliser cette stratégie. Le but étant que tout le corps de Yeshoua avance au même rythme. Yahweh utilise aussi cette stratégie pour réguler ceux qui s’élèvent de trop.

Matityahu (Matthieu) 23:12
Quiconque s’élèvera sera abaissé, et quiconque s’abaissera sera élevé.

Quand j’ai mis en place des questions dans le but de gérer le temps de parole, cela n’a pas été accepté par tout le monde, car souvent ce que recherchent les gens dans les réunions, c’est simplement de se goinfrer de connaissance sans pour autant penser aux autres. De plus, beaucoup de personnes veulent simplement passer un bon moment dans la communion fraternelle et pas forcément de se retrouver dans l’ambiance d’une classe d’école. Dans la société actuelle, on pousse les citoyens à toujours plus d’individualisme, “moi je, moi je”. Vous devrez donc vous battre contre cette mentalité avec les membres de votre assemblée.

Les anciens chrétiens (les Ephraïmites) en général, voient plutôt l’étude biblique comme un salon de thé où l’on bavarde et où on refait le monde. Néanmoins dans la maison de Juda, l’étude biblique est un véritable apprentissage comme nous avions l’habitude de le faire à l’école. D’ailleurs les juifs appellent parfois leur synagogue “Shul” en yiddish qui vient de l’Allemand Schule qui veut dire école. Les Éphraïmites et les juifs ont donc des visions très différentes en ce qui concerne la vie communautaire et les réunions de shabbat.

Personnellement, même si je viens du christianisme et que j’aime beaucoup les salons de thé, je pense qu’il est préférable d’être davantage discipliné comme dans une école, car c’est le prix à payer si nous voulons devenir de vrais disciples et pas seulement des spectateurs ou des consommateurs. D’ailleurs l’apôtre Shaoul a même utilisé une école pour faire des disciples.

Actes 19:8-9
8 Ensuite Shaoul (Paul) entra dans la synagogue, où il parla librement. Pendant trois mois, il discourut sur les choses qui concernent le royaume d’Elohim, s’efforçant de persuader ceux qui l’écoutaient.
9 Mais, comme quelques-uns restaient endurcis et incrédules, décriant devant la multitude la voie de Yahweh, il se retira d’eux, sépara les disciples, et enseigna chaque jour dans l’école d’un nommé Tyrannus.

Même si Shaoul n’enseignait plus le judaïsme, il a cependant gardé une certaine rigueur et une discipline provenant de la maison de Juda. De ce point de vue là, Juda est un bien meilleur élève que les Ephraïmites. D’ailleurs ce n’est pas pour rien que Yahweh a confié à Juda les choses concernant le culte, car la maison de Juda est bien plus rigoureuse que la maison d’Ephraïm. Shaoul parle de cela dans Romains 9.

Romains 9:4-5
4 A qui appartiennent l’adoption, la gloire, les alliances, la loi, le culte, les promesses,
5 et les patriarches, et de qui est issu, selon la chair, le Mashiah, qui est au-dessus de toutes choses, Elohim béni éternellement. Amen !

Une des différence majeure entre la maison de Juda et la maison d’Ephraïm, c’est que Juda met en avant l’étude et place la communion en deuxième place. A l’opposé les Éphraïmites, en général, mettent le plaisir de la communion fraternelle en premier et mettent l’étude de la parole ensuite. Cela nous explique pourquoi les synagogues ressemblent à des écoles sérieuses et pourquoi les églises ressemblent à des salons de thé très décontractés. Cependant, il faut régulièrement rappeler que nous devons suivre la grande mission de Yeshoua. 

Matityahu (Matthieu) 28:19-20
19 Allez, faites de toutes les nations des disciples, les baptisant au nom de Yeshoua
20 et enseignez-leur à observer tout ce que je vous ai prescrit. Et voici, je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde.

Yeshoua ne nous a pas demandé de faire des touristes et de faire des salon de thé, non Yeshoua demande des disciples, des élèves qui apprennent ses commandements, d’où l’importance de s’inspirer de l’attitude de Juda plutôt que de suivre la façon Éphraïmite. D’autre part, il y a de nombreuses personnes qui m’ont avoué aller dans des groupes de croyants simplement pour bénéficier de la communion fraternelle. Même si ces groupes enseignaient contre les écritures, contre la Torah, cela passait au second plan, l’important c’était de nourrir ce désir de communion en premier lieu. En tant que dirigeant, cette bataille contre l’instinct tribal de communion fraternelle sera très difficile, mais vous devrez sans cesse rappeler que nous nous réunissons pour devenir des disciples et non pas pour participer à un salon de thé. Et si vous tentez de vous interposer contre cet instinct tribal, vous passerez pour un rabat joie, comme quand Mosheh est descendu de la montagne pour mettre fin à la petite réjouissance des hébreux.

Nous devons nous réunir, non pour plaire à nos instincts charnels, mais pour plaire à l’Esprit de Yahweh. Quand nous allions dans une école étant enfant, nous y allions pour apprendre et puis à travers les enseignements, nous avons pu rencontrer des amis et nous avons bénéficié de moment communautaire de qualité. C’est dans cet ordre que cela fonctionne. Aujourd’hui les gens inversent les choses en se servant des synagogues uniquement comme un endroit de communion pour combler leur solitude ou leur boulimie de connaissance. Ce qu’il faut comprendre c’est que la communion fraternelle est une bénédiction offerte pour avoir étudié la parole de Yahweh, mais nous ne devons pas inverser l’ordre et la priorité des choses. 

Les responsables d’assemblée

La parole de Yahweh nous enseigne que les responsables de kehilah doivent être mariés, car une grande partie de leur rôle consiste à donner le bon exemple aux fidèles sur la manière d’élever une famille dans la foi.

1 Timothée 3:1-13
1 Cette parole est certaine: Si quelqu’un aspire à la charge de responsable, il désire une œuvre excellente.
2 Il faut donc que le responsable soit irréprochable, mari d’une seule femme, sobre, modéré, réglé dans sa conduite, hospitalier, propre à l’enseignement.
3 Il faut qu’il ne soit ni adonné au vin, ni violent, mais indulgent, pacifique, désintéressé.
4 Il faut qu’il dirige bien sa propre maison, et qu’il tienne ses enfants dans la soumission et dans une parfaite honnêteté;
5 car si quelqu’un ne sait pas diriger sa propre maison, comment prendra-t-il soin de l’assemblée d’Elohim?
6 Il ne faut pas qu’il soit un nouveau converti, de peur qu’enflé d’orgueil il ne tombe sous le jugement du diable.
7 Il faut aussi qu’il reçoive un bon témoignage de ceux du dehors, afin de ne pas tomber dans l’opprobre et dans les pièges du diable.
8 Les diacres aussi doivent être honnêtes, éloignés de la duplicité, des excès du vin, d’un gain sordide,
9 conservant le mystère de la foi dans une conscience pure.
10 Qu’on les éprouve d’abord, et qu’ils exercent ensuite leur ministère, s’ils sont sans reproche.
11 De même, que leurs femmes soient honnêtes, non médisantes, sobres, fidèles en toutes choses.
12 Les diacres doivent être maris d’une seule femme, et diriger bien leurs enfants et leurs propres maisons;
13 car ceux qui remplissent convenablement leur ministère s’acquièrent un rang honorable, et une grande assurance dans la foi en Yeshoua Mashiah.

Alors il existe des débats pour savoir si un pasteur doit ou ne doit pas être marié. D’après ce que nous enseigne l’apôtre Shaoul, cela semble clair qu’il dit que les hommes doivent être mariés, car il explique que si le responsable ne sait pas diriger sa propre maison, alors il ne pourra jamais prendre soin d’une assemblée.

1 Timothée 3:5
Car si quelqu’un ne sait pas diriger sa propre maison, comment prendra-t-il soin de l’assemblée d’Elohim ?

Cependant il existe toujours des débats sur ce sujet. Norman Willis enseigne dans son cours sur “Divorce, remariage et leadership” qu’un responsable d’assemblée peut hypothétiquement être célibataire dans le cas où il serait continent, c’est à dire dans l’abstinence sexuelle.

[Il peut aussi, en théorie, exister des responsables de congrégation qui soient abstinents, voire célibataires, mais la règle normative veut que les responsables de congrégation soient choisis, au moins en partie, en fonction de leur capacité à guider les fidèles vers l’idéal théorique. Et s’ils ne donnent pas cet exemple, cela conduit à une situation où les dirigeants demandent aux fidèles de faire quelque chose de différent de ce qu’ils font eux-mêmes, ce qui relève de l’hypocrisie.]
https://nazareneisrael.org/book/divorce-remarriage-and-leadership/

Norman Willis explique qu’un diacre ou un pasteur célibataire est une mauvaise chose, car il enseignera quelque chose qu’il ne pratique pas lui même, et cela abouti en général à de l’hypocrisie, donc a avoir un coeur double. Sur ce point je suis entièrement d’accord avec lui, un responsable célibataire n’est pas une bonne chose. Cependant, malgré ces explications, Norman accepterait d’ordonner un diacre célibataire et également d’ordonner une diaconesse si elle était marié.

Nous considérons que le diaconat est une fonction exercée par un couple marié. Bien que nous puissions ordonner un diacre célibataire ou chaste, nous n’ordonnons pas de diaconesses en dehors d’un couple marié.
https://nazareneisrael.org/nazarene-israel/about-nazarene-israel/ordination-requirements/

Parmi les nombreuses fautes que j’ai commises dans la gestion d’une synagogue, la plus grave a été d’avoir nommer à la charge de pasteur un homme célibataire sans enfants. J’ai donc pu voir concrètement si c’était une bonne idée ou non. La réponse c’est que c’était une grave erreur. Donc par expérience et à travers mes erreurs, je peux vous assurer que les recommandations de l’apôtre Shaoul surpassent les conseils d’un apôtre contemporain comme Norman Willis. J’ai un immense respect pour les enseignements de Nazarene Israel et je suis à 90% d’accord avec ses enseignements, mais il existe des domaines où je ne peux pas les suivre, notamment dans la possibilité de nommer des diacres célibataires. Norman l’envisage dans certaines circonstances, mais personnellement et par expérience je n’approuve plus cette hypothèse.

Donc je vous conseille vivement de suivre à la lettre ce que nous conseille l’apôtre Shaoul sur la nomination des diacres, ils doivent être des hommes mariés et ils doivent avoir des enfants. D’ailleurs, même si un homme est marié et a des enfants, cela ne veut pas dire qu’il fera un bon pasteur. Même ces conditions ne suffisent pas, car Shaoul nous dit que de tels diacres doivent être mis à l’épreuve avant d’exercer leur ministère.

1 Timothée 3:10
Qu’on les éprouve d’abord, et qu’ils exercent ensuite leur ministère, s’ils sont sans reproche.

Si après une période d’essai vous voyez qu’un diacre ne fait pas bien son travail, alors il faudra en choisir un autre plus qualifié. Quand Yahweh m’a montré ma faute d’avoir nommé un homme célibataire en tant que pasteur, c’est comme quand vous passer de l’état de chrétien à l’état de nazaréen. Quand on devient nazaréen, nous comprenons que nous devons obéir aux commandements de la Torah et on se sent très idiot, car c’est répété partout dans la Bible, et c’est comme si des écailles tombaient de nos yeux, c’est une forme d’aveuglement. Et bien quand Yahweh m’a fait réalisé que j’avais nommé un diacre célibataire, c’est comme si je retrouvais la vue, mais je n’avais aucune excuse car c’est écrit très clairement dans les écritures, ça a donc été pour moi une très grande humiliation et un énorme coup de massue. Mais je suppose que nos erreurs et nos fautes doivent servir d’exemple et surtout servir d’enseignement pour les futurs croyants en Yeshoua qui souhaiteraient fonder une synagogue.

Femmes diaconesses

Alors outre le fait qu’on ne devrait jamais nommer un diacre célibataire, nous ne devons pas non plus nommer de diacre féminin. Cependant, Norman Willis enseigne dans son cours sur les conditions d’ordination qu’une femme peut accéder à ce rôle.

Nous considérons que le diaconat est une fonction exercée par un couple marié. Bien que nous puissions ordonner un diacre célibataire ou chaste, nous n’ordonnons pas de diaconesses en dehors d’un couple marié. Une sœur fidèle désireuse de servir, mais célibataire ou chaste, ou dont le mari n’est pas encore dans la foi, peut demander le statut de « diaconesse amie », mais nous n’accordons généralement pas ce statut au sein de la hiérarchie (seulement au sein des services administratifs et de soutien).
https://nazareneisrael.org/nazarene-israel/about-nazarene-israel/ordination-requirements/

Encore une fois, je ne peux pas suivre Norman Willis dans cette interprétation qui est la sienne. Il y a trop peu d’arguments en faveur de femme pour un tenir un rôle de diacre. Souvent les gens prennent le verset de Romains 16 pour appuyer le fait qu’une femme pourrait être diaconesse.

Romains 16:1 (Louis Segond)
Je vous recommande Phœbé, notre sœur, qui est diaconesse de l’Eglise de Cenchrée.

En lisant cette traduction Louis Segond, nous pourrions croire qu’une femme pourrait être la responsable d’une assemblée et prendre autorité sur les hommes en les enseignant. En réalité, c’est surtout un problème de traduction, car dans d’autres versions il n’y a pas le mot “diaconesse”, mais seulement une femme qui servait dans l’assemblée de Cenchrée.

Romains 16:1 (Grande Bible de Tours)
Je vous recommande Phébé notre sœur, attachée au service de l’Église qui est à Cenchrée.

Le mot diacre provient du mot grec diakonos. Un diacre peut être à la fois un responsable d’assemblée ou alors diacre peut être un simple serviteur. La définition de diakonos dépend vraiment du contexte. Par exemple, dans le passage où on parle des serveurs de vin pour le repas des noces où Yeshoua changea l’eau en vin, on utilise aussi le mot diakonos.

Yohanan (Jean) 2:5
Sa mère dit aux serviteurs (diakonos) : Faites ce qu’il vous dira.

Est-ce que ces simples serveurs de vin étaient des diacres d’assemblée ? Evidemment que non. De la même façon, nous savons que la sœur Phoebé n’était pas diaconesse, car Shaoul parle uniquement d’hommes mariés pour jouer ce rôle. Phoebé servait simplement dans cette assemblée, rien de plus. Et toujours dans le chapitre 16 de Romains, certains y trouvent des femmes apôtres. En effet, certaines traductions ont prétendu que Junias était une femme apôtre, comme la Bible de Jérusalem ou la Bible semeur.

Romains 16:7 (Bible de Jérusalem)
Saluez Andronicus et Junias, mes parents et mes compagnons de captivité: ce sont des apôtres marquants qui m’ont précédé dans le Christ.

Alors il y a quatre traducteurs qui prétendent que Junias était une femme apôtre. Évidemment nous savons que c’est une erreur de traduction, car sinon Yeshoua lui-même n’aurait pas pris seulement 12 hommes, il aurait choisi des femmes si c’était la volonté de Yahweh. 

Voici une bonne traduction de Romains 16:7

Romains 16:7 (Oltramare 1874)
Saluez Andronicus et Junias, mes parents et mes compagnons de captivité, qui sont avantageusement connus des apôtres, et qui se sont attachés à Christ, même avant moi.

Donc Junias ne faisait pas partie des apôtres, mais elle était connue des apôtres qui respectaient son travail au coté d’Andronicus qui était probablement son mari. Lorsque les hommes et les femmes respectent les rôles que Yahweh leur a confiés et que chacun fait de son mieux (avec amour et respect), tout fonctionne harmonieusement (aussi bien à la maison que dans l’assemblée). Dans cet ordre naturel, l’homme dirige, tandis que la femme l’assiste et le soutient. Nous soulevons ce point, car c’est l’homme qui sera amené à enseigner la théologie à l’assemblée. L’épouse peut éventuellement enseigner certaines choses aux autres femmes, ainsi qu’aux enfants. Cependant, elle ne doit jamais enseigner la théologie aux hommes. En effet, si les femmes peuvent servir dans la royauté (c’est-à-dire au sein du gouvernement) et comme prophétesses, le sacerdoce a toujours été exclusivement masculin, d’où le fait que Yeshoua n’a jamais appelé de femme parmi ses douze.

Lorsqu’une femme souhaite devenir responsable de l’enseignement ou responsable d’une assemblée, c’est un signe quasi-certain de la présence d’un esprit impur, car cela va à l’encontre de l’ordre naturel. Dans l’enseignement sur les esprits d’Achab et de Jézabel, nous montrons qu’environ un frère ou une sœur sur sept considère qu’il est acceptable qu’une femme enseigne la théologie aux hommes. 

 

Aujourd’hui les femmes enseignantes sont légions dans le milieu nazaréen ou messianique, c’est malheureusement quelque chose de très bien implanté. Le matraquage de la doctrine féministe est tellement puissant dans les médias que même les élus se sont fait lobotomiser par la propagande mondaine. Si vous rencontrez des esprits comme celui d’Achab ou de Jézabel dans votre assemblée, vous devez les exclure, à la fois pour protéger le peuple et pour éviter la colère de Yahweh. Il y aura toujours beaucoup de personnes disant que la femme peut diriger une assemblée avec des versets tirés de leur contexte comme celui de Phoebé la prétendu diaconesse ou le passage avec Junias qui sont tout deux des versets mal compris de Romains 16. Certains pensent aussi que Priscille était une femme qui enseignait les hommes en présence de son mari. 

Actes 18:24-26
24 Un Juif nommé Apollos, originaire d’Alexandrie, homme éloquent et versé dans les Écritures, vint à Éphèse.
25 Il était instruit dans la voie de Yahweh, et, fervent d’esprit, il annonçait et enseignait avec exactitude ce qui concerne Yeshoua, bien qu’il ne connût que le baptême de Yohanan.
26 Il se mit à parler librement dans la synagogue. Aquilas et Priscille, l’ayant entendu, le prirent avec eux, et lui exposèrent plus exactement la voie d’Elohim.

Alors dans ce passage, le couple d’Aquilas et Priscille ont repris un frère nommé Apollos, car il ne suivait pas exactement la bonne doctrine, même s’il en était proche. A part ce passage, il n’y a pas beaucoup d’autres exemples qui parle de l’équipe homme-femme. Nous savons que les femmes peuvent travailler et servir dans le ministère de Yeshoua, et une femme peut aider son mari dans certaines taches du ministère, mais sans pour autant prendre autorité sur les hommes. Il existe un ordre naturel où le mari occupe le rôle principal, et sa femme l’assiste et le soutient. Comme les femmes ont souvent une perspective différente, il est dans l’intérêt de tout mari de les écouter attentivement. Un mari doit respecter sa femme, plus fragile, afin que ses prières ne soient pas entravées. 

1 Kepha (Pierre) 3:7
Maris, montrez à votre tour de la sagesse dans vos rapports avec vos femmes, comme avec un sexe plus faible ; honorez-les, comme devant aussi hériter avec vous de la grâce de la vie. Qu’il en soit ainsi, afin que rien ne vienne faire obstacle à vos prières.

Avec ma femme Yanzhong, nous avons rencontré des problèmes, car mon épouse s’est parfois permise de parler à des hommes en ma présence de manière assez direct. C’était une erreur, car même si nous voyons Aquilas et sa femme reprendre Apollos, il est préférable que ce soit l’homme qui parle et que sa femme reste en retrait. Ce n’est pas parce Priscille s’est permise cette attitude que cela fait force de loi. Quand Yanzhong a parlé de façon très directe à certains hommes de l’assemblée, cela a créé beaucoup de problèmes et de troubles. Donc voilà encore une nouvelle erreur que nous avons commise, mais en couple cette fois.

Aujourd’hui ma femme ayant vu les dégats qu’avait provoqué sa trop grande implication à mes cotés a compris qu’elle devait rester beaucoup plus en retrait. Nous ne savons pas si Apollos avait été irrité que la femme d’Aquilas ait participé au fait de le reprendre sur la doctrine, mais à travers notre expérience, nous ne recommandons pas ce genre de comportement, quand bien même cela est décrit dans un seul verset.

Ce n’est pas facile pour les femmes de rester neutre dans certains cas et de s’investir pleinement dans d’autres circonstances. Il faut que les femmes arrivent à distinguer la sphère privée de la sphère publique. Mais parfois ces deux sphères se mélangent dans certaines circonstances. Dans le privé, ma femme me parle directement et franchement sur de nombreux sujets, mais je reste celui qui tranche pour les décisions importantes. Mais face aux autres hommes ma femme ne peut pas parler directement comme elle le ferait avec moi, elle doit rester en retrait. Pareil pour l’enseignement des enfants, la femme a une pleine autorité pour enseigner les commandements de la Torah à ses enfants, mais devant un homme de l’assemblée, la femme devra rester en retrait et laisser son mari faire le travail de reprendre les hommes. Donc il faut que les femmes jonglent avec la sphère privée et publique, ce qui n’est pas toujours facile. Certaines femmes recherchent la justice comme Priscille, la femme d’Aquilas, mais d’autres femmes recherchent à prendre autorité sur les hommes en les enseignant. C’est important de comprendre la distinction entre ces deux types de mentalité. 

Norman Willis prétend qu’il pourrait éventuellement ordonner une femme diaconesse, si cette femme est marié. 

Nous considérons que le diaconat est une fonction exercée par un couple marié. Bien que nous puissions ordonner un diacre célibataire ou chaste, nous n’ordonnons pas de diaconesses en dehors d’un couple marié. Une sœur fidèle désireuse de servir, mais célibataire ou chaste, ou dont le mari n’est pas encore dans la foi, peut demander le statut de « diaconesse amie », mais nous n’accordons généralement pas ce statut au sein de la hiérarchie (seulement au sein des services administratifs et de soutien). https://nazareneisrael.org/nazarene-israel/about-nazarene-israel/ordination-requirements/

Pour moi il faut faire la nuance entre une femme qui accompagne son mari (comme Priscille) et une femme ayant un rôle de diacre. Je crois vraiment qu’une équipe mari femme peut travailler ensemble dans le ministère, si la femme reste à sa place, mais en aucune façon, il ne faut nommer une femme diacre, pas même une diaconesse amie. Le mot diaconesse n’as pas de raison d’être selon ce que nous enseigne l’apôtre Shaoul.

1 Timothée 3:12
Les diacres doivent être maris d’une seule femme, et diriger bien leurs enfants et leurs propres maisons.

Si les femmes pouvaient être diacre, alors ce verset de Shaoul n’aurait strictement aucun sens, car Shaoul donne clairement un rôle de genre à cette fonction de diacre.

À tour de rôle

Bien qu’il faille exclure Achab et Jézabel (et les autres esprits mauvais), vous aurez probablement des frères et sœurs qui possèdent le véritable don de prophétie, c’est-à-dire qui parlent selon l’Esprit. Si une sœur a l’esprit pur et le don de prophétie, mais qu’elle n’enseigne pas aux hommes, alors elle peut prophétiser à son tour et que ses prophétie soient jugées.

1 Corinthiens 14:29-33
29 Que deux ou trois prophètes parlent, et que les autres jugent.
30 Si quelque chose est révélé à un autre qui est assis là, que le premier se taise.
31 Car vous pouvez tous prophétiser, un à un, afin que tous soient instruits et que tous soient encouragés.
32 Les esprits des prophètes sont soumis aux prophètes.
33 Car Elohim n’est pas un Elohim de désordre, mais de paix, comme dans toutes les assemblées des saints.

Prendre la parole pour les femmes

Quand une femme veut prendre la parole dans une assemblée, elle doit faire attention de ne pas commencer à prendre autorité sur les autres hommes. Même si un homme raconte de mauvaises choses, elle ne devrait pas le contredire publiquement, mais communiquer à son mari, si elle a vu une faute quelconque. Par exemple, Priscille n’a pas contredit Apollos publiquement, ils ont, au contraire, fait cela juste tous les trois pour le remettre sur le bon chemin, doctrinalement parlant.

Actes 18:26
Il se mit à parler librement dans la synagogue. Aquilas et Priscille, l’ayant entendu, le prirent avec eux, et lui exposèrent plus exactement la voie d’Elohim.

Les femmes ne doivent pas non plus essayer d’enseigner lors des réunions en citant des versets pour appuyer une opinion qui diverge par rapport à la doctrine enseignée par le responsable. Shaoul conseille plutôt aux femmes de rester silencieuses lors des enseignements.

1 Timothée 2:11-12
11 Que la femme écoute l’instruction en silence, avec une entière soumission.
12 Je ne permets pas à la femme d’enseigner, ni de prendre de l’autorité sur l’homme; mais elle doit demeurer dans le silence.

 

Lecture et enseignement de la Parasha

Dans la liste des étapes conseillées par nos frères de Nazarene Israel, nous devons maintenant évoquer la lecture et l’enseignement de la paracha. Chez nos frères américains, la personne qui lit les écritures peut varier. Parfois ce sera une seule personne, mais il arrive qu’un homme lise la portion de la Torah, un autre homme lise la portion sur les prophètes et un dernier lise le morceau de l’alliance renouvelée. Encore une fois, c’est un honneur de pouvoir lire la Bible devant l’assemblée. Mais il est également bon que la plupart des hommes de l’assemblée aient pu pratiquer cet honneur une fois au moins, s’ils sont invités à le faire, car nous devons tous grandir et devenir des disciples. Les femmes quant à elles n’ont pas ce rôle de lire publiquement. Si les femmes ont des enfants, elles peuvent lire la paracha à leur enfants. Après que chaque portion soit lue, le responsable donne un commentaire ou un petit enseignement. Ensuite le responsable peut solliciter la collaboration des frères et sœurs, s’ils ont des questions ou des commentaires. Les questions et les commentaires doivent être formulés de manière ordonnée et à tour de rôle, mais sans s’écarter du sujet principal.

Il est important de préciser aux nouveaux venus que s’ils ont des questions sur des sujets difficiles qui ne contribuent pas à la lecture principale de la Torah et des prophètes, ils doivent les communiquer en privé ou lors de réunion durant la semaine et non lors de la réunion du shabbat, afin de ne pas provoquer de discussions ou des débats inutiles.

En théorie, les membres d’une assemblée doivent être en accord sur l’ensemble de la doctrine enseignée par le responsable, du moins sur les points importants. Mais en pratique c’est rarement le cas. Même si les gens prétendent dans un premier temps être d’accord avec l’ensemble de la doctrine, plus le temps passe et plus vous découvrirez que leurs avis divergent sur de nombreux points. Dans notre groupe de shabbat, quelqu’un avait abordé un sujet qui avait provoqué un vif débat dans l’assemblée. Normalement le responsable doit mettre fin immédiatement à ce genre de sujet polémique pour ramener le calme. Le responsable doit ensuite clarifier les choses dans une autre réunion privée pour expliquer en détail la doctrine à la personne s’écartant de l’unité doctrinale. Les brebis ont souvent tendance à s’égarer à droite et à gauche, le but du pasteur est de les ramener dans la bonne doctrine. L’apôtre Shaoul nous met en garde de ne pas parler de sujet provoquant des débats ou des discours vains et profanes.

2 Timothée 2:16
Évite les discours vains et profanes; car ceux qui les tiennent avanceront toujours plus dans l’impiété, et leur parole rongera comme la gangrène.

2 Timothée 2:14
Donne des avertissements, et prend Yahweh à témoin. Qu’on ne s’amuse point à des disputes de paroles, qui ne sont bonnes qu’à pervertir ceux qui les écoutent.

1 Timothée 6:20-21
20 O Timothée, garde le dépôt, en évitant les discours vains et profanes,
21 et les disputes de la fausse science dont font profession quelques-uns, qui se sont ainsi détournés de la foi. Que la grâce soit avec vous !

Il faudra donc toujours rester vigilant pour identifier les discours vains et profanes et il faudra parfois stopper ces débats stériles. Ce n’est pas toujours facile, car cela demande une grande réactivité. Certaines personnes qui vous verront stopper les débats vains vous accuseront probablement de vouloir cacher quelque chose ou vous accuseront de ne pas vouloir accueillir les doutes et les questions des membres. Mais nous avons vu que toutes les questions ne sont pas édifiantes, car Shaoul nous met en garde contre certains sujets vains et profanes. 

En général, si vous avez pu discuter avec les membres avant leur entrée dans la synagogue, logiquement les nouveaux venus seront en accord avec la doctrine enseignée. Donc si vous avez fait correctement votre travail de filtrer les membres, en général, les discussions sur des sujets clivants n’arriveront que très rarement. 

Une fois que l’enseignement sur les écritures est terminé, vous pouvez commencer à clôturer la réunion. Nos frères de Nazarene Israel récite le psaumes 133, qui explique qu’il est agréable, qu’il est doux, pour des frères de demeurer ensemble ! Je trouve cela bien qu’ils aient mis ce psaume à la fin, car comme nous l’avons vu, la communion est notre récompense pour avoir étudié la parole mais ce n’est pas l’objet de la réunion. Ensuite, nos frères américains font la bénédiction Aaronique, en général, c’est le responsable qui fait cette bénédiction sur l’ensemble des membres de l’assemblée. Pour finir, il y a une petite prière de clôture pour remercier Yahweh pour ce moment de culte communautaire, suivi de quelques coups de shofar. Les membres se souhaitent ensuite une bonne semaine, ‘shavoua tov’ en hébreu et puis nous nous saluons une dernière fois avant de nous séparer jusqu’à la prochaine réunion. Si vous désirez avoir le résumé des étapes, j’ai fait un petit siddour à titre d’exemple, je l’ai mis en format pdf pour que vous puissiez l’imprimer.

PDF Exemple de siddour

Encore une fois, ce n’est pas quelque chose à graver dans le marbre, il peut y avoir quelques variations selon les synagogues, ce siddour est surtout destiné à aider les débutants.

Le temps de concentration

Maintenant certains se demanderont peut-être quels doivent être les horaires et la durée d’une bonne réunion de shabbat. Pour ma part, je pense qu’il est bon de respecter les temps où notre cerveau est le plus réactif et concentré. Notre société nous fait travailler au minimum 8h par jour. Mais un être humain ne sera vraiment productif que 3 à 4h par jour et notamment le matin après le réveil. C’est cette courte période où le cerveau est vraiment attentif. Une réunion de shabbat de 10h à 12h est donc une bonne chose pour être bien concentré. Par expérience, j’ai pu voir que si la réunion se prolongeait jusqu’à 13h, alors nous perdons rapidement de la concentration et les gens commencent à partir dans toutes sortes de raisonnements qui tournent en rond. En général, quand on commence à entendre des discussions qui tournent en rond, c’est le signe que la réunion a dépassé la durée propice à un bon fonctionnement cérébral, et donc il faut faire une pause. De la même façon, dans un collège, quand les élèves commencent à être turbulents après 50 min de cours, il est temps de faire une pause. Selon la science, l’être humain n’est plus vraiment productif après 4h de travail intellectuel.

Donc le mieux c’est de faire 2h de réunion le matin et puis une autre réunion plus tard dans l’après midi. Par exemple, dans certains pays, les élèves ne travaillent pas plus de 4h par jour sur les tâches intellectuelles, notamment en Allemagne, au Danemark, en Finlande et au Brésil. Le matin est souvent réservé pour les enseignements intellectuels et l’après-midi est réservé aux autres activités, notamment le sport.

Je me rappelle lorsque je participais à une assemblée physique, nous nous réunissions le matin et l’assemblée se séparait au couché du soleil. Et finalement nous étions surtout actifs le matin. Mais après le repas du midi, les membres étaient souvent épuisés de la semaine et finissaient par s’endormir. Donc si vous faites des réunions, il est bon de ne pas dépasser 4h maximum sur toute une journée de shabbat, en faisant quelques pauses.

Conclusion

Voilà, j’espère que ces deux vidéos sur le service du shabbat vous aiderons si vous êtes en mesure de vous réunir selon les prescriptions que nous donne Yahweh dans sa parole. Par expérience je peux dire qu’une assemblée vous apportera beaucoup de joie, de très bons moments de communion, mais une assemblée pourra aussi vous apporter beaucoup de troubles et des moments difficiles. 

Nous voyons cette alternance de moments très pénibles et de bons moments dans toute la Bible, notamment avec Mosheh et le peuple dans le désert. Et puis nous le voyons aussi dans l’alliance renouvelée avec les différentes assemblées en Yeshoua que Shaoul visitait. Tantôt Shaoul louait les progrès des disciples et parfois il leur écrivait des remontrances. Shaoul éprouvait parfois beaucoup de joie, mais parfois il avait du chagrin. 

C’est ça le lot de nombreux responsables nazaréens, c’est souvent une vie en dent de scie avec des bons moments et des moments difficiles. Je préfère mettre en garde, car beaucoup s’imagine que la vie communautaire est un monde de bisounours. Donc soyez préparés, car ce n’est pas de tout repos, il faut avoir le cœur bien accroché.

Comme vous l’avez vu dans l’étude, je ne suis pas toujours d’accord avec les déclarations de Norman Willis sur certains points, mais je tiens à dire que cette vidéo est largement inspirée par ses enseignements que je respecte énormément. Sans son travail, je ne pourrais pas vous proposer tous ces bons enseignements.

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